Skip to main content

Full text of "Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654"

See other formats


GC 

942.006 

H87PU, 

V.2 



GENEALOGY COLLECTION 



Digitized by the Internet Archive 
in 2015 



https ://arch ive.org/detai ls/lesactesdescol Io02cham 



COLLOQUES 

ET 

SYNODES 



1581-1654. 



€i)t 

ttoiis 



0 f 

î'fjf 8)iigumot J&omtg 

fff 

SLoitUon. 

FOUNDED A.D. MDGCCLXXXV. 




Wo lu me ïï. 



1890 . 



The COUNCIL of the HUGUENOT SOCIETY OF LONDON 
desires it to be understood that they are not answerable for any 
opinions or observations that may appear in the Society’s pub- 
lications ; the Editors of the several Works being alone responsible 
for the same. 



aontroit* 



®f)t huguenot &octetg of 

(. Inaugurated 15 th April , 1885 ). 



Pregftent. 

THE RIGHT HON. SIR HENRY AUSTEN LA YARD, G.C.B., &c. 

Utce=Pre0iï)Ent0. 

, Majoe-Gen. Sir Edmund F. Du Cane, R.E., K.C.B. 
i William John Charles Moens, F.S.A. 

©CUîlEtl» 

S. Wayland Kershaw, F.S.A. 

General F. P. Layard. 

Henry Merceron. 

William Page, F.S.A. 

Charles Frederic Rousselet. 

Edward Ernest Stride. 

0ÂEa0UtEr- 

Reginald St. Aubyn Roumieu, 10, Lancaster Place, Strand, W.C. 

Secretarg. 

Reginald S. Faber, M.A., 10, Oppidans Road, Primrose Hill, N.W. 

&00t0tant iSecretarg. 

Geo. H. Overend, F.S.A., 1, Stockwell Park Road, S.W. 



Sir Henry William Peek, Bart. 
Arthur Giraud Browning, F.S.A. 



Adrian Charles Chamier, F.S.A. 
John Edwin Cussans. 

H. Marett Godfray. 

Charles Albert Govett. 

William John Hardy, F.S.A. 
Henry J. Jourdain, C.M.G. 



Îles He tes ties Colloques 

DES 

<&Ql té eg Jpraneatéetf 

ET DES 

ibgnotieg 

DES 

Cgltses Ctrmtg'eees 

réfugiées en Angleterre 

1581 — 1654 . 

TRANSCRIBED AND EDITED BY 

ADRIAN CHARLES CHAMIER, F.S.A., 

FELLOW AND MEMBER OF COUNCIL OF THE HUGUENOT SOCIETY OF LONDON. 



3LgnuttjjtxrtL 

1890. 



LYMINGTON : 

ONLY FIVE HUNDRED COPIES PRINTED FOR 
THE HUGUENOT SOCIETY OF LONDON, 
BY CHAS. T. KING. 



1417102 

preface. 



The courtesy of the Trustees of the French Church, late of St. Martin’s-le-Grand, in whose 
possession is the MS. “ Livre de Colloques ” reproduced in the following pages, has 
enabled this important addition to be made to the publications of the Huguenot Society 
of London. 

The MS. is itself but a copy of the actual Minute-Book, apparently made during the 
latter half of the 17th century for the use of one of the constituent Churches, so that it is 
impossible to decide which of the numerous variations in spelling, accentuation, etc., are to 
be attributed to the original transcriber ; in the case of names of persons and places this is 
especially unfortunate, the same name being often differently spelled in the course of the 
same sentence. It has, however, been felt desirable to adhere strictly in every instance to 
the orthography of the text, the end in view having been simply to present, in a readily 
accessible form, an accurate reproduction of the MS. referred to, without attempting any 
emendations, however obvious. 

A.C.C. 

9 Southwick Street, W. 

March, 1890. 



CONTENTS. 





CjrIIrrqtmg* 


PAGE 


I. . 


London, 1581. 


. 1 


II. . 


London, 1582 


. 2 


III. . 


Norwich, 1583 


. 4 


IV. . 


Canterbury, 1584. .... 


. 7 


y. . 


Southampton, 1586 


. 9 


VI. . 


Rye, 1587. ...... 


. 12 


VII. . 


London, 1588. 


. 13 


VIII. . 


London, 1589. 


. 16 


IX. . 


Canterbury, 1590. 


. 19 


x. . 


Norwich, 1593 


. 20 


XI. . 


Norwich, 1594 


. 23 


XII. . 


Canterbury, 1595 


. 29 


XIII. . 


London, 1596. 


. 33 


XIV. . 


Southampton, 1598 


. 36 


XV. . 


London, 1601. 


. 40 


XVI. . 


London, 1603. 


. 43 


XVII. . 


% 

London, 1603-4 


. 47 


XVIII. 


Norwich, 1606 


. 48 


XIX. . 


London, 1610. 


. 51 


XX. . 


London, 1615. 


. 55 


XXI. . 


Norwich, 1619 


. 57 


XXII. . 


London, 1621. ..... 


. 61 



CONTENTS. 



xii 



PAGE 



XXIII 


London, 1623. 


. 63 


XXIV 


London, 1625. 


. 66 


XXV 


London, 1641. 


. 72 


XXVI 


London, 1644. 


. 78 


XXVII 


London, 1646. 


. 88 


XXVIII 


London, 1647. 


103 


XXIX 


London, 1654. 


114 




^OITütfQ» 




I 


London, 1603. 


. 46 


II. .... 


London, 1634. 


. 68 


III 


London, 1641. 


. 76 


IV 


London, 1644. 


. 85 


V 


London, 1647. 


109 



LIVRE DE COLLOQUES 

COMMENCÉ 

Le 19 e May 1581, 

& FINY 

29 e Septembre 1654. 



COLLOQUE I. 



LONDRES, 1581 . 



Articles arêtez par les Ministres et Anciens assemblez a 
Londres des Eglises étrangères réfugiées. 

A Londres le 19 " de May, Anno 1581 . 



1. On a arêté qu’on envoyera un Ministre et un Ancien au Synode des Pais bas convoqué 
a Midelbourg, et ont été éleus Mons r Lescaillet pour Ministre, et l’Eglise de Londres pour 
pourvoir un Ancien pour asister au dit Lescaillet au dit Synode, pour témoignage de 
l’union que les Eglises de la langue françoise réfugiées en Angleterre veulent avoir avec les 
Freres qui seront assemblez au dit Synode, Et non pas pour s’assujettir a ce qui sera arêté 
entr’ eus, Et ce pour diverses raisons qui ont été mises en avant, et lesquelles seront portées et 
déduites plus amplement au dit Synode par les dits Députez. 

2 . Sur la Question mise en avant touchant ceus qui auront été rangez en une Eglise, 
Lesquels s’étant portez scandaleusement soit pour leur vie ou pour le regard de la Doctrine, Et 
apres avoir été admonêtez de leur devoir n’y auront voulu entendre, Ains auroyent méprisé 
tout ordre de Discipline, s’êtants retirez en un autre Eglise ; Savoir s’il ne seroit pas bon d’en 
avertir l’Eglise en laquelle ils se seront retirez : A été répondu qu’il y a un Article en la 
Discipline de ne recevoir aucun sans témoignage de l’Eglise dont il est sorti. Ce neantmoins 
qu’en cas de telles circonstances II seroit necessaire d’en donner avertissement, craignant qu’ils 
ne séduisent ou corrompent les Freres des autres Eglises. 

3 . A la Question faite, touchant ceus qui ayant été excomuniez en quelque Eglise se 
seroyent retirez en une autre, Savoir si on doit avertir publiquement l’Eglise ou ils se seront 
retirez de leur excomunication, A été avisé, que les Consistoires doivent considérer 
prudemment les diverses circonstances du fait, et ce que requiert le bien et edification de leurs 
Eglises, pour y procéder selon que le cas le requiert. 

4 . Sur le conseil demandé, d’un qui auroit été Moine et qui étant marié, apres avoir 
abandonné sa femme s’en retourne au Convent, l’avis a été, de donner conseil a la femme 
d’atendre en patience, faisant devoir d’avertir son Mari de quiter son Idolâtrie, et de 
retourner avec elle, Et en cas de son opiniâtreté, qu’elle ait recours au Magistrat, pour 
poursuivre plus outre si elle trouve bon. 

5 . Sur la complainte faite par le Frere Mons r Morel, touchant le mauvais ordre de son 
Eglise, A été avisé que les Freres de Hamptonne passeront par la dite Eglise, Et qu’ils 
remontreront au nom de cette compagnie cornent on est averti de long tems des quereles et 
beaucoup d’autres scandales qui sont entr’ eus, Et qu’il faut doresnavant pour coriger tels vices 
qu’ils se rangent a la Discipline comme les autres Eglises, et selon que les dits Freres de 
Hamptonne trouveront bon sera puis apres avisé a ce qu’on a a faire. 

6 . Sur l’avis donné touchant une femme, laquelle auroit délaissé son Mari, se retirant en 
lieu ou la Parole de Dieu seroit purement prêchée, Les Freres n’ont trouvé cette cause 
sufisante, Mais sont d’avis qu’elle doit retourner avec son Mari, pourveu qu’elle ne soit forcée 
contre sa Religion, soit par les Lois ou par la volonté de son dit Mari. 

A 



2 



LIVRE DES COLLOQUES. 



7. Touchant une autre femme, qui auroit un Mari, qui par sa mauvaise vie seroit bani du 
lieu ou il demeure la ou il y a exercice de Religion, Savoir si elle doit suivre son dit Mari par 
tout ou il voudra aler, A été arêté selon les conditions de l’Article precedent, et que la dite 
feme doit tâcher d’impetrer de son Mari qu’il se retire en quelque lieu ou il y ait exercice de 
Religion Chrêtiéne. 

8 . Etant proposé, si les Freres des Eglises destituées de Ministres peuvent faire celehrer 
leur Mariages par les Ministres d’une autre Eglise dont ils n’entendent point la langue, ou par 
quelque autre authorisé a ce faire, A été répondu, que combien qu’on ne voulût pas tenir pour 
nuis tels mariages ainsi faits, Neantmoins pour éviter tels inconvénients, Il est plus expedient 
de faire que les dits mariages soyent celebrez par les Ministres des Eglises prochaines d’un 
même language, afin que tant les promesses que les prières qui se font soyent entendues. 

9. Quant a ceus qui vondroyent pour leur infirmité qu’on batisât leurs enfans a autre jour 
que l’ordinaire, A été avisé qu’on gardera l’ordre établi du jour ordonné pour les prêches, selon 
l’ordre observé és Eglises. 

10. Sur l’avis demandé si doresnavant il ne seroit pas bon d’assembler les Freres des Eglises 
recueillies en ce païs, A été avisé qu’on s’assemblera d’an en an, Et pour éviter les inconvénients 
cela se fera par toutes les Eglises réfugiées l’une apres l’autre, Sauf les incomoditez qui 
pouroyent survenir, Lesquelles étant déclarées la Compagnie poura pourvoir a ce qui sera 
expedient, Et a été avisé qu’on commencera de s’assembler a la prochaine fois a Londres l’année 
prochaine, Que les Ministres amèneront chacun un Ancien avec eus, et qu’au lieu ou la dite 
Compagnie sera assemblée il n’y aura qu’un qui ait vois deliberative, et que neantmoins les 
autres s’y pouront trouver, pour asister de conseil et d’avis. 



COLLOQUE LL LONDRES, 1582. 

Articles concernans le Regime Ecclesiastique résolus par les 
Eglises de la langue françoise en Angleterre Assemblées 
a Londres le 15 e jour de Juin, 1582. 

1. Premièrement a été avisé qu’on dresseroit des Articles, contenans les Raisons pour 
lesquelles les dites Eglises ont envoyé au Synode general des Eglises des Païs bas, tenu au 
mois de Juin 1581 a Midelbourg, et pareillement a quelles conditions, selon que le tout sera c y 
dessous spécifié. 

2. Item, qu’on écriroit a l’Eglise du Frere Mons r Morel, pour l’avertir que s’ils ne donnent 
ordre a leur comportement, scandaleus déjà de long tems, qu’on sera contraint d’y remedier, 
même en les privant du Ministère de la parole de Dieu, duquel ils abusent avec profanation. 

3. Davantage, pour remedier a l’abus qui se cornet en l’usage de la sainte Cene, par ceus 
qui n’assistent a la predication le jour qu’elle se célébré, A été avisé, qu’on avertira le peuple 
en public, l’admonêtant d’y assister selon son devoir, et même en particulier ceus qui en auront 
plus de besoin : Pour cet efet, qu’on s’acomodera de la celebrer plus souvent, et a diverses heures, 
afin que ceus qui n’y peuvent être deus ensemble d’une même famille, vienent l’un apres 
l’autre. 

4. Sur la Question savoir si on collecteroit deniers en nos Eglises pour les envoyer delà la 
mer, afin d’entretenir ceus qu’on voudroit avancer au Ministère, A été trouvé qu’il etoit plus 



3 



COLLOQUE II, LONDRES 1582. 



expedient de choisir par deçà ceus qui devront être entretenus, Et que les deniers aussi soyent 
dispensez par l’avis et ordre de nos Eglises, Afin qu’on en puisse donner plus de contentement a 
ceus qui contribuent : A telle sorte toutefois que les Eglises de deçà la mer étant pourveues, le 
but de telles Collectes est de secourir les autres Eglises de tout notre pouvoir, Et quant au 
deniers déjà collectez par aucune de nos Eglises sur la requête des Freres, Ce sera a la 
discretion d’icelles d’en disposer êtans requises, Toutefois d’aviser a ne préjudicier aus autres, 
avec lesquelles elles doivent garder unité, selon les raisons que les Freres des dites Eglises en 
ont a present entendues. 

5 . Pour l’entretenement des Etudians de par deçà, chacune Eglise collectera ce qu’elle 
poura, pour en disposer cette année corne elle trouvera être bon, pour a la prochaine Assemblée 
aviser plus amplement de l’ordre qu’on y poura tenir, après que les Eglises en auront comuniqué 
chacune a son Consistoire. 

6 . Dautant qu’il seroit expedient, entant que possible sera, que les Eglises fussent unies en 
une même forme de Gouvernement, A été avisé que pour y parvenir, Les Freres de l’Eglise de 
Londres seront priez d’envoyer aus Eglises, a chacune, une Copie de leur Discipline, afin quelles 
avisent jusques ou elles s’y peuvent conformer, Et qu’a la prochaine Assemblée on puisse aviser, 
avec le consentement des Eglises, a cette Afaire, pour les rendre conformes le plus que faire se 
poura. 

7 . A été trouvé bon, dautant que plusieurs étrangers se réfugient par deçà, qui sont receus 
par la bé nig nité de sa Majesté, et de Mes-Seigneurs du Conseil, sous faveur de la Religion, 
lesquels toutefois n’en font aucune profession, et même qui sont du tout débordez en leur vie. 
Et autres encore, qui combien qu’ils ayent été admis en nos Eglises, neantmoins vivent 
desordonnément, méprisants tous avertissements et Censures Ecclesiastiques, qu’il sera expedient 
de déférer ceus qui sont tels au Magistrat, Afin que ceus qui ne peuvent être gouvernez par le 
Ministère de l’Eglise, soyent reprimez par l’authorité du dit Magistrat, que Dieu ordonne a cette 
fin. 

8 . Et quant a diverses questions et faits particuliers, proposez par les Freres, Ils seront 
écrits et enregîtrez quand ils porteront consequence, et seront jugez utiles pour la généralité 
des Eglises ; Mais quant aus autres de moindre consequence, chacun se souviendra de l’avis et 
conseil donné en la présente Assemblée, pour en faire raport a son Eglise, et s’en servir corne 
on conoitra être bon. 

9 . Finalement a été avisé, que pour notre prochaine Assemblée des Freres qui seront 
députez des Eglises se trouveront, avec l’aide de Dieu, a Norwich, l’onzième jour d’ Avril, pour 
Comencer l’action le douzième, en l’année prochaine 1583. 



Raisons déduites au Synode Provincial des Eglises de la langue 
Walonne, Assemblées a Midelbourg, en Van 1581 , par les Freres 
Députez des Eglises étrangères de la même langue réfugiées 
en Angleterre. 

1. Que les Freres des Eglises étrangères en ce Royaume ont trouvé bon d’envoyer leur 
Députez au dit Synode, comme ils en ont été requis, tant pour témoigner de l’amitié et union 
qu’ils ont et désirent entretenir avec les dites Eglises, selon que les saints doivent avoir 
comunion ensemble, que pour s’informer mutuelement de l’état des Eglises, et s’entr’ aider de 
conseil, et conformer les uns aus autres autant que faire se pourra. Mais de nous tenir astraints 
avec eus, pour nous trouver nécessairement en toutes leurs Assemblées Synodales, et suivre les 



4 



LIVRE DES COLLOQUES. 



Statuts et Ordonnances qu’ils y auroyent faites, Nous ne pouvons, ni ne voulons aucunement 
nous y assujettir. 

2. Premièrement, pource qu’êtans en païs étrange diferant de Prince et Gouvernement, nous 
ne pouvons entreprendre cela sans l’authorité publique, Autrement nous nous métrions en 
danger de beaucoup de calomnies et pratiques, de ceus qui ne seroyent pas de trop bonne 
volonté envers nos Eglises, Du moins en faudroit il prendre l’avis des Super-Intendants de nos 
Eglises, qui jamais n’y donneroyent leur consentement. 

3. Pour être mêlez avec les Eglises des naturels du Royaume, il ne se peut faire qu’en ; 
beaucoup de choses nous ne soyons assujettis a la Police qui y est établie, come du Super- 
intendant, Jours de fête, Jûnes, &c. 

4 . Nous avons déjà notre Police Ecclesiastique, de long tems receuë et aprouvée, même par 
le Parlement, qui ne permetroit qu’en toutes choses nous nous peussions conformer aus Eglises 
de delà la mer. 

5. Et veu que nos Eglises sont composées tant de François que Walons, On pourroit par i 
pareil droit requérir que nous fussions rangez au Synodes de France, et assujetis aus Ordon- 
nances qui s’y pourroyent faire, Ce que pour les raisons susdites ne pourrions acomplir. 

6 . Partant, demeurans en amitié et union avec toutes les susdites Eglises en la Doctrine, ! 
et autant que la diversité des Païs et circonstances le pourront permetre en l’ordre, Les 
Freres ont été priez de trouver bon ce devoir fait envers eus, et les exceptions qui leur sont 
proposées. 



COLLOQUE III. NORWICH, 1583. 

Au nom de Dieu. 

Actes des Afaires traitées a Norwich , en V Assemblée des Freres 
Députez des Eglises de la langue françoise réfugiées en Angle- 
terre, le Vendredi 12 e jour dé Avril et suivants, Ean 1583, Sous 
la protection de la Serenissime Rogne, que Dieu conserve et 
augmente en toutes sortes de benedictions. Amen. 

\ 

1. Premièrement, aprez l’invocation du nom de Dieu, a été choisi Le Frere Maitre Jean Marie 
Ministre de la parole de Dieu en l’Eglise de Norwich pour conduire l’Action, et Robert Le ! 
Maçon aussi Ministre de la Parole de Dieu en l’Eglise de Londres pour écrire les Actes. 

I 

2. Puis ont été le us les Articles résolus en l’année precedente a Londres, Ou les Raisons 
proposées au Synode de Midelbourg, dont il etoit la parlé, ont été recitées et aprouvées, pour 
être insérées a la fin des Actes de l’anée precedente. 

3. Le Frere Monsieur Morel a remontré les raisons pour lesquelles il a été contraint de 
laisser la Compagnie pour se retirer a la Rye, avec congé des Anciens de son Eglise, Lequel 
ayant été leu, et ses Raisons entendues, a été avoué par la Compagnie. 

4 . Pour regler l’etat de l’entretenement des Etudiants qui se préparent au Ministère de 



COLLOQUE III, NORWICH 1583, 



5 



l’Evangile, A été avisé que les ’Eglises étant en cela exhortées a leur devoir, Il se fera collecte 
ordinaire en icelles, pour raporter toutes les sommes en une bourse coiïïune, et entretenir par avis 
coiriun ceus qui d’an en an seront trouvez propres, En telle sorte que les Eglises qui auront 
besoin et nécessité seront pourveues par l’avis de la Classe de celuy qu’on jugera luy être 
propre : Etant neantmoins considéré et acordé, que non pas tant pour la grande charge qu’en 
cela porte l’Eglise de Londres, que pour l’importance d’icelle a quoy toutes les autres ont intérêt, 
elle sera tousjours au préalable pourveuë de personnages propres, selon les moyens qu’il plaira 
a Dieu nous en donner. 

5 . Quant aus Proposants, la Compagnie est d’avis qu’ils soyent ouïs et fassonnez, non en 
public, mais par leurs Ministres, Anciens & Diacres, et non point devant le Peuple : Toutefois la 
ou un tel ordre seroit établi, et qu’il ne pourroit être aboli sans inconvenient, la Compagnie est 
d’avis qu’il soit toléré, cependant qu’il ne s’en verra aucun mauvais efet. 

6 . Touchant la celebration de la Cene plus frequente, les Freres sont d’avis de la mettre en 
pratique tous les mois, Si les Eglises y peuvent être induites, aus Gouverneurs desquelles il en 
sera comuniqué. 

7 . L’un des jours precedans la celebration de la Cene, se fer[ ] les prières et avertissements, 
pour preparer le Peuple a la Comuni[ ] d’icelle. 

8 . Quant a l’Article ou il est fait mention des mariages des fe[ ] Veuves, Sur ce qui a été 
requis, assavoir si les femmes hors d a[ ] de concevoir, ou qu’en conoitroit être enceintes, sont 
comprises en cet Article, A été avisé, que toujours l’honnêteté requise entre les chrétiens mérité 
que telles precipitations estimées deshonnêtes entre les Payens soyent empêchées, Neantmoins 
en ce cas il ne se pourra use[ ] d’une rigueur si precise. 

9 . A été trouvé bon de mettre une forme de Discipline au [ ] des Eglises étrangères, au 
lieu de l’Eglise particulière de Lond[ ] y faudra insérer un Article de notre Assemblée 
ordinaire en [ ] Le lieu de laquelle sera assigné d’an en an, a la conclusion d[ ] afaires. 

10 . Quand il y aura aucuns, qui par leur mauvaise vie auront été chassez par l’authorité 
du Magistrat, Il sera bon que les Eglises s’en avertissent les unes les autres, afin que tels per- 
sonnages n’entrent aus Troupeaus pour les infecter. 

11. Sera bon en l’administration du Batême, d’avertir soigneusement les Parreins et 
Marreines de prendre garde et mettre en pratique la promesse laquelle ils font avec les Peres 
et Meres, touchant l’instruction des enfans qu’ils auront présentez au Batème. 

12 . Sur la demande faite delà part des Eglises de France, pour acomoder l’Eglise d’Amiens 
de la personne de Mons 1 ' Morel, A été avisé, veu la condition, famille, et volonté du Frere 
Mons r Morel, & sur tout l’importance de l’Eglise de la Rye, que les Freres qui l’ont requis seront 
priez de se pourvoir, s’il leur est possible, de Pasteur d’ailleurs, N’estimans raisonnable de pri- 
ver la dite Eglise de la Rye, n’aguere redressé, de leur Pasteur. 

13 . Les Freres ont aussi avisé, pource qu’a ce comencement l’Eglise de la Rye est petite, 
et n’ayant grands moyens que pour un an, et sans obligation, Il sera bon que les autres Eglises 
aydent, selon leurs moyens, a l’entretenement du Ministère, Si les Eglises particulières aus- 
quelles le fait sera raporté y consentent. 

14 . Les Freres trouvent expedient, de ne recevoir aucunes promesses de Mariage, sinon que 

s parties premièrement facent paroir de contract passé par devant notaire s’il est possible, 

oy qu’il en soit devant témoins. 



6 



LIVRE DES COLLOQUES. 






15 . Quant a la requête faite par lettre écrite de la main d’Anthoine de Lisle, A été avisé que 
nonobstant la grandeur et continuation [ ] ses fautes et pechez, neantmoins il seroit receu a la [ 
pais et [ jomunion de l’Eglise, pourveu que par écrit, fait et signé de sa main, Il proteste de- 
vant Dieu, et avec une vraye et sincere repentance, qu’il reconoît avoir grandement ofensé 
Dieu, en abusant sous le nom de Mariage Marguerite Mathieu, lors même qu’il étoit ailleurs 
lié par Mariage: Item que sans cause il a molesté et mis en grands frais l’Eglise de Norwich, et 
plusieurs particuliers d’icelle: Que faussement et sans cause il a blame et difame tant par écrit 
que par paroles en divers endroits par plusieurs calom[ ]s et detractions les Eglises étrangères, 
mêmement celles de [ ]orwich et de Londres, avec le gouvernement, et ceus qui ont la [ Jnduite : 
d’icelles, Lesquelles il protestera tenir pour vrayes Eglises [ ]e Dieu, avec lesquelles il suplie j 
d’être reconcilié et réuni. 

[ ] Qu’il consentira que cet écrit signé de sa main soit leu en l’Eglise de Norwich, 

requérant d’être suporté pour la distance des [ ]ieus et frais qu’il luy faudroit porter, de faire j 
reconoissance de ses fautes en presence, Et neantmoins prometra, Si quelquefois il va a 
Norwich, pour plus ample témoignage de sa repentance, de reconoître le même en presence 
qu’il fait maintenant par écrit, Si tant est que la dite Eglise trouve qu’il soit expedient. 

17 . Les enfans non mariez, qui par leur labeur peuvent gagner non seulement pour 
s’entretenir, mais aussi suvenir a leurs parens, qui autrement seroyent contraints de recourir a I 
la bourse des pauvres, doivent être admonêtez, voire par censures et suspension de la Cene, 
selon la Loy de nature et la regie de S* Paul, de secourir a la nécessité de leurs dits Parents. 
Mais ou les degrez de consanguinité ne seroyent si prochains, on se contentera d’user de ! 
censures et remontrances, pour inciter chacun a son devoir. 

18 . Une jeune fille lors demeurant a Canterburi, auroit confessé aus Ministres et quelques 
Anciens, que sous promesse elle auroit été abusée par un jeune home, lequel toutefois nie le 
fait constamment, aussi bien que la promesse, Encore que par ses paroles et diverses 
circonstances il y en ait grande aparence. A été avisé, veu la confession souvent repetée, et 
divers propos de la dite fille, atendu qu’elle est fille a marier, s’êtant autrement bien comportée, 
et demeurant a present a Londres, Que luy sera mise par écrit la reconoissance .de ses fautes, 
telle quelle voudroit faire en presence, et qu’elle prometra faire, si l’ocasion et utilité de l’Eglise 
le requiert, Laquelle reconoissance étant avouée par elle, en presence de témoins, et du Frere 
Ministre de Cantorberi, sera puis apres leuë en la dite Eglise laquelle pouroit être scandalisée. 
Quant au jeune home il sera suspendu de la Cene, Veu les aparences du mal, lesquelles il a 
confirmées par ses paroles, atendant qu’on voye s’il se pourra verifier quelque chose davantage, | 
pour y aviser plus amplement. 

19 . Regnaut Le Maire, étant apelé en l’Assemblée,, a été induit, pour ne donner 
empêchement a la conversion et salut d’Anthoine de L’isle, de désister de tous procez et 
poursuites, pour les afaires qu’ils ont demené ensemble, Ce que le dit Regnaut a promis devant 
la Compagnie fort volontairement, prometant n’user d’aucune poursuite contre le dit Anthoine 
de Lisle, ni devant le Magistrat, ni devant l’Eglise, pourveu que le dit Anthoine se comporte en 
pais de sa part, sans aucunes contentions, Priant Dieu qu’il luy fasse miséricorde, pour 
cheminer en la crainte du Seigneur, et en edification a l’Eglise. Autant en ont dit Marguerite 
Mathieu sa femme, & Marie Bouchebare mere du dit Regnaut. 

Article a insérer en la Discipline. 

20 . Ceus qui auront été rangez en la Comunion des Eglises réfugiées en ce Royaume, s il 
se vérifié qu’êtans retournez delà la mer ils ayent assisté aus Idolatries et Superstitions 
papistiques, ou autrement commis des crimes ou fautes grandement scandaleuses, ne seront j 
admis a la Communion sans repentance publique. 

Et quant a ceus qui, n’ayans été de notre Comunion, seroyent trouvez en pareilles fautes, 



COLLOQUE IV, CANTORBERY 1584. 



7 



sera assez qu’ils reconoissent leurs fautes au Consistoire, prometans d’en satisfaire aus Eglises 
en la Comunion desquelles ils étoyent, ou qui autrement en pourroyent être ofensées, s’ils en 
sont requis, selon l’ordre établi par les Eglises ou ils se trouveront. 

21 . Les Freres de l’Eglise de Cantorberi sont chargez de convoquer l’Assemblée qui, 
moyenant l’aide de Dieu, se fera l’année prochaine, vers la fin du mois d’Avril, ou le 
commencement de May, 1584, étant le jour laissé a leur chois, dont ils conféreront avec les 
Freres, et en donneront avertissement en tems convenable. 



COLLOQUE IV. CANTORBERY, 1584. 

Le 8 me jour de May, 1584, en V Assemblée des Eglises étrangères, 
étant a Canterbury. Apres Vinvocation du nom de Dieu, ont 
été choisis Mons r Anthoine Lescaillet Ministre au dit lieu pour 
conduire V action, et Robert Le Maçon Ministre a Londres pour 
écrire les Actes. 

1. Premièrement, ont été leus et aprouvez les Articles résolus l’année passée a Norwich. 

2 . Et sur le point des Ecoliers entretenus pour le ministère, Encore que les Freres de toutes 
les Eglises demeurent en cet avis, que l’Eglise de Londres est de telle consideration et importance, 
outre les frais quelle porte, que soit des Ecoliers entretenus ou autrement on la doit toujours 
tenir fournie et pourveuë des Pasteurs les plus propres pour l’entretenement d’icelle, sans 
toutefois laisser oisifs et inutiles ceus des dits Ecoliers qui seroyent propres, se présentant 
ocasion de les employer : Neantmoins ce point demeure toujours résolu, corne il est porté par 
les Articles de la Discipline, que l’Egalité sans aucune prééminence demeure entre les Eglises. 

3 . Au reste, les Eglises aviseront au plutôt que faire se pourra, d’arêter chacune quelque 
so mm e certaine, laquelle elles puissent continuer, afin qu’on fasse état de l’entretenement des 
Ecoliers. 

4 . A été proposé par le Frere Mons r Marie, Quelle est l’obligation de Parreins et Marreines 
envers l’enfant par eus présenté au Bâtême, Aucuns se reputans que Témoins seulement, les 
autres se trouvants trop astraints en leur consciences. Surquoy a été répondu, veu le formulaire 
usité en nos Eglises, que les Parreins et Marreines ne se doivent tenir déchargez de l’instruction 
des enfans, autant qu’ils auront le moyen d’y pourvoir : Neantmoins, cela n’empêche pas les 
degrez d’obligation, et que les Peres et Meres ne soyent principalement et plus obligez que les 
Parreins et Marreines. 

5 . Touchant le nombre des Parreins et Marreines, La Compagnie est d’avis de le laisser a 
la liberté des Eglises. 

6 . La continuation en l’asistance de l’Eglise de la Rye, sera raportée et communiquée aus 
autres Eglises, qui sont priées et requises de continuer l’entretenement commencé, veu que la 
dite Eglise ne se peut conserver autrement. 

7 . Sera écrit au Synodes des Eglises de delà la mer, qu’elles sont requises de ne recevoir 
aucuns de ceus qui vienent de ce Royaume, sans atestation de l’Eglise dont ils sont départis, 
soit pour être admis a la Communion de la sainte Cene, soit pour être receus au Mariage, sans 



8 



LIVRE DES COLLOQUES. 



la publication des Anonces deuëment faites en l’Eglise ou ils demeurent, et témoignage 
qu’il n’y a point eu déposition. Le Frere Mons r Lescaillet aura la charge touchant ce point 
pour le Synode des Eglises des Païs bas, et La Fontaine pour le Synode des Eglises de France. 

8 . Sur ce qui a été proposé par les Freres de l’Eglise de Norwich, si on doit recevoir a la 
Cene incontinent ceus qui seront receus a faire repentance publique, ou si on doit diferer 
quelque tems pour avoir preuve sufîsante que la repentance est vraye, La compagnie a été d’avis, 
qu’on doit considérer diligemment les fruits de Repentance, devant que d’avancer les personnes 
en public, et en cas de doute, d’avertir l’Eglise de veiller et prier pour le Frere qui desire être 
receu a la pais et communion des Fideles : Mais étant admis a repentance publique, et par 
consequent a la pais de l’Eglise, Il n’y a aparence de luy denier les marques qui apartienent a 
ceus qui sont reconus pour membres de J esus Christ. 

9 . A été proposé, cornent on se doit comporter envers ceus qui feroyent état d’abandonner 
leurs femmes et familles, pour courir par les Eglises ou Païs étranges sans cause sufisante. A 
quoy a été répondu, Qu’il faut procéder contre tels comme il se fait pour le regard des autres 
fautes et scandales : Et au reste pour arêter & empêcher les scandales de tels coureurs, sera bon 
que les Eglises avec discretion y employent l’authorité du Magistrat. 

10 . Le Frere de Hamptonne a proposé, qu’un Jeune homme désirant avoir une Fille en j 
mariage, quand il a veu quelle etoit fiancée a un autre, s’est vanté a diverses personnes qu’il 
avoit eu sa compagnie, ce que toutefois il ne peut prouver, Sur quoy il demande comment on 
doit procéder a l’encontre du Délateur. A quoy a été répondu, qu’atendu diverses circonstances !' 
qui ont été déduites en ce fait, on doit tâcher d’amener le jeune homme ou a prouver ce qu’il a 
dit, ou a reconoître sa faute, en la presence de ceus a qui il en a parlé, Et en defaut de ce faire 
sera retranché publiquement. 



11. A été demandé, si pour avoir donné quelque souflet en lieu public on doit faire faire j 
reconoissance publique a ceus qui auroyent commis telle faute. A été avisé, que s’il n’y a 
point d’éfusion de sang, ou quelque grande scandale, et que ce ne soyent personnes queréleuses, 
qu’on doit reprendre en Consistoire les fautes qui auront été ainsi faites, et amener a 
reconciliation les parties. 

12. A été requis, Si une faute qui n’est point de soy publique, mais est divulguée par un ou j 
deus, qui seuls en avoyent la conoissance, doit être estimée publique. La réponse est, qu’en cas ! 
de rebellion et continuation és fautes, apres les remontrances deuëment faites, que c’est le 
devoir des particuliers d’avertir l’Eglise : Et quant a ceus qui sachans seuls la faute, sans 
garder la regie de charité l’auroyent divulguée, ils seroyent grièvement repris de leur procedure, 
Mais le Consistoire ayant examiné le fait, s’il se trouve preuve assez bonne et sufisante, il j 
tiendra la faute pour publique, Dieu l’ayant mise en evidence, on y procédera selon la qualité ; 
et grandeur du fait. 



13 . Sur ce qui a été demandé, Si on doit tenir une faute pour publique dont seulement une 
partie de l’Eglise est ofensée, A été répondu qu’on tiendra les fautes pour publiques lesquelles 
auront été commises publiquement, ou desquelles la coDoissance est tellement parvenue a 
plusieurs, que pour n’y pourvoir il en pourroit naitre ou s’entretenir scandale en l’Eglise. Mais 
que sur cela il faut faire distinction de faute d’avec faute, pour user des Censures selon que 
l’édification de l’Eglise le requiert. 



14 . Quant aus noms qu’on doit donner aus enfans en Batême, on est d’avis de rejeter les 
noms apartenans a Dieu, ou a notre Seigneur Jesus Christ, Les noms d’ofice, et ceus qui sont 
pris du paganisme, Mais qu’on se pourra servir avec discretion de ceus qui se trouvent en 
l’Ecriture, Et quoy qu’il en soit, qu’ils soyent propres pour donner bon example de pieté et 
vertu aus enfans. 



COLLOQUE Y, HAMPTONNE, 1586. 



9 



15 . Sur ce qui a été requis, comment on se doit comporter envers ceus, qui nonobstant 
l’ordre établi de n’agueres en quelques Eglises ne veulent Communier a la Cene tous les mois, 
Mais seulenb trois ou quatre fois par an, a été avisé, a cause de la nouveauté, de les suporter, 
usant d’admonitions particulières et publiques, selon qu’on conoitra être bon. 

16 . Il n’est expedient de bailler Actes par écrit des choses qui ont été résolues au 
Consistoire, Mais s’il en est besoin pourront envoyer les dits Actes ou aus autres Eglises, ou par 
devers les Magistrats, quand ils en seront requis, ou qu’ils verront être necessaire, Et ne se 
recevront aussi les écrits de ceus qui peuvent être ouïs verbalement au Consistoire. 

17 . On est d’avis, que les Contes de l’entretenement du Ministère et autres nécessitez de 
l’Eglise, se rendront par les Anciens en la presence des Diacres, ou d’aucuns déléguez par leur 
compagnie. 

18 . Ceus qui partent des Eglises sans satisfaire a leurs créditeurs, n’auront point de 
Témoignage de leurs Eglises, Mais eus donnant avertissement des Eglises ou ils se seront 
retirez, elles pourront être informées de leur comportement par les Consistoires qui en ont 
conoissance. 

19 . Ont été leus et acordez les Articles de la Discipline comune des Eglises Etrangères de 
la langue françoise recueillies en ce Royaume, selon laquelle les dites Eglises seront gouvernées, 
pour cheminer d’un même pied et en union les unes avec les autres. 

20. L’année prochaine, moyenant l’aide de Dieu, l’Assemblée de la Classe se trouvera a 
Hamptonne, environ le mois de Septembre, Laissant a la prudence des Freres de la dite Eglise 
de choisir le jour commode, et en donner avertissement aus autres Eglises, Et même d’avancer 
le tems s’il s’y présente ocasion sufisante. 



COLLOQUE V. HAMPTONNE , 1586. 

Actes de V Assemblée Ecclesiastique, tenue en la ville de Hamptonne, 
le 13 e de May 1586. Mons r Cartaut Ministre de la Rye choisi 
pour présider en V action, et Philipe de la Mothe Ministre du 
lieu pour écrire. 



1. Premièrement les Freres ayant examiné divers points concernans la Discipline, laquelle 
aus Assemblées precedentes on a trouvé bon de dresser en Commun pour l’usage des Eglises 
de la Langue françoise en ce Royaume, ont entièrement convenu des Articles que pour cette 
heure ils estiment être necessaires pour la conduite des dites Eglises, La forme de laquelle sera 
dressée par Mons r De la Fontaine pour être envoyée aus Eglises. 

2 . Les Eglises de la langue françoise de ce Royaume seront averties, de faire devoir dores- 
navant de fournir a l’entretenement des Ecoliers, qui ont été envoyez par l’avis d’icelles 
Eglises a Geneve, pour se preparer a loeuvre du Ministère, et que, dans le mois de Septembre, 
elles fassent diligence d’envoyer ce qu’elles auront peu collecter, entre les mains des Freres de 

Londres. 

3 . Ceus qui ne feront devoir de contribuer selon leurs moyens a l’entretenement du Mini- 

B 



10 



LIVRE DES COLLOQUES. 



stere, et autres nécessitez des Eglises, seront exhortez a diverses fois de s’y employer, Et au 
cas qu’ils perseverent a se montrer ingrats, seront apelez au Consistoire, auquel remontrances 
serieuses leur seront faites de leur devoir, Et au cas qu’ils ne cedent a telles remontrances, 
seront déferez au Magistrat, afin que par l’authorité d’iceluy ils soyent amenez a leur 
devoir. 



4 . Sur la question proposée, de la Censure qui doit être exercée a l’encontre de ceus, qui 
depuis les derniers troubles sont tombez en Idolâtrie, et depuis touchez de repentance sont 
passez en ce royaume, pour se ranger derechef a l’Eglise de Dieu, a été répondu, qu’encore que 
nous aprouvions l’Article qui fut résolu a la derniere Assemblée tenue a Norwich Art. 20 e sur 
ce fait, Neantmoins a cause de l’état present de quelques Eglises, et la grande multitude qui 
pour les persecutions s’y est naguère retirée, qui peut rendre les fautes plus notoires et pub- 
liques, que les Consistoires doivent prudemment aviser a la qualité des fautes comises et scan- 
dales, et pareillement considérer si elles sont conues ou non, Car ou les fautes seroyent 
énormes, comme d’avoir été notoirement a la Messe, fait abjuration de la vraye Religion 
devant l’Evêque et Juges Royaus, En ces cas, devant qu’iceus soyent receusa la pais de l’Eglise, 
leur Repentance sera deuëment examinée, et iceus induits de reconoitre publiquement leur 
fautes, devant la face de l’Eglise, et par ce moyen être reconciliez a icelle. Et quant a ceus 
qui n’auroyent commis fautes si lourdes, et desquels aussi le péché ne seroit beaucoup conu, 
on se contentera de leur faire reconoitre leur faute au Consistoire, pour apres avoir donné 
quelques signes de repentance être admis a la pais de l’Eglise. 

5 . Ceus qui partent des Eglises sans satisfaction a leurs Créanciers, s’il apert que ce soit 
par fraude et malice, n’auront point de témoignage, Mais bien si par pauvreté, ayans au reste 
témoignage de bonne vie, ils n’ont puissance de payer ce qu’ils doivent, on ne laissera de leur 
bailler témoignage, pour être receus aus autres Eglises, avec expression neantmoins du défaut 
qui est en eus de payer leur dettes. 

6 . Les enfans, ores qu’ils soyent en âge, n’ayans Pere ni Mere ni Tuteurs, ne pourront 
neantmoins contracter mariage, sans auparavant avoir pris sur ce conseil et avis de leurs freres 
& soeurs plus âgez, Oncles et Tantes, comme êtans parens plus proches, Les informans de la 
qualité des personnes avec lesquelles ils prétendent contracter aliance : En sorte neantmoins, 
qui si les dits Freres Soeurs Oncles et Tantes se montroyent trop rigoureus en cet endroit, sans 
cause sufisante, les Consistoires en prenant conoissance ils pourront être admis a passer outre, 
Et au cas que méprisant le devoir auquel ils sont obligez envers les dits Parents, ils 
s’ingérassent de se marier, seront repris au Consistoire de leur faute. 

7 . Les Freres Diacres seront avertis, d’empêcher autant qu’il leur sera possible, ceus qui 
sans nécessité urgente se transportent d’une Eglise en l’autre, jusqu es a leur refuser moyens et 
asistance pour ce faire, Et les Eglises vers lesquelles ils se retirent ne les recevront ou a 
l’asistance qui se fait ordinairement aus pauvres ou a la Communion de la sainte Cene. Corne 
aussi, pour cet efet, Témoignage ne pourra être donné a ceus qui sont tels par le Consistoire 
des Eglises d’ou ils se départent sans ocasion. 

8 . Ceus qui seront convaincus par jugement du Consistoire auquel ils auront ete apelez, 
d’avoir eu recours aus Devins, d’avoir tourné le Sas, ou commis autre acte de charme ou Sorcelerie, 
seront promptement suspendus de la Cene, devant la face de toute 1 Eglise, afin de donner 
terreur aus autres, qui se pourroyent laisser emporter apres telles impietez, et repurger en cet 
endroit l’Eglise de tout blâme. 

9 . Les Eglises sont averties, d’avoir une chacune quelque bref Formulaire d Avertissement, 
touchant le Reglement de l’Eglise et Gouvernement des particuliers, qui soit conforme aus 
Articles de la Discipline des Eglises de ce Royaume, lequel soit publié environ le tems que la 
sainte Cene est celebrée, afin que nul n’en pretende cause d’ignorance. 



COLLOQUE Y, HAMPTONNE, 1586. 



11 



10. Les Censures doresnavant se feront a la fin de l’action de nos Assemblées Ecclesiatiques, 
esquelles les Eglises pourront metre en avant ce quelles auront a dire touchant leurs Pasteurs, 
et les Pasteurs au contraire. 

11. Et quant aus Propositions qu’aucuns ont requis être établies, L’interval du tems dans 
lequel nous nous assemblons ne permet point que nous les puissions commodément établir. Bien 
est il convenable que le Pasteur du lieu ou l’Assemblée se fera fasse un prêche durant que les 
Freres seront sur le lieu, afin qu’on puisse juger de sa Doctrine et de sa fasson d’enseigner. 

12. Les Ministres et Anciens qui seront députez de la part des Eglises, pour se trouver aus 
Colloques, y aporteront leurs Mémoires signez de leurs Consistoires, Sans neantmoins ôter la 
liberté aus Ministres et Anciens d’y proposer, comme d’eus mêmes, ce qu’ils trouveront 
expedient. 

13. Le June ce célébrera es Eglises françoises de ce Royaume, dans la fin du mois de Juin, 
et l’Eglise de Londres a charge d’assigner jour. 

14. Combien que l’Ordre jusques a present receu aus Eglises de notre langue en ce 
Royaume, touchant la celebration de la sainte Cene par chaque mois, soit aprouvé, Toutefois 
l’Eglise de la Rye est suportée pour le tems, Et neantmoins sera exhortée de se conformer, 
autant qu’il se pourra faire, a l’Ordre susdit. 

15. Remontrances ont été faites a Nicholas Provost, demeurant en cette ville de Hamptonne, 
de la rebellion en laquelle jusques a present a persévéré a l’encontre de cette Eglise. Et comme 
ainsi soit que l’acte pour lequel il auroit été apelé au Consistoire de cette Eglise, assavoir 
de tourner le Sas, soit du tout abominable, et condanné par la Parole de Dieu, comme aussi 
tout charme et Sorcelerie, le long tems qu’il y a que sa faute a été commise ne la diminue pas 
mais l’agrave plutôt : Et partant a été exhorté de ceder a l’avis du Consistoire, qui est aussi le 
nôtre, Assavoir que protestant de sa repentance serieuse, il se prepare aussi a reconoître sa 
faute publiquement, devant la face de l’Eglise, Ce qu’il a refusé de faire, metant en avant 
divers blâmes & outrages, tant contre le Consistoire de cette Eglise, que contre cette 
Compagnie, montrant un esprit plein de Rebellion. A cause dequoy il a été ordonné, que 
publiquement il seroit dénoncé a l’Eglise de ce lieu, un jour de Dimanche, Qu’a cause de ce 
toumement de Sas, et de la rebellion en laquelle il a persévéré, il étoit suspendu de la Cene, Et 
qu’il seroit procédé contre luy plus outre, Et cependant s’il perseveroit en cette siene rebellion, 
la chose seroit deferée au Magistrat. 

16. L’Eglise de la Rye aura la charge de convoquer le Colloque prochain, pour être tenu le 
mois de Septembre de l’an suivant que l’on contera 1587, Laissant a la prudence des Freres 
d’avancer la dite Assemblée, si la nécessité des Eglises le requiert. 



12 



LIVRE DES COLLOQUES. 



COLLOQUE VL. RYE, 1587. 

Les Actes generans du Colloque des Eglises de la langue françoise, 
tenu a La Rye, le 15" et 16" jour de Septembre Anno 1587. 

Auquel ont assisté , 

Pour V Eglise de Londres , Un Ministre et un Ancien, 

Pour celle de Cantorbury, Un Ministre et un Ancien , 

Pour celle de la Rye, Les Ministres et un Ancien, 

Pour celle de Hamptonne, Un Ministre et un Ancien, 

Pour celle de Winchelsay, Un Ministre et un Ancien, 

Celle de Norwich a défailli, 

Apres T invocation du nom de Dieu, Mons r Cartaut fut choisi \ 
pour présider en V Action. 

1. Pour éviter plusieurs frais et incommoditez des Eglises, la Compagnie a arêté que 
doresnavant le Colloque sera assemblé a Londres, d’an en an, environ le tems de la Saint 
Barth elemi, Sans le tirer a consequence a l’avenir, et sans préjudicier a la liberté des autres 
Eglises, qu’elles ne puissent requérir que pour quelques ocasions le lieu soit changé. Comme 
aussi l’avertissement du jour d’icelle Assemblée sera donné par icelles Eglises, l’une apres l’autre, 
et chacune a son tour. Pour l’année prochaine, telle charge est donnée a l’Eglise de Londres. 

2. Touchant ceus qui vont en France, et puis retournent, Si on les doit tous indifferement 
apeler au Consistoire, pour raison des promesses et abjurations que l’on requiert d’eus, A été 
avisé que inquisition doit être faite au préalable par l’Ancien du quartier, du comportement 
de ceus qui seroyent nouvelement revenus, Et que ceus desquels on pourroit avoir quelques 
conjectures probables, qu’ils ayent commis quelque acte dérogeant a la vraye pieté, ou de fait, 
ou de parole, Iceus seront apelez. Et quant aus autres, des quels on ne pourra avoir telles 
conjectures, seront épargnez apres leur protestation. Cependant les Anciens veilleront 
soigneusement sur ceus qui font tels voyages. 

3 . L’ordre observé aus Eglises de la langue françoise de ce Royaume, pour recevoir des 
Marreines au batême des enfans, sera gardé. Et quant aus Eglises qui n’ont receu cet ordre 
jusques a maintenant, l’on avertira ceus qui le voudront introduire de s’en désister, Mais s’ils 
persistent a cela seront receus. 

4 . Ceus de la langue françoise qui n’entendent point la langue Angloise, seront avertis de 
ne se presenter au Batême d’un enfant anglois pour répondre de l’instruction de l’enfant, Et de 
ne prier aussi les Anglois, qui n’entendent la langue françoise, pour servir de Parreins a leurs 
enfans. 

5 . Charge est donnée a Mons r Cartaut, d’écrire aus Freres du Consistoire de Londres, 
pour les prier de vouloir accepter la conoissance de la cause de M r Cardin Mignot, requérant 
en cette compagnie son rétablissement au Ministère, Et que l’avis d’icelle est, que cette afaire 
doit être vuidée par les dits Freres de Londres, apelans avec eus quelques Freres Ministres de 
Normandie, et spécialement de la Classe de Caulx. Le Frere Mire Ancien a la Rye, dressera 
mémoire pour informer les dits Freres de ce qu’il a conoissance luy avoir ete raporté a Rouen 
pour cette afaire, Et cependent les Freres M r Castel et La Mothe avec leurs Anciens seront 
requis d’aler a Winchelsay, pour consoler le Frere Mignot, et luy faire entendre 1 avis de la 
Compagnie, et l’ouir de vive vois pour en faire raport 

6 . Désormais, es Assemblées des Colloques, Le Ministre qui aura preside en 1 Assemblée 



COLLOQUE VII, LONDRES, 1588 



13 



precedente, fera la priere, ou au defaut d’iceluy Le Ministre du lieu, Apres laquelle se fera 
election d’un President et d’un Écrivain. 

7 . Sur la Proposition faite pour les comtes des deniers des afaires de l’Eglise, si le peuple y 
doit être apelé, La Compagnie est d’avis qu’il sufit que les Anciens et Diacres soyent convoquez 
aus dits Contes, et non le peuple, ensuivant ce qui est porté au 17 e Article du Colloque de 
Canterbury. 

8 . L’on ne nommera point aus Délinquants apelez au Consistoire le nom des témoins par 
lesquels on a vérifié leur faute, sinon en chose de grande importance, et pour plus vivement 
les convaincre, dont le dit Consistoire jugera avec meure et grande deliberation. 

9 . Les Ministres de la - langue françoise de ce Royaume, qui ont été receus en charge devant 
les derniers troubles de France, ne pourront départir de leurs Eglises sans en avoir premièrement 
communiqué au Consistoire, et puis au Colloque, s’il se peut. Mais au cas que le Colloque ne 
s’assemblât si tôt, et que le Ministre ne fût assisté pour l’entretenement de luy et de sa famille 
par son Eglise, ou par autres voisines qu’il auroit a cette fin requises et sollicitées, En ce cas il 
demeurera en sa liberté. 

10 . Les Eglises esquelles les Ministres auront servi, auront soin de nourir et entretenir les 
Veuves et Orfelins des dits Ministres, s’ils en ont besoin, pour quoy faire Les Consistoires 
pourvoiront diligemment a ce qu’ils ne soyent mis au Catalogue des pauvres. 

11. Les Consistoires seront requis de revoir et considérer diligemment les Articles de la 
Discipline, pour venir par eus préparez au Colloque prochain, pour en faire une entière resolution 
et la metre au net. 



COLLOQUE VII. LONDRES, 1588 . 

Articles generaus du Colloque tenu a Londres, des Eglises de la 
langue françoise, Les 6 " et 7 e de Septembre, 1588 . 

Auquel ont asisté, pour V Eglise de Londres, deus Ministres et un 
Ancien. 

Pour Norwich, Un Ministre et un Ancien. 

Pour Cantorbery, Un Ministre et un Ancien. 

Pour Hamptonne, Un Ministre et un Ancien. 

Pour La Rye, Un Ministre et un Ancien. 

Pour Winchélsay, Un Ministre. 

Et pour gouverner la dite Action, apres T invocation du nom de 
Dieu, Le Frere Mons r De Liques Ministre fut éleu pour 
présider, et Phïlipe De la Mothe Ministre pour écrire. 

1. La remontrance qui auroit été faite au Frere Piere Ramier, de se trouver au Colloque, 
luy sera faite derechef par les Ministres de Londres, au nom de cette compagnie, A ce qu’a 
1 avenir quand telles Assemblées seront il ait a s’y trouver. 

2 . Sur la Proposition faite par les Freres de Cantorbery, a été trouvé bon, qu’aus 



14 



LIVRE DES COLLOQUES. 



Témoignages qu’on donne aus pauvres passans d’une Eglise a l’autre, on spécifiera la some qui 
leur a été donnée par les Diacres, pour obvier aus Coureurs qui déçoivent les Eglises. 

3 . Suivant la requête de l’Eglise de Londres, Les Eglises seront averties de supléer au 
defaut de la contribution pour les Ecoliers, tant pour l’avenir que pour le passé, et donner avis 
de leur volonté dedans la fin de ce mois, Et qu’en defaut de cela, il sera remis a la liberté de la 
dite Eglise d’en disposer selon leur prudence et charité. 

4 . Sur l’execution de l’Article premier de la Discipline touchant la Cene, Les Eglises qui 
ne célébreront point tous les mois la sainte Cene du Seigneur, sont exhortées de se conformer 
aus autres Eglises. 

5 . Suivant la conclusion faite au Colloque de la Bye, que les Consistoires considereroyent 
diligemment Les Articles de la Discipline, pour venir par eus préparez au Colloque de Londres, 
pour en faire une entière resolution, A été avisé que le tout sera ordonné en la maniéré suivante. 
Premièrement que les deus articles de la Discipline, touchant les vices qui seront trouvez aus 
Ministres, et qui distinguent les vices insuportables d’avec les suportables seront retenus. 

Que le premier Article touchant les Docteurs, sera couché ainsi, L’ofice de Docteurs est aussi 
de maintenir entre les fideles la vraye et saine doctrine, et pourvoir par tous moyens qu’elle ne 
soit corompue par erreur ignorance ou fausses opinions, Sans toutefois s’étendre es consolations 
admonitions et reprehensions, ni s’employer a l’exercice de la Discipline. Pourtant leur devoir 
est de sonder diligemment les Ecritures, et en expliquer brièvement le vray sens, s’oposer aus 
heretiques, et réfuter les heresies, tant par Lessons que par écrit, Et fassonner les Proposants 
qui se disposent au service de Dieu, par lessons propositions et disputes, pour la conservation 
du Ministère de l’Eglise. 

En l’Article setiéme de la charge des Anciens, doivent être ajoutez ces mots, Sinon que le 
delay aportât quelque prejudice a l’Eglise de Dieu, dont toutefois l’Ancien communiquera avec 
le Pasteur et deus ou trois Anciens. 

En l’Article quatrième de la charge des Diacres, sera ajouté que L’un des Pasteurs y assistera 
et présidera autant que faire se pourra, et en son absence l’un des Diacres y présidera. 

L’Article siziéme des Diacres sera simplement couché en ces termes, Les Diacres recevront 
alternativement, en la fin des Assemblées, les deniers des Collectes donnez a l’issue des Eglises, 
selon l’ordre d’icelles. 

Sur l’Article onzième des Diacres, La rendition des contes des pauvres est remise au tems de 
la celebration de la Cene, pourveu qu’il n’excede point trois mois. 

L’Article douzième des Diacres sera rayé. 

L’Article dizhuitiéme des Diacres depuis ce mot [Toutefois] sera rayé. 

Sur l’Article siziéme, du tems de l’Administration de la parole, A été arêté qu’on ajoûteroit 
apres ces mots [de diz ans et au dessus] ou autre âge convenable selon le jugement des Eglises. 

Sur l’Article onzième du même chapitre a été avisé que toutes les Eglises s’y conformeront. 

En l’Article deuziéme de La Proposition, Après ces mots [en la presence] sera ajoûté du 
Docteur et Professeur en Théologie, s’il y en a en la dite Eglise, sinon des Ministres Anciens et 
Diacres. 

Au second Article du Batême, sera ajoûté en la fin, et des Parreins et Marreines. 

En l’Article cinquième de la Cene, apres ces mots [proposez au Consistoire] sera ajoûté, Ou 
ils feront paroitre Témoignage de leur Eglise, si déjà ils ont été receus a la Communion de 
quelque Eglise, Et ou ils n’auroyent point été receus auparavant a la Communion, ils 
nommeront des témoins qui puissent testifier de leur bonne vie et conversation, et feront 
les uns et les autres Confession de leur foy, avant que d’être admis, afin que nul n’aproche de la 
Cene a sa condannation. 

6 . Les Eglises ne fermeront point les yeus aus nécessitez les unes des autres, mêmement en 
ce qui concerne l’entretenement du Ministère, Et celles qui n’y pourroyent fournir en 
comuniqueront avec celles qui leur seront les plus voisines et imploreront leur aide, Lesquelles 



COLLOQUE VII, LONDRES, 1588. 



15 



sont exhortées d’user en cet endroit de la charité et communication mutuelle. Si en cela il se 
trouve quelque dificulté, elle se pourra vuider en l’Assemblée des Eglises, selon la regie de 
charité chrétienne, Laquelle se pourra avancer, quand apres avoir été avertie de celles qui sont 
nécessiteuses, elle jugera qu’il sera expedient. 

7 . Sur la requête faite par Mons r De la Faye, au nom de l’Eglise de Winchelsay, et la 
consideration de la grande nécessité de Mons r De la Touche, Ministre du dit lieu, La 
Compagnie a trouvé bon de solliciter derechef par lettres ceus de Winchelsay, a ce qu’ils 
s’élargissent plus envers leur Pasteur. Item, qu’a l’Eglise de la Itye, pour plusieurs raisons 
meurement considérées en notre compagnie, lettres serieuses seront écrites, au nom de cette 
compagnie, qu’ils ouvrent leurs entrailles envers la dite Eglise de Winchelsay, laquelle n’est 
qu’un démembrement de la leur, et ne devroit faire qu’un cors avec eus, A ce que par leur 
negligence le saint Ministère de la parole ne soit renversé au dit lieu, Et charge d’écrire les 
dites lettres a été donnée a Mons r Castel. Et en Cas les dites lettres n’etoyent de telle éficace que 
nous desirons, il sera libre a Mons r De la Touche, dedans trois mois, de se retirer et se 
pourvoir comme le Seigneur luy conseillera. 

8 . L’Eglise de Norwich prendra la charge de convoquer le Colloque l’année prochaine, 
environ le tems de la Barthelemi, et en donnera avertissement un mois auparavant ou environ. 

Acte particulier pour V Eglise cle Londres. 

9 . Un certain Gerard Gersent, apres avoir abusé d’une chambrière angloise, sous ombre de 
promesses de mariage, et en être départi, combien qu’il les eût faites par devant Le Magistrat, 
A été retranché publiquement de la Cene, il y a environ siz ans. 

La dessus, il est avenu, d’un côte que la fille s’est débauchée avec autre, Et que le dit Gerard 
a traité de se joindre avec une Yeuve de notre Eglise en Mariage, Laquelle, comme on luy a 
fait savoir l’état du jeune homme en leur compagnie, nonobstant les remontrances n’a peu être 
divertie de son propos, et partant se sont mariez aus Anglois, et ont enfans : D’autrepart, ainsi 
que la dite chambrière a trouvé parti depuis cela et s’est mariée, Gerard a acordé avec elle et son 
mari putatif et se sont quitez l’un l’autre. 

Or est il que celle qui etoit auparavant Veuve, sentant comme elle dit sa Conscience chargée 
pour n’avoir obtempéré a l’Eglise, a requis instamment et a plusieurs fois quelle puisse être 
receuë a la Communion de la Cene, s’ofrant pour cet efet a faire tout ce qui luy sera ordonné. 
Maintenant donc ils requièrent de la Compagnie avis cornent ils se doivent conduire. 
Réponse a été faite qu’en persistant d’exhorter la dite femme a prier Dieu, lequel seul la peut 
délivrer de la peine en laquelle elle s’est mise, L’on ne peut toucher au mariage pour le 
dissoudre ou continuer ( pour plusieurs raisons importantes ) ainsi qu’il seroit necessaire, Si on 
vouloit aviser a luy donner la pais de l’Eglise. 



16 



LIVRE DES COLLOQUES. 



COLLOQUE VIII. LONDRES, 1589. 

Les Actes du Colloque des Eglises de la langue françoise 
recueillies en Angleterre, sous la protection de la Serenissime 
Reyne Elizabeth, et s'est tenu a Londres, 1589, les 17, 18, 20, 21, 
22, 23, 24, 25 e jours de Janvier. 

Auquel ont asisté de la part de l'Eglise de Londres deus 
Ministres et un Ancien. 

De l'Eglise de Norwich, Un Ministre et un Ancien, 

De l'Eglise de Canterburi, Un Ministre et un Ancien, 

De l'Eglise de Hamptonne, Un Ministre et un Ancien, 

De l'Eglise de la Rye, Un Ministre et un Ancien, 

De l’Eglise de Winchelsay , Un Ministre. 

Apres l'invocation du nom de Dieu, Mons r Anthoine Lescaillet 
Ministre de la Parole de Dieu, a été choisi pour modérer 
l'action, Philipe De la Mothe Ministre de Hamptonne pour 
écrire. 

1. Il est loisible a un Ministre ou Ancien, de metre en avant au Consistoire un fait notoire 
duquel plusieurs se scandalisent, a celle fin d’obvier au scandale, et au Consistoire de l'écouter 
pour y pourvoir. 

2 . Quelcun recusant les Ministres et quelques Anciens du Consistoire, les blâmant et 
acusant, Est tenu de proposer les causes de recusation au dit Consistoire, et les y venir déduire, 
étant apelé a cette fin, Car il n’y a autre conseil en l’Eglise ou se doivent decider les afaires 
Eclesiastiques, que le Consistoire. 



3 . Les Ministres réfugiez en une Eglise, ne doivent avoir Jurisdiction a part, ni pour eus 
ni pour les autres ; Ains se doivent ranger a l’obeissance du Consistoire de l’Eglise en 
laquelle ils sont incorporez. 

4 . Celui qui auroit apelé du Consistoire au Colloque, sur un certain fait, ne laisse pas en 
autre cas d’être assujeti aus remontrances et censures qui luy écherroyent. 

5 . Sur l’apel interjeté par Mons r Michel de Montescot dit De la Tour, Ministre de la parole 
de Dieu, devant le Colloque des Eglises de la langue françoise receuillies en Angleterre, contre 
les procedures tenues contre luy par le Consistoire de l’Eglise de Londres, La Compagnie ayant 
entendu et fidèlement examiné les complaintes et defenses tant d’une part que d’autre, A jugé 
que le dit Consistoire a procédé légitimement : Partant le dit Mons r de Montescot dit De la Tour, 
aura a se reconcilier avec le dit Consistoire, reconoissant de s’être grandement oublie tant de 
paroles que de fait, en se soustrayant de l’obeissance du dit Consistoire, lequel il sera exhorté de 
reconoître pour s’y ranger paisiblement. 

6 . La Compagnie trouvant que les contributions des Eglises particulières ne peuvent 
satisfaire a l’entretenement de ceus qui ont été envoyez aus Écoles de la Théologie, a trouve bon 
de remetre en la liberté des Freres de Londres de disposer d’iceus : Sont toutefois priez d avoir 
egard aus nécessitez des Eglises, et contributions qui auront été faites par icelles, pour les aider 
autant que faire se pourra; Comme les Freres prometent de s’employer en la dite contribution 
selon les facultez de leurs Eglises. 



7 . Sur la proposition faite par les Freres de Londres, Que le Colloque soit tenu en tel tems 



COLLOQUE YIII, LONDRES, 1589. 



17 



que les Freres assemblez en Colloque puissent communier ensemble a la sainte Cene du Seigneur, 
A été avisé que les Freres en communiqueront a leurs Eglises. 

8 . On ne recevra point d’apellation avant que sentence soit prononcée par le Consistoire, 
Laquelle en cas d’apel demeurera en son entier, jusques a ce qu’il soit entièrement résolu par le 
Colloque ; Sinon que le Délinquant désistât de son apel et satisfît au Consistoire. 

9. On a trouvé bon qu’és lieus ou il y a plusieurs Ministres, ils soyent choisis alternative- 
ment par le Consistoire, pour se trouver au Colloque : La liberté toutefois laissée aus Eglises, en 
certaines ocurrences d’importance, d’élire celuy qu’elles jugeront être necessaire. 

10. Sur la demande des Freres de Cantorbery, Comment outre les devoirs qu’ils ont déjà faits 
ils procéderont a l’encontre d’un certain de leur Eglise, dogmatisant Doctrines heretiques, La 
Compagnie est d’avis que les Freres poursuivent en son endroit jusques a l’excommunication : 
Quand apres avoir continué leur remontrances et conferences avec luy quelque tems, pour le 
divertir de ses erreurs, Ils le jugeront heretique et opiniâtre en sa Doctrine erronée, et que par 
ce moyen ils ne profitent rien, qu’ils ayent a le dénoncer au Magistrat, luy faisant entendre 
l’importance du fait, afin qu’il y pourvoye. 

11. Sur la Proposition des Freres de Hamptonne, comment ils procéderont contre deus 
personnes qui se sont mariées ailleurs qu’en l’Eglise, l’une des parties n’ayant le consentement 
de ses Parents ; Item contre ceus qui les ont acompagnez, favorisans aus infracteurs de la 
Discipline Eclesias tique ; L’avis de la Compagnie a été, Que les dits mariez feront paroitre 
témoignage authentique de leur dit mariage, Que les uns et les autres seront conviez a la repen- 
tance de leur fautes au Consistoire, puis apres que leur dite reconoissance soit publiée en 
l’Assemblée : Et au cas qu’ils n’y veuillent entendre, qu’il soit procédé plus rigoureusement 
contre eus, jusques a la suspension publique de la Cene, laquelle tiendra jusques au Colloque 
prochain ; Sinon qu’ils vinsent a reconoissance de leurs fautes, selon l’ordre de l’Eglise. 

12. Quant a une certaine femme, laquelle n’est point sortie plusieurs années de sa maison, 
pour quelque trouble qu’elle a en son esprit, et n’a assisté aus saintes assemblées, ni communié 
a la sainte Cene comme elle desire, donnant au reste témoignage par sa pieté et charité d’être 
femme chrêtiene: Les Freres assemblez au Colloque ont jugé être expedient de ne l’afliger 
davantage, considéré que ce n’est pas par mépris de la Religion chrêtiene, mais par infirmité ; 
Ains que les Ministres et Anciens fassent devoir de la visiter. 

13. Sur la demande faite, savoir mon si quelcun qui auroit été retranché publiquement de 
la Cene pour certains scandales, n’êtant point crimes, et auroit rejetté l’espace de trois ans les 
avertissements et censures de l’Eglise, et toutefois il y a maintenant cinq ans se seroit reconcilié 
a icelle, et mené une vie honnête et sans reproche, peut et doit être admis en charge d’ Ancien ou 
de Diacre ; A été répondu, qu’és choses moins grieves et énormes, là ou il conste d’une longue 
repentance et amendement, Il n’est pas convenable de tenir une rigueur expresse, pour rejeter 
entièrement : Mais que c’est aus Consistoires, et a ceus qui conduisent l’Eglise, d’aviser selon 
leur prudence si une telle personne y peut exercer quelque Ministère avec edification. 

14. A été demandé, Si quelques freres de l’Eglise ont quelque diferent l’un avec l’autre, pour 
lequel ils pourroyent entrer en débat, avec grands frais de procès et scandale de l’Eglise : Pour 
la preuve duquel diferent il n’y a autre moyen ni témoignage que l’interposition du nom de Dieu ; 
Si le Consistoire leur peut déférer le serment ? A été répondu, que dautant qu’en choses qui 
autrement ne se peuvent pas verifier, le nom de Dieu doit servir a la decision des choses 
controversées, on doit faire instance aus Freres qui en seroyent requis, de se purger par 
serment : Que si on ne le peut obtenir, on donne permission a la partie de se pourvoir par la 
voye ordinaire de justice. 

c 



18 



LIVRE DES COLLOQUES. 



15. Depuis la sentence prononcée contre Mons r Michel De montescot dit De la Tour, qui 
fut lundi au soir 20 e du mois, Les Freres assemblez au Colloque ont fait tout devoir de le prier 
et solliciter d’accepter la dite sentence, et se soumettre au Consistoire de l’Eglise de Londres, 
comme membre d’icelle. Premièrement Mons r Marie Ministre de la parole de Dieu en l’Eglise 
de Norwich, avec Maître Étiene Latelais Ancien de l’Eglise de Hamptonne, furent deleguez le 
21 e de Janvier de la part du Colloque, pour aler voir le dit M r Michel De montescot autrement 
dit de la Tour, Ministre de Rouen, et l’exhorter a ce que dessus : Lesquels ne le peurent induire 
de se soumetre au dit Consistoire, ains usa de cette sentence, Par in parem non habet 
imperium. Le lendemain qui fut le 22 e du dit mois, Mess rs Morel et La Touche Ministres de 
la Parole de Dieu, l’un a la Rye et l’autre a Winchelsay, acompagnez du Sieur Miphane, Ancien 
de l’Eglise de la Rye, furent députez par la Compagnie des Freres du Colloque pour derechef 
le persuader d’accepter la dite sentence, et de se presenter encore une fois a la Compagnie des 
Freres du Colloque: Ils ne profitèrent autre chose, sinon qu’il leur fît promesse de se 
presenter derechef ; Car il disoit que jamais il ne se soumetroit au Consistoire, ains que plutôt 
il sortiroit du Royaume. Or ce jour même, comparoissant devant les Freres assemblez au 
Colloque, Il dît bien qu’il étoit prêt de reconoitre les paroles excessives dont il avoit usé, et ; 
confessoit en être marri ; Mais qu’il ne pouvoit accepter notre Sentence, et répéta la Sentence 
que dessus, Par in parem non habet imperium, et dît plusieurs autres choses par lesquelles il ; 
nous donna assez a entendre qu’il ne vouloit reconoitre le Consistoire pour s’y ranger J 
paisiblement. 

Plus, le 23 e du dit mois, Mons r De la Touche Ministre, et le Sieur Miphame, eurent charge i 
de la Compagnie de prier Messieurs Morel & Marie de prier Mess 1 ' 3 De la faye et Fenquerey 
et D’espoir a ce qu’il leur pleut s’employer envers le dit Mons r Michel De montescot 
dit de la Tour Ministre de Rouen, pour le persuader de ne refuser la reconciliation 
avec le Consistoire de Londres, proposée par les Freres assemblez au Colloque : Et iceus 
n’ayans rien plus avancé que les autres, Et les Freres du dit Consistoire demandans comment 
ils procéderont envers le susdit Michel De Montescot dit De la Tour, La Compagnie a ete 
d’avis, que puis que tant de remontrances et prières, tant des Freres Assemblez au Colloque 
que de ses Freres et compagnons Ministres, et ses amis réfugiez en cette ville, ne le pouvoyent 
amener a son devoir: Au cas qu’il ne se veuille reconcilier, et reconoitre l’authorité du 
Consistoire pour s’y ranger dedans la Cene prochaine, qu’il soit procédé contre luy comme 
contre un mutin et rebelle et infracteur de la Discipline Eclesiastique, Voire jusques a le 
suspendre de la Communion et de son Ministère. Pour laquelle chose luy dénoncer, le 24 e du 
dit mois, Mess rs Anthoine Lescaillet et Philip De la Mothe Ministres de la parole de Dieu, 
furent ordonnez et en firent leur devoir : Et neantmoins, ne leur donna non plus d’esperance 
qu’il avoit fait aus autres. Finalement a été avisé, que l’Eglise de Norwich demeurera, saisie 
des procedures et instructions du fait de Mons r Michel De montescot dit De la Tour Ministre 
de Rouen, pour les exhiber quand besoin sera. 



16. Quant a la question proposée par les Freres de Londres, assavoir s’il est licite ou ; 
expedient a un Ministre de la parole de Dieu de contribuer aus frais et a, l’equipage des 
Navires de guerre, lesquels en ce tems on met sur la mer, et participer au butin des Prises qui 
s’y font ? A été avisé, sans préjudicier aus lois et reglements des Princes pour le fait de la 
guerre, Qu’atendu les grandes et injustes depredations qui se font dez long tems sous ce pretexte 
par lesquelles même plusieurs de ceus qui font profesion de Religion ont été grandement 
endommagez ; Et que l’honneur du Ministère doit être soigneusement conservé de toute aparence 
de difame, soit d’avarice, on de gain deshonnête, et mécontentement du troupeau ; Il n est 
nullement convenable és Eglises réfugiées en ce Pais, composées pour la plupart de Marchands 
et Artisans, que les Freres qui ont charge en l’Eglise, et notamment du Ministère, s’entremettent 
en tels equipages de Navires de guerre, ni prendre part au butin qui en seroit provenu : et 
pourtant que les dits Freres s’en doivent du tout abstenir. 

17. L’Eglise de Cantorberi aura la charge de convoquer le Colloque prochain, au terme de 



COLLOQUE IX, CANTORBERY, 1590. 



19 



la foire de Londres prochainement venant, que l’on contera 1590 : Sinon que la nécessité des 
Eglises requiere que le terme soit avancé, par l’avis et consentement des dites Eglises. 

18 . Maître Pierre Durdes, autrement dit Despoir, Ministre de la parole de Dieu, et qui est 
a present en cette Eglise de Londres, s’est présenté a la Compagnie des Freres assemblez en 
Colloque, les requérant le vouloir ouir en ses plaintes qu’il avoit a faire contre les procedures 
que le Consistoire de l’Eglise de la langue françoise en Londres avoit tenu contre luy : Mais les 
Freres du Colloque, entendants que la reconciliation etoit entrevenue entre Luy et le dit 
Consistoire, Voire même que le dit Despoir y avoit interposé le nom de Dieu, Joint qu’il n’avoit 
point apelé au Colloque; quoy que toutes les deus parties pressassent les Freres du Colloque 
qu’ils prissent la conoissance des dites procedures, toutefois ils n’y ont voulu entendre, ains ont 
sollicité le dit Mons r Pierre Durdres dit Despoir, de se tenir en la reconciliation susdite, et de 
la ratifier en la presence des Ministres et Anciens du dit Consistoire, et de toute la Compagnie 
assemblée en Colloque, Ce qui fut fait le 22 e Janvier 1589. 



COLLOQUE IX. CANTORBERY, 1590. 

Les Actes du Colloque tenu a Cantorbery , Van 1590, le 27^ jour de 
Juin : auquel sont comparus, les Députez des Eglises de langue 
françoise réfugiées en ce Royaume. 

Apres l’invocation du nom de Dieu, Mons r Robert Le Maçon 
dit La Fontaine a été choisi pour présider en l’Action, et 
Philipe De la Moihe pour écrire. 

1. Suivant les reservations en l’Article premier du Colloque tenu a la Rye, et pour 
témoigner la liberté des Eglises, La présente Compagnie a aprouvé la Convocation présente des 
Députez des Eglises en cette Ville de Cantorbery, Les raisons ouïes lesquelles ont été aleguées 
par les Freres. 

2 . Apres avoir ouï l’avis de chaque Consistoire en particulier, sur l’Article 7 e du dernier 
Colloque tenu a Londres, Les Freres sont d’avis, que doresnavant en la fin des Colloques sera 
administrée la sainte Cene du Seigneur, es Eglises ou ils sont assemblez, pour tant plus 
témoigner l’union des Eglises tant en la Doctrine qu’en la Discipline, et pour plus grande 
edification et consolation des Eglises, en confirmant la concorde entre les parties, si d’aventure 
quelque dissension etoit avenue, et auroit été pacifiée par le dit Colloque : En quoy l’Eglise ou 
se fera le dit Colloque s’acommodera, pour le regard du tems, aus Freres qui y seront assemblez. 

3 . A été proposé, si quelque Pere vouloit presenter son enfant au Batême, sans aucun 
Parrein ou Marreine, savoir s’il pourroit être admis : A été répondu, qu’il etoit bon d’observer 
l’ordre de tout tems établi aus Eglises ; Et toutefois si quelque Pere, nonobstant toutes 
remontrances a luy faites, persistoit résolument a vouloir ainsi seul presenter son enfant, La 
Compagnie est d’avis de le soufrir, notamment quand il aparoitroit en cas de refus quelque 
danger de trouble en l’Eglise. 

4 . Quant a ceus qui se soustrairont de nos Eglises, pour se ranger aus Eglises Angloises, 
Les Freres ont jugé qu’il sera expedient que tels soyent déferez tant aus Magistrats qu’aus 
Pasteurs des dites Eglises Angloises, Et iceus avertis que tels n’êtans plus de notre Communion, 
ne sont plus aussi tenus pour nôtres, Et nous nous estimons délivrez et excusés du soin et 
charge tant de leurs âmes que de leurs nécessitez corporelles d’eus et de leurs enfans. 



20 



LIVRE DES COLLOQUES. 



5. Les Freres de l’Eglise de Cantorbery demandans cornent ils auront a se comporter 
envers une fille, laquelle auroit eu un enfant par paillardise, comme elle reconoît. et confesse ; 
Ayant toujours chargé même en son enfantement corne encore elle y persiste a present un des 
Freres home marié, Lequel ayant toujours nié et niant être coupable de ce fait, sans qu’il y en 
ait autre preuve, requiert d’avoir Témoignage pour se retirer aus Eglises de delà la mer ; 
Conseil a été donné aus Freres, de recevoir a repentance et reconciliation la dite fille, par la 
reconoissance de sa propre faute, puis qu’elle en donne bon et sufisant témoignage ; Et quant a 
Luy, qu’on ne luy peut du tout refuser témoignage, mais luy doit être donné, qualifié de la dite 
acusation et présomption vehemente. 

6. Le Frere Mons r Morel demandant congé a la Compagnie de se pouvoir décharger de la 
charge qu’il a exercée au Ministère en l’Eglise de la Kye, Avec conseil et aide pour se pourvoir 
ailleurs, ou il plaira a Dieu l’exercer ; Et ce par faute de moyen et entretenement de luy et de 
sa famille, s’il n’etoit qu’il y fût pourveu dedans la fin du mois de Septembre ; La Compagnie a 
été d’avis, que les Pasteurs et Anciens députez au Colloque, feront raport de ce fait aus 
Consistoires, pour voir s’il y aura quelque moyen d’entretenir le Ministère en la dite ville de la 
Kye : En defaut dequoy, Les Freres tienent le dit Sieur Morel pour bien et sufisamment 
déchargé de l’administration au dit lieu, avec promesse de leur aide et amitié, autant qu’ils luy 
en pourront donner témoignage. 

7. Pour éclaircissement de l’Article 14 e du Colloque tenu a Cantorbery, l’an 1584, touchant ; 
les noms qu’on peut imposer aus enfans au Batême ; A été avisé, en aprouvant le dit Article, ; 
qu’a l’instance des Peres qui voudront donner autres noms a leurs enfans que ceus qui sont 
contenus en l’Ecriture, s’ils persistent apres les avertissements a eus donnez, on pourra recevoir ; 
les noms receus et usitez de tout tems entre les Chrétiens, selon les lieus ou seront recueillies 
les Eglises : Excepté toutefois les noms ridicules, et qui resentent une curiosité trop prophane, j 
contre la dignité du sacré Batême, dequoy les Consistoires prendront conoissance. 

8 . Le June public et solennel avec prières extraordinaires, se célébrera es Eglises de notre 
langue, le plutôt que faire se pourra : L’assignation toutefois du jour prefis remise a la prudence 
de l’Eglise de Londres, pour être mi eus avertie de l’état et nécessité des Eglises, tant en France 
qu’en Flandres. 

9. L’Eglise de Hamptonne aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée, qui se 
devra faire des Eglises, qui luy donneront avis des ocurrences et nécessitez qu’elles pourront 
avoir de la dite Convocation. 



COLLOQUE X. NORWICH, 1593. 

Articles du Colloque des Eglises de la langue françoise recueillies 
en ce Royaume, tenu a Norwich, le 25 e d\ Avril et autres jours 
suivans, T An du Seigneur 1593. Auquel, apres V invocation du 
nom de Dieu, Mons r Lescaillet fut choisi pour modérer V Action, 
et Philipe De la Mothe pour écrire. 

1. Sur l’apel du Frere M e Nicolas Bayard, interjeté par luy de la Sentence du Consistoire 
de l’Eglise de Norwich, de suspension de la sainte Cene du Seigneur, par devant le Colloque ; 
Toutes choses ayant été meurement examinées de toutes parts, la Sentence definitive a été 
prononcée, tant au dit Frere Bayard qu’au Consistoire de la dite Eglise: Assavoir, dun cote 



COLLOQUE X, NORWICH, 1593, 



21 



que le Frere Bayard qui n’auroit point sufisant fondement sur lequel il peût bâtir un droit 
asseuré sur l’Eglise de Norwich, et se seroit grandement oublié d’avoir outragé avec plusieurs 
difames toute la Congregation en sermon public, et au Scandale des gens de bien, nonobstant 
l’incertitude de son dit droit prétendu, seroit requis de désister de sa demande, et reconoitre 
d’avoir ofensé Dieu et l’Eglise. D’autrepart, que le Consistoire qui auroit renvoyé au 
jugement du Peuple un fait douteus, sans se metre en devoir d’entrer en quelque communication 
amiable avec le dit Bayard pour le contenter ; Et se seroit par trop précipité de donner 
sentence de Suspension contre un Ministre de la Parole, sans convoquer quelques autres 
Pasteurs des autres Eglises, et l’apeler plus d’une fois a leur Compagnie, Seroit admonêté d’ôter 
la Suspension susdite, moyenant que Bayard confessât sa faute ; Et luy donner quelque 
honnête recompense, en consideration de ce qu’il a été surpris et circonvenu par ceus qui 
étoyent en charge en l’Eglise il y a set ans, pour le tenir lié et en suspens sans luy donner 
aucune assurance d’obligation mutuele. A ce jugement tous ont aquiescé, Si bien que la 
Suspension susdite a été levée, et étans reconciliez ont donné la main les uns aus autres en 
témoignage de fraternité mutuele. Les papiers et les Actes de ce diferent, et beaucoup 
de dépendances d’iceluy plus amplement décrites, ont été mis entre les mains des Freres 
de Hamptonne, par l’avis de la Compagnie du dit Colloque. 

2 . Si un Ministre est convaincu de crimes énormes et notoires, Il sera promtement déposé 
par le Consistoire, ayant apelé deus ou trois Pasteurs non suspects : Et au cas que le Délinquant 
se pleignît du Témoignage, ou de calomnie, Ce fait sera raporté au Colloque : Et s’il a prêché 
ou enseigné Doctrine heretique, Sera promtement suspendu par le Consistoire, deus ou trois 
Ministres a ce apelez comme dessus, en atendant que le Colloque en ait défini. Quant aus 
causes de déposition, elles ne seront point déclarées au peuple, si la nécessité ne le requiert, de 
laquelle le Consistoire jugera. 

3 . Sur la Question proposée par les Freres de Londres, Savoir a quelle condition et 
comment les Eglises se peuvent pourvoir de Pasteurs hors du Royaume ; A raison que les 
Freres de l’Eglise de Diépe ont envoyé a la Rye le Frere Mons r Denis, pour y administrer la 
Parole et là régir le Troupeau, Sans en avertir le reste du cors des Eglises de notre langue, La 
Compagnie a été d’avis, que doresnavant les Eglises de ce païs ne demanderont ni accepteront 
aucun Pasteur de delà la mer, sans en avoir communiqué aus Freres de deçà. 

4 . Touchant les Banqueroutiers, Les Freres ont avisé que les Consistoires des lieus ausquels 
ils sont, et lesquels peuvent mieus entendre les circonstances de leur ruptures, se gouverneront 
envers iceus selon leur prudence et discretion. 

5 . Pour éviter plusieurs inconvénients qui peuvent avenir, Les Eglises de delà la mer seront 
requises, au nom de cette Assemblée, de ne bénir devant la face de l’Eglise ou parachever le 
mariage de ceus qui depuis un an ou moins se sont transportez de nos Eglises vers eus, qu’au 
préalable ils n’enjoignent aus Parties qui se veulent aller de procurer que leurs anonces soyent 
publiées es Eglises dont ils sont partis, et raporter témoignage qu’il n’y auroit aucune oposition. 
Mons r Lescaillet a charge d’en écrire aus Eglises de Holande et Zelande, Mons r Basnage en 
écrit aus Eglises de France, et Mons r De la Mothe aus Iles de Jerzé et Guernezé.. 

6 . On ne fera aucun Batême sinon aus Assemblées Ecclesiastiques : Et ou les Parens, par 
infirmité, craindroyent quelque chose de leurs enfans par le defaut du Batême : Devant que 
donner lieu a aucune chose dont quelques uns prendroyent ocasion de Superstition, et d’atacher 
la grace de Dieu aus elements terriens, Ceus qui ont charge en l’Eglise les instruiront, consoleront, 
et tâcheront de leur ôter tout scrupule de Conscience. 

7 . Les Peres et Meres ne difereront défaire bâtiser leurs enfans, le moyen se présentant, és 
saintes Assemblées : Et ceus qui pour atendre des Parreins de dehors, ou pour quelques 
semblables raisons frivoles, le feront, seront admonêtez par leurs Anciens, et en cas de refus 



22 



LIVRE DES COLLOQUES. 



seront censurez severement, comme contemteurs du Sacrement et Seau de l’alianee de Dieu avec 
nous et nos enfans. 

8 . Les promesses que les Parreins répondans pour l’instruction des enfans ont acoûtumé de 
faire au Batême, ne seront autrement modérées, et ne sera rien innové au Formulaire du 
Batême usité en nos Eglises, Sinon qu’il soit autrement avisé par un Synode general. 

9. A la demande, comment on se comportera envers ceus qui refusent dêtre Témoins ou 
Parreins des petits enfans ? A été répondu, que si aucun le refuse pour quelques considerations 
probables, et non pas a tous, ne sera aucunement censuré : Mais s’il le fait absolument, et que 
son example dégoûte les autres de cette anciene Coutume receue en l’Eglise, et qui est tant 
louable et utile, sera admonêté et censuré, selon la prudence du Consistoire. 

10. Les Mariages par trop inégaus, comme d’un Vieillard hors d’âge de pouvoir engendrer 
avec une jeune fille ou Veuve : Et ceus qui se font entre personnes dont l’une est manifestement 
conuë maleficiée et impuissante, ou par nature ou par quelque autre accident, ne seront receus 
en nos Eglises : Pour ne mettre aucun de ceus qui sont capables du deu de mariage, en danger 
manifeste de tomber és lags du Diable. 

11. Ou la coutume de faire Predication a la Sepulture des morts n’est point, on se donnera 
garde de la y établir : Et quant aus lieus ou cela se pratique, on metra peine de l’abolir avec la 
meilleure comodité qu’on pourra. 

12. Sur la Proposition faite par les Freres de Norwich, touchant la veuve de feu Monsieur 
Marie leur Ministre décédé, La dite Eglise a été exhortée par l’authorité de l’Assemblée du 
Colloque de luy ordonner quelque honnête pension, en reconoissance des saints labeurs et travaus 
soutenus par feu son Mari au gouvernement de leur Eglise, et pour soulager la dite Veuve de 
la grande charge d’enfans qu’elle a. Icelle Veuve, par ordre de cette même Assemblée, a été 
exhortée de ne contemner l’ofice avantageus des Eglises de la langue françoise en Holande et 
Zelande, fait a l’un de ses fils ; qui est de l’entretenir en ses études, a condition qu’il soit obligé 
a leur service : Quant a l’autre, les Freres ont charge de parler chacun a leur Consistoire, pour 
voir si on pourra tirer quelque somme pour l’entretenir a Cambrige pour un An, jusques a 
tant qu’il ait trouvé meilleure condition de continuer ses études. 

13. Les Freres de Norwich ont été admonêtez par cette Assemblée du Colloque, de mieus 
dresser désormais leurs Actes, pour aquerir plus de fiance et authorité a leurs Regîtres, de peur 
des inconveniens qui peuvent survenir; et coucher au long expressément les suspensions 
particulières ou publiques, avec les causes et preuves d icelles : Les reconoissances aussi faites 
en Consistoire ou en public, avec le tems auquel elles sont faites. 

14. Le jûne public et solennel sera de bref célébré en nos Eglises, tant pour les calamitez 
présentes, que celles dont sommes menacez de plus en plus, tant en France qu’au Païs bas : La 
préscription toutefois du jour, et l’avertissement, en est remis aus Freres de Londres. 

15. L’ Eglise de Londres aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée de Colloque, 
environ la Saint Barthelemi en un an ; et les Eglises les avertiront de la nécessité qu’elles en 
pourront avoir. 

Quelques Actes particuliers, partie pour les Freres de Norwich, 
partie pour les Freres de Londres. 

16. Sur la Proposition faite par les Freres de Norwich, cornent ils se doivent comporter 
envers un certain suspect d’adultere, dequoy n’y a autre témoignage que de la feme du dit, qui 
auroit dit a quelque femme qu’elle avoit été gâtée de son mari ; Item d’une autre qui depose 
avoir été sollicitée de son honneur par le dit ; Item de quelque Anglois, qui afirme l’avoir veu 



COLLOQUE XI, NORWICH, 1594. 



23 



sur le fait; A été répondu, que jaçoit que ces témoignages ne soyent du tout a mépriser, 
neantmoins le Consistoire se contentera de le remettre au jugement de Dieu, Et cependant 
publication soit faite a l’Eglise, qu’elle ne s’ofense de le voir admis a la Communion pour n’être 
sufisament convaincu : Le même personnage apelé au Consistoire condescendra a cette 
ordonnance. 

17 . Anthoine Herissard ouï en la Compagnie du Colloque, sur la plainte qu’il faisoit contre 
le Consistoire de Norwich, ne nous a donné a conoître rien d’autre que quelques témoins 
singuliers, deposans avoir ouï de la bouche d’une certaine fille qu’elle avoit été contrainte par 
force et menaces de confesser ce quelle avoit dit, Savoir est qu’elle auroit été subornée par le 
dit Herissard et sa feme a dérober de son Maître : Les Freres assemblez, considerans toutes 
choses concernantes ce fait, par plusieurs remontrances ont amené le dit Herissard a se reconcilier 
au dit Consistoire, en reconoissant s’être par trop oublié envers iceluy par irreverence et rebellion 
obstinée ; Confesser qu’il etoit marri d’y avoir procédé de la sorte ; Que s’il l’avoit encore afaire 
se garderoit de le faire, ains suivroit le bon conseil de son Consistoire : Item qu’il se reconcilieroit 
avec sa partie, Ce qui a été fait, Et le Consistoire exhorté de se contenter de ce que dessus, 
ayant egard a l’infirmité du dit personnage, qui a besoin de Consolation, Et les Freres de Londres 
ont été mis en liberté de l’admetre a la Comunion. Quant a la femme du dit, laquelle s’est 
oubliée davantage, Voire jusques a acuser haut et clair de mensonge son Pasteur, lors que la 
suspension fut publiée a l’issuë de l’Assemblée, A été avisé qu’icelle aussi seroit induite a faire 
ce que dessus par écrit, puis quelle ne pouvoit être présente en la dite Assemblée, Et que la 
repentance sera publiée en l’Eglise de Norwich pour lever le scandale public commis par elle, 
Ausquelles choses le dit Consistoire a aquiescé. 



COLLOQUE XL NORWICH 1594 . 

Les Articles du Colloque des Eglises de la langue françoise re- 
cueillies en ce Royaume , sous la protection cle la Serenissime 
Reyne Elizabeth, tenu a Norwich le 15 " jour d’ Avril et aus 
suivans, Van de grace 1594 . Duquel, apres V invocation du nom 
de Dieu, Mons r Castel fut éleu pour modérer V Action, et Mons r 
Etiéne Latelais pour écrire. 

1. Sur les Raisons qu’auroyent eu les Anciens de l’Eglise de Norwich de procurer la Con- 
vocation du Colloque, et Mons r Basnage de la refuser, avec plusieurs autres griefs et plaintes 
proposées de toutes parts, Les Freres députez des autres Eglises leur ont demandé s’ils vou- 
loyent se soumettre a leur jugement, et aquiescer a la Sentence qu’ils en donneroyent en la 
crainte de Dieu, pour ôter les causes du mal et établir un bon ordre en leur gouvernement: Or 
corne ainsi soit qu’ils l’ont tous acordé et Ministre et Surveillans avec protestation, nous avons 
prononcé de tous les faits et diferents en la maniéré qui s’ensuit. 

2 . Dautant que de toute anciéneté les Synodes et les Colloques ont été les Lieus et apuys 
de l’union et concorde des Eglises, contre les Schismes Heresies et autres inconveniens ; Et que 
le cors du Consistoire de Norwich est divisé, Le Ministre contre les Anciens, Les Anciens 
contre le Ministre, non pour la Doctrine (loué soit Dieu) ains pour quelque devoirs prétendus 
d’une part et d’autre avoir défailli, pour la droite administration de la Discipline, et sur 
lesquels ils ne se pouvoyent acorder ensemble, ni vuider leurs diferens : Apres avoir ouï 
paisiblement les demandes et réponses, et examiné en la crainte de Dieu les alegations et 



24 



LIVRE DES COLLOQUES. 



preuves, Nous trouvons que les Surveillans ont eu juste ocasion de procurer la convocation 
du Colloque, Et que les Freres de Londres avec un grand zele et prudence l’ont dénoncé, pour 
être tenu en cette ville, Afin qu’on sache qu’il n’y a rien qui empêche que selon les ocasions on 
ne s’assemble diverses fois en un même lieu. Nous interprétons avec charité les Raisons pour 
lesquelles Mons r Basnage n’a pas voulu se joindre avec son Consistoire : Neantmoins nous 
eussions désiré qu’il eût condescendu au désir d’iceluy, puis qu’il avoit demandé son congé 
quelque conditionel qu’il fût, Sans plaindre les frais et labeurs des autres Eglises, Veu quelles 
ne les plaignent pas pour le désir de la pais et conservation du Saint Ministère. Si bien que 
nous ne pouvons aprouver la soumission qu’il a faite, nous n entendons pas aus Diacres 
pourveu qu’il y eût moyen de les acompagner de quelque nombre d Anciens, ams a quelques 
uns du Peuple ; Et ne peut ignorer que de tout tems les diferens Eclesiastiques (et celuycy est 
de cette espece) ne se peuvent vuider par ceus qui n’ont point de charge en l’Eglise ; Actes 
des Faits particuliers, Article 2, du Synode national de France, tenu a Lyon, l’an quinze cens 
soissante et trois ; Et toutes les ouvertures sont pernicieuses, ne tendant qu’a une Anarchie 
populaire, éloignée de la gravité et Tordre qui doit paraître au Gouvernement de l’Eglise, Or 
nous ne dissimulerons pas que trop juste matière de tristesses et doléances nous est donnée, 
a cause des desordres survenus depuis quelque diz mois, pour avoir méprisé le reglement quon 
avoit donné au dernier Colloque pour l’execution des charges du Ministre et Anciens 
au Consistoire, lesquels ont été répandus comme par contagion sur le general del Eglise: De 
sorte que nous Ministres de Christ, et Coadjuteurs en 1 oeuvre du Seigneur, Adjurons au nom 
de Dieu, et par l’authorité qu’il nous done, Ceus qui cette année ont eu la conduite du 
Troupeau, et Pasteur et Surveillans, d’aviser comment ils pourront devant le trône, du 
Dieu vivant décharger leurs Consciences d’ignorance legéreté et malice. Nous desirons 
que quelques uns des Anciens ayent meilleure opinion de Mons r Basnage, qui travaille 
pour leurs âmes ; le prévienent par honneur ; ne soyent point Contentieus et commandent 
a leurs afections, pour ne résister point au mal avec violence, ains le surmonter par douceur et 
clemence. Nous requérons que Mons r Basnage enseigne l’Evangile sans artifice humain par 
trop curieus, et éloigné de la Simplicité Apostolique ; Qu il ne soit point Soupçonnées , Que 
nulle parole de risée qui est sans edification et profit ne sorte point de sa bouche ; Quil ne soit 
point adonné a son sens ; Qu’il preside tellement au Consistoire qu il soit miroii de modestie , 
Qu’il ne domine point sur ceus lesquels l’Esprit de Dieu luy a ajoint .pour entretenir 1 Eglise, 
afin qu’il n’en fasse pas des Idoles - ; Qu’il soit amateur des lions et entier en toutes ses actions , 
Bref, que tous conversent comme en la maison de Dieu ; Sans ressembler a ce serviteur lequel 
voyant son Maître tarder long tems est outrageus et dissolu envers ses . compagnons. Que si 
apres avoir fait tant de devoirs, les brebis du Seigneur vienent a se dissiper, par 1 orgueil, et 
outrecuidance de quelques uns, Nous promettons que nos Eglises ne se. lasseront point de bien 
faire, et employeront ce que Dieu leur donnera pour découvrir ceus qui gâtent tout : Mais dez 
maintenant nous apelons ciel et terre en témoignage, que nous sommes inocens du sang de ceus 
qui voudront se perdre, et enveloper les autres en leurs crimes. Et afin que nos deliberations 
sortent plus grand efet, Nous ordonnons que toutes choses demeureront du tout ensevelies , 
Et qu’en signe de reconciliation on donne les mains les uns aus autres.. . Que Mons r Basnage le 
premier, comme celuy qui doit servir de lumière, demande 1 amitié de ses Anciens, avec 
promesses de conformer ses Actions et paroles a la regie de charité ; Que les Anciens 
témoignent de l’embrasser de tout leur coeur, et luy vouloir porter la. reverence qui luy 
apartient ; Qu’en chaque censure et en la presence des Diacres lecture soit faite des Articles du 
devoir réciproque du Ministre et Anciens faits en la derniere convocation, et couchez par écrit 
aus Regîtres de leur consistoire ; Que les Anciens qui entreront de tems en tems soyent tenus 
avec le Pasteur de s’y assujettir, Et les Diacres tiénent soigneusement la main, en telles 
Assemblées, qui se font quatre fois l’année, a ce qu’ils découvrent si quelcun soit Ministre ou 
Ancien contrevient a l’observation d’iceus pour le reprimer; Que Mons r . Basnage declaie au 
sermon Dimanche prochain, auquel la Cene sera administrée en signe d union, que Ce Colloque 
a eu juste ocasion de s’assembler, afin que le peuple désisté de blâmer personne, que plûtôt il 
loue Dieu de l’amour que luy portent les autres Eglises de notre langue recueillies en ce 
Royaume ; Qu’il donne avertissement que ses Anciens sont d’acord avec luy, et luy avec les 



COLLOQUE XI, NORWICH, 1594. 



25 



Anciens, Lesquels n’ont demandé et ne demandent rien d’autre sinon que son Ministère soit 
utile et profitable ; Requérant qu’on ne les aye point en mauvaise odeur, mais qu’on les 
reconoisse Serviteurs de Dieu, afin qu’ils poursuivent leur vocation avec alegresse ; Finalement 
qu’il promette de ne controller point les actions de ces derniers Colloques ; de fermer la bouche 
a ceus qui en voudront médire ; de ne consentir point ains empêcher de tout son pouvoir toutes 
factions et menées populaires, conventicules, Assemblées secretes et clandestines, faites au 
désceu de ceus qui ont la conduite de l’Eglise, quelque couverture qu’on leur donne ; Et en 
aprobation de ce que dessus, Signent tous avec les Députez des autres Eglises deus examplaires 
de cette Sentence, dont l’un demeurera aus Actes du Consistoire de Norwich, l’autre sera gardé 
avec les autres papiers par les Freres de Londres. 

3 . Les Freres par ocasion entendent, qu’un enfant auroit été renvoyé sans Batême, nonobstant 
que la forme d’administrer le Sacrement eût été leuë ; Et ce dautant que le Pere perseveroit de 
luy donner le nom de Chrêtiene, lequel les Ministre et Anciens ne vouloyent admettre, et pensent 
que cela ne doit passer sans avertissent : Car combien qu’il y eût dautres enfans qui furent 
marquez du lavement de regeneration en la même action, Toutefois ils disent, dautant que la 
consecration avoit été déjà faite, par lecture de l’ordonnance de Dieu et de la signification du 

' Batême, par les prières publiques de l’Eglise, et promesses du Pere et Parreins, et que cet enfant 
étoit compris en toutes ces choses, avec expresse délibération et preparation de luy apliquer le 
seau de l’Aliance que le Seigneur fait avec les siens et leur semence ; Il n’a pas tenu au Ministre 
que la declaration de la promesse réciproque assavoir de Dieu pour recevoir cet enfant en son 
Eglise et de l’Eglise pour le luy donner et dedier n’ait été vuide et de nul efet : C’est a dire que 
Dieu n’ait été réputé muable et a un moment sujet a changement. A le vérité, le Ministre 
représentant la personne de Christ expose que la volonté de Dieu est de prendre cet enfant sous 
sa protection, luy être Sauveur et Rédempteur, et luy donner la marque certaine de son 
adoption : Cependant, au bout de cela, le même Pasteur viendra a l’en exclure, c’est a dire 
montrer que le Seigneur a changé de propos, Et qu’il n’est rien de tout ce que dessus ; Et ce 
qu’on a cuidé que le nom qu’on luy vouloit imposer etoit indigne, n’est pas juste cause pour 
refuser a l’enfant le Batême. On confesse que l’Eglise doit tenir la main que les noms qu’on 
donne aus eufans soyent séants et honnêtes, dignes de ceus qui sont en la maison de Dieu : 
Mais il n’est pas beau que le Serviteur, quelque grand qu’il soit, ajoûte ou corige quelque 
chose a l’ordonnance de son Maître, ou la retiéne de son authorité particulière pour autres 
raisons que celles qui nous sont prescrites en la parole de Dieu. Il suât dit l’Apôtre que nous 
soyons nez de Peres fideles, que nous soyons saintes dez le ventre de nos Meres : Et partant les 
hommes veulent être plus sages que l’Esprit, quand ils exigent d’autres conditions pour les enfans ; 
Et nous nous émerveillons que ce refus n’a point aporté plus de scandale a l’Eglise et trouble 
aus consciences de ceus a qui le fait apartient. A raison dequoy, nous prions les Freres d’être 
plus avisez, a ce que telles choses n’avienent plus ; Et dautant que les Parents ne sont pas aussi 
exemts de faute, desirons qu’on les remarque pour le mépris insuportable qu’ils ont fait du 
Sacrement de l’Aliance de Dieu, aimans mieus que leur enfant fût privé du Batême, et de l’efet 
des prières de l’Eglise, et eus de la consolation que Dieu donne aus siens quand il declare qu’il 
veut avoir le soin de leurs petits enfans, que d’ obtempérer au Consistoire en une chose 
indiferente, et lequel par mégarde au nom dont il est question pouvoit aprehender de faire 
quelque ouverture mal convenable. 

Declaration faite , le Dimanche 21 e d Avril, par Mons r Basnage, 
pour donner quelque contentement au Peuple, et témoigner de 
la reconciliation mutuele entre luy et ses Anciens. 

* 

4 . Le Diable, qui est un énemi fin et caut, ne cherche qu’a jeter de la mauvaise semence au 
1 champ du Seigneur, afin d’étoufer la bonne, tandis que le Maître fait semblant de n’y prendre 
I pas garde : Et pleût a Dieu que nous fussions allez au devant de luy, ou bien que nous eussions 
• soûtenu son assaut, non pas avec tintamarres et crieries pleines de menées et contentions, ains 



D 



26 



LIVRE DES COLLOQUES. 



avec un esprit contrit et désolé ; dautant que cet adversaire ne quite pas la place, et ne se rend 
point sinon par jûnes et oraisons. Or Dieu nous a prévenus en nos maus, Et ces deus. dernieres 
années mis au coeur des autres Eglises de notre langue en ce Royaume d’acourir hâtivement a 
notre secours, et aporter de l’eau en nos embrasemens. En la precedente année notre état n’etoit 
guere bon, car déjà les mécontentemens et desordres prenoyent racine : Et les Freres .du 
Colloque terminèrent nos diferens avec une grande équité et droiture, et comme la gloire de Dieu 
et l’édification de l’Eglise le requeroit. Les fondemens de ce jugement ont été legitimes, combien 
qu’ils soyent cachez a plusieurs : il n’est pas raisonnable que pour cela personne gronde. 
Les Peres ne sont pas toujours tenus de rendre raison de leur faits a leurs enfans ; Il sufit i 
qu’ils conoissent qu’iceus raportent tous leurs soins a leur bien ; que s’il y a quelques uns qui 
murmurent comme Coré Datam et Abiram, nous dénonçons que l’Eglise de Dieu n’a point telle i 
coutume. En la présente notre condition n’a pas été trouvée meilleure, plutôt pire, pour les 
aigreurs et distractions violentes par lesquelles nous savons quelles mauvaises influences sont 
épandues au large, et sans y penser mettent en pièces le cors de Christ : Dieu ayant voulu nous 
humilier avec l’experience de notre 'coruption et impuissance, a ce que grands et petits, hommes 
et femmes, jeunes et vieus, riches et pauvres, aprenions désormais de prendre soigneusement j 
garde a nous, et parachever notre salut avec crainte et tremblement. Pour ces causes donc 
nous vous déclarons, que par une singulière providence du Seigneur, et fort a propos, la [ 
Convocation a été faite en ce lieu ; et avons tous argument de nous réjouir de la presence et ' 
assistance d’icelle, en laquelle les autres Eglises ont donné un bel efet de la sainte et étroite i. 
union quelles ont avec nous : Et parce qu’il y en a plusieurs, lesquels jetans les.yeus sur nous 
qui avons la conduite du Troupeau du Seigneur, s’atendent d’avoir quelque témoignage du bien ! 
et profit que leur auroit produit cette Assemblée ; et qu’il n’est pas séant que nous cachions la I 
lumière, mais que les premiers fassions paroître la faveur de Dieu envers nous, pour mettre j 
en votre coeur matière de liesse, et en votre bouche sujet d’action de graces au Seigneur; Je j 
vous signifie maintenant, que toutes ofenses étant ôtées au cors du Consistoire, Les Anciens j 
sont de bon acord avec moy, qui suis votre Pasteur, et moy avec les Anciens ; et qu’iceus n’ont 
cherché et ne cherchent encore rien d’autre sinon que tous nos comportemens et en public et en 
particulier soyent reglez selon la parole de Dieu et Discipline Eclesiastique, pour rendre notre ; 
Ministère utile et profitable : A raison dequoy, comme de leur part ils ont protesté de m’élargir 
le coeur de leur amitié, et tâcher de décharger ma vocation de blâme, J e requiers aussi de mon 
côté, que tous fideles les ayent en bonne odeur, et les reconoissent pour Serviteurs du Seigneur ; 
afin que tous puissions travailler en l’oeuvre de Dieu pour votre salut avec alegresse. . Vous 
n’ignorez pas, qu’en ce saint et sacré college de Christ, les Disciples ont combatu de la primauté | 
entre eus avec scandales : et qu’en ce couple de grands et excellens personnages et Apôtres 1 
assavoir Paul et Barnabas, il y a eu de l’irritation, avec laquelle ils se sont séparez, quand 
l’un a voulu l’autre retenir Jean Marc. Le Seigneur veut qu’il y ait une echarde en notre 
chair, un Ange de Satan pour nous bufeter, a ce que nous ne nous élevions outre mesure. 
Cependant pour ce qu’il nous fait cet honneur de tenir le premier degré en son Eglise, et que 
nous pouvons être aucunement acomparez a la Tête du cors, pour les fonctions extérieures qui 
apartienent au gouvernement Eclesiastique, Laquelle, quand elle est bonne, elle digéré 
facilement beaucoup d’humeurs et exhalaisons mauvaises, quand elle est malfaite, elle ne peut 
les repousser, et étant infirme gâte tout le reste du cors ; Bref que nous avons tant et tant 
d’ocasions de nous défier de nous mêmes, au lieu auquel nous sommes ; nous vous exhortons 
au nom de Dieu, que vous nous aidiez de vos prières, a ce que nous soyons ornez de dons et de 
vertus avec lesquelles nous soyons jalous de vous, et qui soyent propres a vous aproprier a un 
Mari, et vous presenter comme une Vierge chaste a Jesus Christ; cest a dire embellir 1 Eglise i 
sur laquelle l’Esprit de Dieu nous a constituez Evêques, et l’orner en toutes sortes, qu il ny ait 
ni tache ni ride qui viole l’honnêteté digne d’un peuple entier et sans coruption, purifié par la 
foy en la predication de l’Evangile. 

5 . Les Freres Diacres apelez au Colloque, ont été avertis de lauthorite que. les Freres leur ^ 
donnent par notre ordonnance precedente, a ce qu’ils procurent avec le Ministre et Anciens, 
qu’en chaque censure, qui se doit faire de trois en trois mois, Les Articles aretez au dernier 



COLLOQUE XI, NORWICH, 1594 . 



27 



Colloque le premier May Mille cinq cens quatre vints treize, et couchez par écrit au Regît re du 
Consistoire de Norwich, soyent leus ; Et s’enquierent soigneusement s’il y en a qui contrevienent, 
pour leur donner soit au Ministre soit aus Anciens délinquants censures convenables a leur 
mépris ; afin qu’ils confirment l’etablissement de la pais au Consistoire. Plus ont été requis 
être contents des Anciens qui auroyent prié l’Eglise de Londres de convoquer le Colloque, sans 
leur en donner avis : Car comme on n’oseroit refuser a aucun particulier d’apeler a l’assemblée 
des Eglises de notre langue recueillies en ce Royaume ; Aussi on ne pouvoit ôter la pareille 
liberté aus Surveillans joints tous hormis un en même cause, et êtans tous en diferens avec leur 
Ministre, sans leur faire un tort manifeste. 

6 . On a convenu, que Mons 1 ' Basnage continuera jusques a la S* Jean prochaine, de lire au 
peuple les ordonnances de ceus qui ont le gouvernement de la Police civile, selon les ocasions 
qu’ils auront de le requérir, de crainte que les scandales ne multiplient, et les crimes demeurent 
impunis par faute de ne metre en efet leurs jugemens. Ceus qui ont la charge de la police 
civile, déchargeront Mons r Basnage de cet ofice au même tems, et y pourvoiront par quelque 
autre ordre, nonobstant la coutume, afin de le délivrer du juste scruple qu’il en fait en sa 
conscience : Et les Freres avouent ce que tous confessent et reconoissent en simplicité de 
conscience, que c’est une chose mal convenable que la Chaire de l’Evangile soit convertie en un 
Echafaut pour faire des cris et publications civiles : que le Ministre de Christ soit oficier des 
Cohues et jugemens d’icelles ; et que ce qui apartient au gouvernement extérieur de cette vie 
présente, soit confondu avec ce qui est proprement de la conduite des consciences. 

7 . , Dautant que la charge des susdits Hommes, qui ont le Gouvernement de la police civile, 

! est d obvier aus desordres et confusions que les particuliers voudroyent commetre, pour 

troubler le repos de l’Eglise ; et que plusieurs choses sont avenues depuis n’aguere, qui 
: tendoyent a sedition, et ne leur etoyent pas inconues ; Ils ont été derechef priez de venir au 
| Colloque, et leur a on proposé le danger auquel peu s’en est falu la pluspart du peuple a mis 
1 Eglise, avec ses menées et Assemblées clandestines ; afin qu’a l’avenir ils s’oposent a ces 
factions populaires, quelque couverture qu’on leur donne, et employ ent leur authorité a 
reprimer ceus qui seroyent les autheurs d’icelles ; Ce qu’ils ont promis de faire. 

8 . Les quatre qui furent choisis du peuple, pour proposer au Consistoire la demande qu’il 
faisoit, d’areter le Colloque et le contremander aus Eglises, afin que Ministre et Anciens se 
soumissent a luy, ou a ceus qu’il deputeroit, pour les diferens qui etoyent au Consistoire, ont 
été avertis de la faute qu’ils ont commise, d’avoir été les uns instruments de cette émeute 
populaire contre les Anciens, les autres prêté par trop aisément leur consentement pour se 
laisser emporter par icelle, sans faire aucune resistance ; et tous, d’avoir voulu donner 
empêchement a une chose louable et sainte, assavoir a la convocation du Colloque, estimé et 
aprouvé de tout tems être le lien et l’apuy de la pais et union des Eglises, contre les heresies 
schismes et autres inconveniens ; nonobstant qu’ils ayent promis solennelement de n’atenter 
rien contre 1 ordre de la Discipline Eclesiastique, et que quelques uns d’entre eus exercent a 
present charge publique en la police, les autres ayent servi d’ Anciens et Diacres en l’Eglise. Or 
come ils ont receu la remontrance de bonne part ; promis d’honorer leurs surveillans ; 
reconoitre que leur vocation vient de Dieu, et s’étudier a la conservation de l’ordre ; ont été 
renvoyez, et le Consistoire admonêté de ne les rechercher plus. 

9 . Sur la demande que Mons r Basnage a faite, que les Freres se voulussent employer a ce 
quil fust renvoyé en France, et que l’Eglise de Norwich ne demeurât destituée de Pasteur par 
son absence. Les Freres ont trouvé bon luy signifier, que Veu l’état auquel est encore la France; 

eu la condition de sa personne; Yeu la disposition de l’Eglise, laquelle au tems de sa nécessité 
auroit montré et montroit encore toujours grands témoignages d’amour en son endroit ; Il n’est 
pas expedient qu il pense a son partem* ; Que ce seroit une chose dangereuse si nous procurions 
envers les Eglises de Normandie qu’il fût rapelé ; Que nous ne voyons aucunes raisons 
| Pour lesquelles il doive le faire luy même : Si Dieu a ordonné de le rétablir au païs, il doit 



28 



LIVRE DES COLLOQUES. 



atendre sa vocation, laquelle il saura bien manifester en son terns, sans qu’il previere la Providence j 
du Seigneur ; Et quand bien il seroit requis par sa providence d’aler en France, les Freres | 
entendent, que selon la promesse faite au Colloque precedent, Il le doit faire paroître aus autres 
Eglises de notre langue en ce Royaume, trois mois auparavant qu il se retire, a ce quelles ayent 
moyen de pourvoir au bien et conservation de ce Troupeau. 

10 . L’ Eglise de Cantorbery aura la charge de convoquer le prochain Colloque, a la ville de 
Londres, environ la S* Berthelemi, que l’on contera 1595 ; au cas qu’il ne surviene quelque 
ocasion pour l’avancer ou retarder. 

Les faits particuliers. 



11 François Malbran, apelé au Colloque, pour avoir mieus aimé emporter son enfant a la 
maison hors de l’Eglise sans Batême, combien que la lecture de l’Ordonnance du Seigneur, les 
prières de l’Eglise, et la promesse eussent déjà été faites, que de désister de son propos, avec 
lequel contre le vouloir et remontrance du Consistoire il s’étoit opiniâtré de retenir le nom de , 
Chrêtiene ; A été admonêté du scandale donné aus fideles ; du mépris du Saint Sacrement avec 1 
lequel le Seioneur reçoit en sa protection et sauvegarde nos enfans ; et donne une très grande 
consolation aus Peres; du peu de sentiment qu’il a eu en sa conscience, n’aprehendant pas le j 
danger auquel il exposit et soy et l’enfant qui luy etoit nouvelement né : Et ayant declare etre 
très marri de son péché, et qu’il en demandait pardon a Dieu et a 1 Eglise, Il a ete renvoyé, et 
le Consistoire requis d’admetre ce témoignage de repentance. 



12 . Nicolas De la Mare s’étant présenté a l’Assemblée, a requis les Freres de l’aider, a ce 
qu’avec le raport que peut faire l’Eglise de Hamptonne touchant sa pieté et conduite, ceus de 
Londres le reçoivent a la communion de la Cene ; Et que par l’authorite de la Compagnie sa 
femme soit exhortée de le suivre, pour le venir trouver et faire sa demeure en la dite ville 
avec luy: La dessus remontrance luy a été faite de sa vie mal ordonnée et pleine d oisiveté, 
du peu de soin qu’il a il y a long tems de sa famille, de son esprit volage et qui ne demande 
qu’a courir, de la juste crainte qu’il donne qu’en voulant s habituer a Londres ü ne tuyeun 
travail honnête auquel il se pourroit apliquer mieus ou est sa femme qu ailleurs, et demande a 
charger l’Eglise comme il a fait déjà auparavant : Toutefois, avec ses protestations et promesses 
de mieus faire, arguments certains de l’impuissance de son cors a cause des grandes blessures 
dont il port les cicatrices, et marques qu’il donne de vouloir toujours demeurer en la maison 
de Dieu, a cause de sa diligence et assiduité a la lecture et ouïe de la Parole On a trouve bon 
de l’encourager, et admonêter de se retirer prez sa femme, suivant le^ désir quelle a de m 
recevoir moyenant qu’il ait afection de s’adonner a quelque metier honnête : Qui si apres s etre 
mis en devoir d’aprende quelque état au dit lieu, il n’en peut venir a bout par son infirmité, et 
fait paroître qu’il pourra mieus faire son profit et gagner sa vie avec ses mains dans Londres ; 
Les Freres de la dite ville sont priez de tolerer ce qui ne peut être change a cause de 1 age, et 
autant qu’ils le pourront faire sans scandale et incommodité, l’admetant a la Cene, avec le 
témoignage que le Consistoire de Hamptonne rendra des choses precedentes, et de son meilleur 
comportement. 



13 . Jeane Housset, acusée d’empoisonnement il y a quatre ans. ou environ par devant le 
Magistrat (lequel n’auroit voulu procéder a une determination entière de son tait par faute e 
preuves pour en donner sentence definitive) ce qui seroit la cause pour laquelle elle auroit e 
suspendue de la Cene, A fait entendre aus Freres au Colloque ses plaintes, requérant avec 
plusieurs protestations de son inocence par paroles, qu’on ait pitié d’elle pour donner consolation 
a sa pauvre conscience ; Or corne on a jugé convenable d’ouir les Peres et Meres des enfans a 
mort desquels elle auroit suivant leur dire procurée par poison, ensemble les mémoires et 
instructions que le Consistoire a peu avoir touchant la dite afaire ; Dautant qu elle persiste en 
ses negations, qu’il n’y a point de preuve pour la rendre convaincue, et qu en un tait douteus 
l’Eglise prend toujours les choses en mieus, et par charité admet ceus qui pressent avec grande 



COLLOQUE XII, CANTORBURY, 1595. 



29 



afection de vivre et mourir en la maison de Dieu, nonobstant qu’en une bonne partie il n’y ait 
qu’hypocrisie, et les pechez ne vienent pas toujours en evidence pour en juger, On a trouvé bon 
a cause de la longueur du tems, durant lequel il semble bien qu’il y avoit moyen de découvrir 
le mal pour le verifier, que les Freres du Consistoire luy doivent acorder sa demande ; declarans 
au peuple qu’on n’entend pas déroger en rien de l’authorité du Magistrat pour la justifier ou 
condanner, mais qu’en remetant le tout a la Providence de Dieu, qui saura un jour bien metre la 
vérité en evidence, on ne peut que la recevoir, et se contenter de la remetre a sa conscience, 
afin que refusant de donner gloire a Dieu et confesser ce qui est, si elle est coupable, elle ne 
rende point sa condannation plus grieve. 



COLLOQUE XII. CANTORBURY, 1595 . 

Les Articles du Colloque tenu a Cantorbury les 21 , 22 , 23 , 24 , 25 , 
26 , 27 , 28 e jours de May , 1595 . Auquel ont assisté, 

De la part de V Eglise de Londres , Mons r De la Fontaine 
Ministre, et Martin Hardet Ancien ; 

De la part de T Eglise de Norwich , Mons r Basnage Ministre, 
et J ean Le Febvre Ancien ; 

De celle de Ccmtorbery, Mons r Eescaillet Ministre, et Marc 
Blan-chart Ancien ; 

De celle de Hamptonne , Philipe De la Motte Ministre, et 
Jean Mercier Ancien. 

Auquel, apres l’invocation du nom de Dieu, Mons r De La Fon- 
taine a été éleu pour modérer l’Action, et Pliilipe De la Motte 
pour écrire. 

1. Sur le fait de la suspension de la Cene, ordonné par le Consistoire, et depuis publiée, en 
l’Assemblée de la langue françoise a Cantorbery, le 26 e de May 1594, a l’encontre de Jean 
Lubon, Nicolas De Molan, et Jean Chartier, membres de la dite Eglise, et complaignans du tort 
qu’ils prétendent avoir receu de la part du dit Consistoire, Après avoir bien et deuëment 
examiné tant les Actes et ensemble la sentence et les raisons du dit Consistoire, que les 
défenses alegations et preuves produites par les susdits complaignans, Les examens des Témoins 
et témoignages soit verbalement ou par écrit par les parties mis en avant, et generalement tout 
ce qui fait a considérer pour l’importance de la cause, Les Ministres et Anciens députez des 
Eglises, après les parties respectivement ouyes, ayans la crainte de Dieu devant les yeus, et 
selon qu’en leurs consciences ils en veulent répondre a sa Majesté divine, ont dit et ordonné, 
disent et ordonnent, ces choses qui ensuivent. 

2 . Premièrement, qu’en l’acusation de Jean Luton et au difame qui s’en est ensuivi de sa 
part, contre Charlotte Luton femme d’Anthoine Bailleu sa Tante, outre ce que par luy les Lois 
de nature ont été violées, en ce que pour satisfaire a ses passions il n’a point eu de honte de 
vouloir rendre infâme tout son parentage, voire soy même, et de deterrer avec renouvélement 
de deshonneur la mémoire de son défunt Pere ; outre cela disons nous, il a violé la regie de 
la charité chrêtiene et de l’édification comune, prétendant parler de choses, quand bien elles 
seroyent vrayes, avenues hors de ce Royaume, 25 ou 30 ans auparavant, et au tems de leur 
ignorance, en rejetant toutes les sollicitations et remontrances de l’Eglise: Mais encore au 
surplus, et au fond de la dite acusation, se trouvant le dit Luthon défaillir en preuves 
sufisantes, touchant le crime par luy imposé a sa dite Tante. Pour cette cause, les susdits 



30 



LIVRE DES COLLOQUES 



Freres Ministres et Anciens députez des Eglises, ont apronvé et aprouvent, confirmé et 
confirment, la dite sentence de Consistoire et suspension qui s’en est ensuivie : Et pourtant 
ordonnent, que le dit Lu thon sera induit par toutes voyes a demander pardon a Dieu et a l’Eglise 
et a sa Tante pour les scandales par luy dotiez dev* et apres la dite sentence afin que par vraye 
repentance il puisse être receu a la pais de l’Eglise. 

3 . Et quant a Nicolas De Mollan, lequel apres avoir donné son témoignage comme 
il afirmoit de vérité, et ce au Consistoire, a la décharge de la dite Charlotte, avec laquelle aussi 
suivant cela il avoit été reconcilié ; Atendu que depuis la dite reconciliation il s’est conjoint aus 
blâmes difames et scandales du dit Jean Luthon ; Non seulement il s’est par ses comportemens 
privé par sa legereté et inconstance de juste authorité en son témoignage touchant ce fait, mais 
aussi rendu coupable des fautes et troubles qui en sont survenus. Pour lesquelles raisons, Les 
Freres susdits députez des Eglises, en ratifiant la sentence du dit Consistoire, prononcée contre 
le dit Mollan, ont ordonné que le dit Mollan sera pareil! euh induit de reconoitre publiquement 
la faute par luy commise en une telle procedure. 

4 . Et touchant Jean Chartier, pour s’être temerairement et sans propos avancé en une 
acusation de personnes de long tems décédées, dont il n’étoit point question au fait pour lequel 
il étoit produit témoignage ; et neantmoins, pour avoir depuis poursuivi son acusation, non 
seulement contre Jehanne Coflfry mere de long tems décedée, mais aussi contre la dite Charlotte 
et Anthoine Bailleu son Mari, et sans avoir produit témoignage sufisant ni valable pour la 
verification d’un tel crime, C’est pourquoy les dits Freres Députez, suivant l’authorité de la 
sentence de Mons 1 ' Le Mayeur, comme très bien fondée, et aprouvant celle qui a été publiée par 
le dit Consistoire, Disent que le dit Chartier doit être induit et en toute sorte a désister pour 
l’avenir tant luy que tous les autres de tels blâmes et propos difamatoires, et par reconoissance 
de ses fautes passées, chercher reconciliation avec Dieu et cette Eglise et les Parties ofensées. 

5 . Et quant a Charlotte Luthon, femme d’ Anthoine Bailleu, encore que par témoignage 
humain nous ne reconoissons pas preuves sufisantes pour la tenir convaincue du crime a elle 
imposé, neantmoins elle est par la dite Compagnie des Freres Députez des Eglises serieusement 
exhortée d’entrer en examen de sa conscience, et selon ce témoignage se tenir innocente ou 
coupable devant Dieu en ce fait, jasoit que par sa miséricorde il auroit voulu, s’il y avoit du 
mal, tenir ses fautes cachées et couvertes ; Mais pour le regard de ce qui est manifesté, encore 
qu’elle pretende d’avoir été longuement ofensée et intéressée, par le moyen de Jean Chartier a 
Gravelines, Neantmoins dautant qu’il n’y en a jusques a present aucunes preuves sufisantes, et 
toutefois par ses coleres et paroles injurieuses elle auroit auparavant été cause de 
l’emprisonnement et domage de Jean Chartier a Douvres, au lieu d’atendre en patience d’en 
faire plainte ou a l’Eglise ou au Magistrat de ce lieu, dont se seroit grandement acreu le blâme 
et mécontentement de plusieurs en cette Eglise, Atendu aussi qu’outre plusieurs paroles aigres 
et passionnées, elle auroit quelque fois usé d’imprécations exorbitantes outre la modestie chrêtiene ; 
Pourtant ont jugé les dits Freres Députez des Eglises, veu le trouble general ement émeu en tout 
le cors de l’Eglise, Que la dite Charlotte reconoîtra pour ce regard avoir ofensé Dieu l’Eglise et 
son prochain : Et en cas que le dit Chartier de sa part satisfasse a la sentence cy dessus écrite, 
qu’elle semblablement ne fera refus de reconciliation mutuele, et en tout evenement de déposer 
toute haine et rancune. 

6 . D’ailleurs, pour le regard des Freres Pasteurs et Gouverneurs de cette Eglise, par le 
jugement des susdits Députez ils auront a reconoitre, qu’encore que leur sentence quant au 
fait et fondement d’icelle soit aprouvée comme fondée en raison sufisante, Neantmoins quant a 
la forme de declaration, outre la longueur ennuyeuse il y a de l’aigreur et aplication (laquelle 
atendu la disposition présente de cette Eglise a peu sembler et de fait a semblé) mal a propos, 
de certaines personnes et passages de l’Ecriture ; Au lieu que les censures de l’Eglise doivent 
tendre a la guérison et recherche des brebis égarées du Seigneur. Et combien que le vice de 
la calomnie et des detractions, notament contre les Supérieurs, est du tout detestable ; et que 



COLLOQUE XII, CANTORBURY, 1595. 



31 



c ait ete un enniiy incomparable aus Ministres et Anciens de voir cet embrasement universel et 
mal contagious de la médisance s’avancer au danger de la ruine totale du cors de cette Eglise, 
Neantmoins, les dits Freres Ministres sont exhortez de dispenser la medecine des corections et 
reprehensions en l’Eglise avec prudence et moderation tellement convenable a vrais Peres de 
famille et Meclecins de 1 Eglise, que 1 usage trop frequent ne les rende ennuyeuses, et l’aprêt 
mal assaisonné, odieuses mêmement aus bonnes consciences, qui vienent chercher en l’Eglise la 
nouriture de leurs âmes. & 



a 7 * Dautiepart, Elizee Vancourt, ne s étant contente des fautes notables par luy commises 
déjà longtems, par douceur suprimées par les Freres de l’Assemblée tenuë en cette ville cinq 
ans passez ou ^environ, a cause du témoignage qu il donnoit alors de sa repentance, et pour 
l’esperance qu’il donnoit a l’avenir de cheminer en edification ; Ainsi est il que l’Assemblée 
présente des Députez des Eglises, étant deuëment et pleinement informée, tant par ses propos 
par eus Députez ouis et avancés en leur presence, comme par les lettres et écrits avec témoins 
sufisans, que cette homme est plein de témérité d’arogance et de mépris de l’Ordre de l’Eglise 
de laquelle il se dit membre, presomptueus et adonne a son sens, s’ingérant par dessus les 
Pasteurs et Gouverneurs de 1 Eglise, jugeant des choses qu’il n’entend, et qui n’apartienent a sa 
conoissance, Ayant dégorgé sans houte des paroles outrageuses et pleines d’injures atroces, et 
semé ses blames non seulement en cette ville mais aussi delà la mer, et notamment ayant 
charge par mensonges manifestes et acuse malicieusement faussement et impudemment Mons r 
Lescaillet son Pasteur de crimes punissables, desquels il est démenti par les propres témoins 
qu il auroit produits ; et par tels artifices ayant été l’un des principaus flambeaus du trouble et 
de la division survenue en cette Eglise, Pour ces causes et raisons, les susdits Freres Députez 
ont jugé et ordonné, en la même crainte de Dieu, zele et afection a son Eglise, Que le dit Elizée 
ancourt est un homme non seulement justement censuré par la sentence du Consistoire de 
cette Eglise, Mais aussi indigne d’être toléré en la communion de l’Eglise et société des 
Eti angers, recueillis en cette ville, sous la protection de sa Serenissime Majesté, que Dieu 
conserve, jusques a ce que par une bonne serieuse et entière repentance il se dispose a la pais 
et reconciliation de l’Eglise. 

^.? ur regard d Anthoine Wancourt, et Pierre son fils, Adrian Toucry, et Guillaume son 
fils, et JNicolas Renard, seront exhortez a reconoitre que par trop grande presumption ils se sont 
mgerez a juger de choses qui leur étoyent incertaines et hors de leur conoissance, au prejudice 
de I ordre de 1 Eglise ; et ce avec paroles injurieuses outrageuses et temeraires pour tirer 
les Ministres et Anciens _ en blâme et vitupéré, non seulement en cette Eglise, mais aussi pour 
le regard des dites Anthoine et Pierre Wancourt jusques delà la mer, Desquelles fautes selon 
leur regard feront reconoissance, et donneront satisfaction au Consistoire, pour être receus a la 
pais de 1 Eglise ; Mais en cas de refus, et continuans en leur rebellion et detractions, est le dit 
Gonsistoire authorise par la présente Assemblée de procéder a l’encontre de leur maligne 
obstination jusques a retranchement public de la Cene, et autres censures Eclesiastiques. 



. .'{ ean Oudart et Anthoine Serine seront admonêtez, de ce que par quelque zele, mais 
inconsidéré et précipité, ils se sont par trop avancez a juger et parler avec mépris et injures de 
ceus que Dieu a ordonnez pour Pasteurs et Gouverneurs, Desquels ils chercheront la 
reconciliation, pour vivre doresnavant en la pais ordre et société de l’Eglise. Suivant les Articles 
precer en s, remontrances et admonitions serieuses ont été faites a tous les susnommez, ausquelles 
ont acquiesce .Nicolas Regnard et Anthoine Serine, et depuis Anthoine Wancourt et Pierre son 
s, e ean Uudart ; parquoy ont été receus a la pais de l’Eglise ; Et pour le regard des autres, 
a ete ordonne de publier en l’Eglise l’avertissement icy ajoûté. 



0. Au regard d Adrian Tourcry et Guillaume son fils, ayans été exhortez de reconoitre et 
coniesser que par trop grande présomption ils se sont ingerez a juger des choses qui leur 
e oyent incertaines et hors de leur conoissance, au prejudice de l’ordre de l’Eglise, et ce avec 
paroles injurieuses outrageuses et téméraires, pour tirer les Ministres et Anciens en blâme et 



32 



LIVRE DES COLLOQUES. 



vitupéré, A fin que par cette reconoissance et satisfaction ainsi faite au Consistoire, ils peussent 
être admis a la pais de l’Eglise, Corne ainsi soit que par aucunes remontrances ni sollicitation 
ils n’ayent peu être induits a condanner et se retirer de leur rebellions et detractions, L Eglise 
est exhortée d’ayder les dites susnommez Freres par leur prières, et les Ministres et Anciens de 
cette Eglise de les soliciter a leur devoir: Que si nonobstant tous ces moyens ils se veulent 
endurcir en leur obstination maline, L’Assemblée des Députez des Eglises authorisent dez a 
present comme pour lors le Consistoire de cette Eglise de procéder a l’encontre d’eus, jusques a 
retranchement public de la Cene et autres censures Eclesiastiques. 

11. A cause du grand mal et des grands frais qu’aportent les Coureurs, qui souvent 
inconsidérément se transportent d’une Eglise a l’autre, Les F reres sont d avis, en confirmant et 
amplifiant l’Article cinquième (7 e ) du Colloque tenu a Hamptonne concernant ce fait, iceluy 
soit soigneusement mis en pratique: Et pour cet efet, ceus qui sont en charge es Eglises 
retiendront par leur authorité tels departs et changemens temeraires, Et devant que leur 
donner témoignage s’enquerront des lieus ou ils prétendent se retirer notamment en ce Royaume, 
Si aparemment ils auront plus de moyen d’y gagner leur vie, afin que par bon avis ils soyent 
licensiez de se retirer : Et pour cet efet suvention sufisante leur sera faite pour parvenir au 
lieu ou ils prétendent aler, Et quant a ceus lesquels pour sufisantes causes se voudront retirer 
delà la mer, Les Freres des Eglises de Norwich et Cantorberi pourvoiront, a ce que tels sans 
plus long circuit au domage des Eglises prenent leur passage le plus prochain du lieu duquel ils 
départent. 

12. Quant a la dificulté proposée par les Freres et Ministres de Cantorbery, touchant une 
jeune fille mariée, laquelle quatre mois et demi apres la solennité de son mariage seroit acouchée 
d’un enfant aparamment fourni et acompli de tous ses membres, de sorte que la suspicion seroit 
vehemente de quelque polution precedente, demandans les dits Freres comment on se doit 
comporter envers elle, La Compagnie est d’avis, considéré les protestations serieuses tant du 
Mari que de la femme, de n’avoir eu aucune cohabitation charnelle l’un avec l’autre, comme 
aussi il ne s’en trouve d’ailleurs aucunes preuves, Item que les jugemens des médecins touchant 
la perfection on imperfection des enfans ont toujours été fort douteus, qu’il ne _s’en est fait 
aucune inspection sufisante, l’enfant n’ayant été veu sinon déjà mort, que le mal s’il y en avoit 
est aucunement couvert par l’honneur de mariage, et finalement que . par trop rigoureusement 
faire recherche de ce fait on pourroit imprimer en l’esprit du Mari quelque sinistre injuste 
opinion de la pudicité de sa femme, et par consequent engendrer dissolution ou quelque grand 
trouble au dit mariage, C’est pourquoy les Freres sont d’avis, sans passer plus avant, qu on se 
doit contenter des protestations susdites et du bon acord des parties. 

13. Et sur l’apel interjeté de Pierre Candre et de Catherine sa femme, de la sentence de 
suspension publiquement prononcée par le Consistoire de Cantorbery, requérant n ’être contraint 
a satisfaction publique, mais pour le témoignage de leur repentance donné au Consistoire être 
admis a la Communion de l’Eglise, Atendu quil semble y avoir eu quelque precipitation en la 
dite suspension, pour n’avoir été les parties apelées au Consistoire depuis le fait prétendu, et 
que les parties disent maintenant n’être encore vérifiée, et pour autres considerations a ce les 
mouvans, A été avisé, que les dits Pierre et Catherine sa femme, donnant bon témoignage 
d’amendement de vie ils soyent admis a la pais de l’Eglise, laquelle sera avertie de leur dite 
repentance, sans qu’ils soyent contraints d’y être presens. 

14. L’Article siziéme du Colloque tenu a Norwich, touchant les publications des, af aires 
politiques doresnavant a faire par autres que par les Pasteurs et Ministres, sera observé comme 
fondé en raisons solides et pertinentes, n’est qu’il soit question d’afaires mixtes et concernantes 
l’une et l’autre police ensemble résolus par deliberation commune des cors du Consistoire et 
des Politiques, et qu’on jugera apartenir a tout le cors de l’Eglise et non quelques particuliers 
seulement. 



COLLOQUE XIII, LONDRES, 1596. 



33 



15. Les Freres Députez des Eglises raporteront chacun a leur Consistoire ce qui s’est, 
proposé touchant l’entreténement de deus jeunes Ecoliers, l’un fils de Mons r Nicolas Basnage 
l’autre de défunt feu Mons r Marie (tous deus Ministres a Norwich) et vouez par leur parens au 
s* Ministère s’il plaît a Dieu de les y apeler, et feront entendre leur resolution au Consistoire 
de l’Eglise de Londres. 

16. Quant au fait de Mathieu Ploiart membre de l’Eglise de Norwich, qui est suspendu 
publiquement de la Cene pour quelques malversations par luy commises, On a été d’avis qu’il 
doit reconoître sa faute en presence, mais sans aucune specification du fait, et avec témoignage 
qu’il a satisfait a ses parties. 

17. Pour le regard de certains propos tenus par Jaques Sarra au prejudice de l’honeur des 
Freres Ministres de cette Eglise, Dautant qu’en la presence tant des Députez des Eglises du 
Consistoire et des Diacres de ce lieu et des douze hommes convoquez, Il a desavoué les dits 
propos, et depuis requis la pais et amitié avec les dits Freres, A été avisé de se contenter de 
cette reconoissance, avec exhortation de s’étudier du tout et ses autres compagnons a ce qui est 
de la pais et utilité de l’Eglise. 

18. A été avisé que les papiers et mémoires concernans les faits décidez en la présente 
Assemblée, seront consignez és mains des Freres Députez de l’Eglise de Londres, pour s’en 
servir en tems et en heure, en cas que besoin soit. 

19. Item que la charge de la convocation du prochain Colloque sera donnée au Consistoire 
de l’Eglise de Hamp tonne, quand elle jugera par la communication avec les autres Eglises que 
l’utilité ou nécessité d’icelles le requerra. 

R. Le Maçon Modérateur de l’Action. 

Ph. De la Motte Scribe. 



COLLOQUE XIII. LONDRES, 1596. 

Les Articles du Colloque tenu a Londres, les 19, 20, 21, et 23 e 
jours d’ Août, 1596. 

Auquel ont assisté, les trois Freres Ministres et deus Anciens de la 
part de V Eglise de Londres, 

Le Ministre et deus Anciens de celle de Norwich , 

Et le Ministre et un Ancien de celle de Cantorbery. 

Apres l 'invocation du nom de Dieu , Mons r Jean Castel a été 
choisi pour president, et Mons r Samuel Le Chevalier pour écrire. 

1. Les lettres des Freres de Hamptonne leues, par lesquelles ils s’excusent de leur absence, 
L’Assemblée a été d’avis de les admonêter de leur défaut. 

Sur la Proposition faite par quelques particuliers de Norwich en écrit, Dautant que nous ne 
pouvons en absence conoitre le point de leur diferent, Nous jugeons en gros, Que l’afection de 
ces personnes, qui ont bon témoignage ne doit point être refroidie mais bien aprouvée, moyenant 
quelle soit reglee, et quil aparoisse qu’ils ne veulent pas être sages outre mesure. Quant est 
des Interpretations de Mons r Calvin et de Mons r De Beze, sur le premier chap, des Ephesiens 
verset 10 e , nous les trouvous bonnes et saintes, suivant le sens de ces bons Peres : Toutefois la 

E 



34 



LIVRE DES COLLOQUES. 



ou il y a diversité d’expositions, qui ne sont éloignées de l’argument du passage, ou contraires j 
aus Articles de lafoy, et autres sentences expresses de l’Ecriture s te , Il n’apartient a la modestie 
d’un Ministre d’en condanner aucune, qui aura juste fondement, et pourra édifier les consciences ; 
Que s’il en alegue et suit quelque autre qualifiée comme dessus, c’est aus particuliers de { 
l’accepter, et ne disputer point a l’encontre, Pour autant que la Parole de Dieu est riche, et 
corne l’experience nous manifeste les graces de l ’Esprit ne sont atachées aus tems et persones. 

2 . On tient qu’il n’y a passage aucun en l’Ecriture, ni regie anciene, pour la quelle les 
crimes qui sont conus a peu de personnes puissent etre rendus publics par les Consistoires, 
avec retranchements ou declarations de reconoissance, Et estime on que cela contrevient a la 
charité et bien de l’Eglise. 

3 . Par les remontrances et persuasions de la Compagnie, Mons r Basnage a promis de 
continuer jusques a la S* Jean son Ministère avec le Troupeau de Norwich, s’assujetissant 
toujours a la discipline ordre et reglement a luy et aus Anciens donnez és precedens Colloques, 

Au bout du quel tems s’il veut retenir sa liberté, et ne se peut obliger avec plus grande 
asseurance a l’avenir, Il sera aussi en la liberté de l’Eglise de se pourvoir d’un Pasteur corne 
Dieu l’adressera, et qui puisse demeurer en la propriété d’icelle, pour éviter le peril que peut 
aporter l’incertitude : De peur que les uns et les autres ne soyent surpris, avec comunication 
amiable ils feront mutuelement entendre leur volonté trois mois auparavant. Ordre aussi 
a été pris, outre les avertissemens donnez de bouche aus Députez de la dite Eglise, qu’on doit 
écrire lettres par lesquelles elle sera exhortée de mi eus faire son devoir envers son Pasteur, 
pour suvenir aus nécessités et charges tant de sa personne que de sa famille, a ce qu’il soit 
induit de la servir avec plus de joye et alégresse. 

4 . Après avoir ouï la requête des Freres de Cantorbery a ceus de Londres, que Mons r 
Chevalier soit donné pour propre a leur Troupeau ; Aussi la déclaration que nous a fait le dit 
Frere du secours et amour que luy porte la dite Eglise, et de la volonté qu’il a de suivre l’avis 
de ses Freres de Londres ; Trouve l’Assemblée avec l’avis du Consistoire du dit Londres, qu’il 
n’est pas en la puissance d’iceluy Consistoire de quiter purement et absolument le Frere duquel 
il est question, parce qu’il apartient a tout le peuple, auquel il est obligé, et sans le consente- 
ment duquel on ne peut disposer de sa personne en cette maniéré : Bien aprouve elle le désir et 
afection qu’a le dit Consistoire de le laisser, autant que l’état de leurs Eglises le permetra ; Mais 
quand il aviendroit, ou bien par commun ordre il seroit conclu, de faire quelque changement de 
personnes de lieu en autre pour la nécessité des tems et autres raisons convenables, Ou bien que 
celle de Londres seroit destituée de Pasteur, Il sera en la puissance des dits Freres de Londres de 
la rapeler, et ceus de Cantorberi seront tenus de le restituer, Avec devoir que ceus la prometent 
défaire en ce cas qu’ils se joindront avec ceus cy selon leur moyen et puissance a ce que le 
Troupeau du Seigneur ne demeure dépourveu de Ministre. Semblablement, on a donné 
avertissement au Frere Ancien commis, que les gages que reçoit Mons r Chevalier ne sufisent 
point, tant pour la rigueur du tems que pour la charge de sa famille, et qu’on se doit autrement 
élargir envers luy, Pour lequel efet aussi on écrira lettres a l’Eglise au nom de la Compagnie. 

5 . Les Freres trouvent necessaire, qu’en nos Eglises pour l’édification d’icelles on suive la 
vielle version de la Bible ; non pas pour condanner la nouvelle, mais en atendant qu’icelle soit 
aprouvée du general des Eglises. 

6 . Thomas Bonnel Ancien de Norwich, s’est plaint pour un grief receu du Consistoire de la 
dite Eglise ; Apres avoir meurenfi pesé toutes les alegations réponses et répliqués des deus parts, 
avec la preuve d’un point particulier, et sur lequel une bonne partie du fait dont il est blâmé a 
son fondement ; Nous jugeons qu’il n’y avoit point de raison de le suspendre de la Cene, Prions 
le Ministre et Surveillans de lever le tort qui luy a été fait, en le recevant pour Frere, et le 
garentissant de difame envers ceus qui voudroyent metre quelque tache ou a luy ou a son 
ofice pour la suspension susdite ; Moyenant la promesse qu’il fait a la Compagnie, et confirme 



COLLOQUE XIII, LONDRES, 1596. 



35 



en la presence des Députez de son Eglise, de vouloir continuer en son premier propos, qui est 
de se soumetre si sa partie le demande au jugement des gens de bien, pour le diferent des 
interets prétendus d’une part et d’autre. 141V102 



7 . On donnera avertissement public aus Eglises, que nul ne se doit atendre désormais a 
avoir témoignage pour partir d’un lieu en un autre, encore moins d’obtenir l’asistance des F reres 
Diacres, sinon qu’il expose premièrement ses raisons au Consistoire pour avoir aprobation de son 
dessein : Et en cas que quelcun échape quitant sa femme et enfans, Les Eglises en donneront 
avis les unes aus autres, et les particuliers vers lesquels ils se retireront seront admonêtez de ne 
leur faire aucune asistance ; Même tels coureurs et faineans seront déferez au Magistrat, afin 
d’être châtiez selon leurs démérites. 



8 . Les Eglises étant exhortées d’entretenir quelques Ecoliers pour servir au Ministère, 
quand Dieu les aura rendus propres, pour cet efet, Contribution generale se fera pour fournir aus 
frais de ceus qu’on pourroit aquerir et se voudroyent obliger au service de nos Eglises : Dautant 
qu’a cette ocasion Mons r Basnage a ofert son fils déjà avancé és bonnes lettres, aussi tôt qu’on 
aura aperceu le devoir que feront les Eglises, Le Consistoire de Londres a la charge de pourvoir 
au fait d’iceluy. 

9 . On écrira au prochain Synode de France, a celuy aussi de Holande et Zelande, pour 
rafrêchir la mémoire de l’union que nous avous avec eus en Doctrine et gouvernement de 
l’Eglise. 

10 . L’Eglise de Norwich aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée du Colloque, 
quand elle jugera par la Comunication avec les autres Eglises que l’utilité ou nécessité d’icelles 
le requerra. 

Jean Castel Modérateur de l’Action. Samuel le Chevalier écrivain. 



Les faits particuliers. 

11. Pour les témoignages qui doivent être donnez a ceus qui partent des Eglises endettez, on 
suivra l’Article cinquième du Colloque de Hamptonne 1586. 

12 . Les lettres d’Anthoine Doneau ont été leuës, pleines d’injures atroces contre le 
Consistoire de Norwich et particuliers d’iceluy ; Et dautant qu’il est absent, et ne faut recevoir 
acusation contre l’Ancien que sous deus ou trois témoins, encore moins contre l’Eglise, Cependant 
le dit Anthoine ne produit aucune preuve de son dire, Les Freres, apres avoir fait sortir le 
Ministre et Anciens de Norwich, ont réprouvé les dites lettres difamatoires, avec charge qu’ils 
donnent au Consistoire de faire quelques devoirs envers luy pour l’amener a raison et 
reconoître ses fautes, savoir son ingratitude envers le Ministre, nonobstant ses moyens, et 
l’opiniâtreté en laquelle il persiste de s’oposer a l’election d’un Ancien sans fondement, et son 
mépris de tout ordre et remontrance, qui sont choses de très mauvais example : En cas qu’il 
n’obtempere a la seconde et troiséme admonition, liberté est donnée aus Freres de le 
suspendre publiquement, pour plus grande censure, et ôter le scandale qu’il donne. 

13 . Les Freres de Norwich ayant demandé conseil comment ils se doivent gouverner envers 
certaines personnes qui voudroyent opiniâtrement maintenir une acusation par eus faite contre 
un de leurs freres sans preuves ; Et nonobstant plusieurs devoirs faits par le Consistoire a leur 
persuader qu’ils se tienent cois, d’autant que nulle chose ne peut être établie que sur la parole 
de deus ou trois Témoins, et qu’a faute de Témoignage il faut qu’ils ayent la bouche fermée, 
remetant le jugement et manifestation de ce qu’ils se disent conoître a la providence de Dieu, 
dêmeurent toujours obstinez, et ne veulent s’assujetir au jugement de l’Eglise : La Compagnie 
est d’avis que telles gens après avoir été apelez deus ou trois fois au Consistoire, soyent 



36 



LIVRE DES COLLOQUES. 



retranchez en public pour donner example, s’ils ne veulent reconoître et se repentir de leur 
désobéissance et étourdissement d’esprit, contraire a tout ordre de justice. 

14 . Avis est donné aus Freres de Cantorbery, que Jehanne Gresset abandonnée de son 
Mari il y a onze ans, ne peut avoir liberté de se remarier, nonobstant les recherches et enquêtes 
par elle faites tant deçà que. delà la mer, Sinon qu’elle donne a conoître au Magistrat la 
desertion, et obtiene de îuy puissance de faire secondes noces : Cependant pour faciliter le tout 
avec plus grande asseurance, l’Eglise de Cantorbery doit écrire aus Freres de Diepe et autres, 
pour faire les demieres enquêtes du susdit personage. 

15 . On donnera conseil a la femme de Jean Baudin d’aller en Holande, pour prouver 
l’ adultéré incestueus de son Mari devant le Magistrat du lieu, auquel il est, et se servir du 
benefice des Lois du dit païs, pour raisons peremptoires. 

16 . Sur lapel interjeté par Pierre Chamberlan l’aîné, de la sentence contre luy donnée par 
le Consistoire de Londres, Le Colloque juge que le dit Pierre Chamberlan doit reconoître sa 
faute publiquement ; Ce qu’il a promis de faire, Mais pour quelques considerations les Freres 
prient que la reconoissance d’iceluy soit diferée jusques a un mois, contant de Dimanche 
prochain. 



COLLOQUE XIV. HAMPTONNE, 1598. 

Les Articles du Colloque tenu a South- Hamptonne, le 18, 19, et 20' 
de May 1598. Auquel ont asisté, 

Mons r De la Fontaine Ministre, et Mons r Hardret Ancien, 
pour V Eglise de Londres, 

Monsieur Mignot Ministre, et Mons r Paumier Ancien, pour 
T Eglise des Verreries, 

Mons r Capel Ministre, et Jean W atelier Ancien, pour V Eglise 
de Norwich, 

Mons r Chevalier Ministre, et Laurens Des Bouries Ancien, 
pour V Eglise de Cantorbery , 

et Mons r De la Motte Ministre, et Jean Herçant Ancien, pour 
T Eglise de Hamptonne. 

Après T invocation du nom de Dieu, Mons r De la Fontaine a été 
éleu pour présider, et Mons r Chevalier pour écrire. 

1. . Sur l’apel interjeté par les freres Claude Montonnier absent, et Jean Catelain, Anciens de 
1 Eglise de Hamptonne, et Vincent Nérin Diacre en icelle, et Richard Robert particulier, envelopé 
en la faute des susdits, apelans de la sentence de suspension tant de leurs charges que de la 
Comunion, La Compagnie ayant meurement considéré les plaintes et defenses tant d’une part 
que d’autre, A aprouvé la sentence du Consistoire, et moyenant la reconoissance des susdits 
presens les a reconciliez avec leur Consistoire, et receus a la pais de l’Eglise, comme apert par la 
publication qui en a été faite devant la face de l’Eglise, selon la forme écrite a la fin des Actes 
presens. 

2 . . Pour éclaircir l’Article 8 me (9 me ) du Colloque tenu a Cantorberi, en l’an 1584, a été avisé 
ce qui s’ensuit. Pour les grands scandales et ordinaires, qui se trouvent par les Eglises, contre 



COLLOQUE XIV, HAMPTONNE, 1598. 



37 



la sainte Institution du Mariage, en ce que plusieurs hommes et femmes se séparent les uns des 
autres sans aucune authorite et cause sufisante, ains seulement pour servir a leurs débauches, et 
s’adonner a oisiveté, en méprisant le soin de ceus que Dieu leur a commis en charge, ou 
autrement par opiniâtreté, La Compagnie est d avis, que par toutes voyes de remontrances et 
censures on doit pourvoir a ce que telles separations ne soyent tolérés, jusques a user de 
suspensions publiques et avertissemens aus Eglises les unes aus autres, ou même au Magistrat 
entant que besoin sera : Laissant toutefois a la prudence des Consistoires, de bien et meurement 
examiner les raisons que peuvent avoir les parties, et de quel coté provienent les fautes de telles 
separations. 

3. Lettres ont été leuës de la part des Freres de l’Eglise de Caen, concernantes le Sieur 
ülaude Montonnier et sa feme, lesquels ils ont admis a la Communion, nonobstant la suspension 
qu il y a contre eus, dont les raisons leur avoyent été sufisamment déclarées par le Consistoire 
de cette Eglise, A été avisé de leur écrire, et faire entendre l’inconvenient qu’on remarque en 
telle procedure, au prejudice de l’union conformité et aide mutuele en l’exercise de la 
Discipline : A quoy aussi sera ajouté une copie de ce qui a été icy arêté touchant les causes de 
suspension, et autres censures prononcées contre le témoignage signé par le dit frere 
Montonnier, et les depositions faites par sa femme et autres qui luy ont été conjoints. 

4 . Quant a Thomas Grand et Daniel Seulin, a été trouvé bon d’atendre l’issue et 
^termination de nos Trehonorez les Seigneurs du Conseil, puis que leur cause n’est encore du 
■out vuidée. 

5 . Sera écrit aus Freres de l’Eglise de la Rochelle, touchant le comportement de Guillaume 
Tierry lors qu’il a été par deçà, de son depart sans aucune décharge de sa vocation de Diacre, 
>t notament des lettres difamatoires contre le cors du Consistoire et membres particuliers 
biceluy, lesquelles seroyent venues jusques es mains du Magistrat de cette ville de 
ÏÏamptonne, pour se servir de cette avertissement selon leur prudence et selon que porte 
union qui doit être entre les Eglises. 

6 . Catherine, femme de Vincent Nerin, et Françoise Veuve de Jean Beule, ayant reconu 
ue par surprise et mégarde elle s’étoyent oubliées en certains depositions tendantes au grand 
Marne des Freres Ministres et quelques Anciens de l’Eglise de Hamptone, ont été reconciliées 
us dits Freres, et receues a la Comunion de la Cene, selon la declaration sous mentionnée. 

7 . Quant a Marie femme de Jean Catelain, et Sara femme de Daniel Seulin, lesquelles par 
eurs depositions fausses et autres blâmes se seroyent immiscées aus troubles survenus en cette 
église, sans avoir voulu aquiescer aus remontrances serieuses a elles faites par les Freres 
ssemblez au Colloque, Le Consistoire, par ordre de cette Compagnie, a charge de procéder 

3n ^ e ?. lles P ar toutes censures legitimes, corne apert par ce qui en a été publié devant la face 
e 1 Eglise. 

8 . Rachel femme de Guillaume Tierry, ayant aquiescé aus remontrances des Freres du 
olioque, pour reconoitre ses mauvais propos et actions scandaleuses, a été reconciliée avec les 
reres du Consistoire et admise a la Cene, avec charge de se contenir en son devoir corne apert 
ir la publication faite. 

9 . Le Frere Philipe De la Motte ayant requis la Compagnie de pourvoir cette Eglise 
î Pasteur, pour être révoqué par authorité du Synode de Holande et destiné a l’Eglise d’Aix 

chapelle, a quoy aussi il a donné son consentement, Les Freres ont jugé ne luy devoir donner 
apêchement en cette vocation, encore qu’ils eussent bien désiré que les Freres du dit Synode 
' Holande eussent eu plus d egard a cette Eglise, A laquelle pour donner plus de loisir de se 
rarvoir, Il a été requis et a acordé de donner encore tems de se pourvoir devant son depart 
. sques au premier jour de Septembre, Auquel tems la Compagnie juge être raisonnable de 



38 



LIVRE DES COLLOQUES. 



l’acompagner de Témoignage sufisante et pour sa Doctrine et pour le comportement de sa vie, 
Dequoy au defaut de Pasteur avec les dites Anciens, les Freres de l’Eglise de Londres sont 
requis de prendre la charge, Et cependant sera écrit tant au Synode de Holande qu’a celuy 
d’Aix pour excuser le delay susdit du Frere De la Motte. 

10. Sera aussi requis le dit Synode, atendu le depart du dit Frere De la Motte, et la 
nécessité des Eglises de ce païs, de lever la limitation du tems prescrit au Frere Jaques 
Poliander ; Mais atendu qu’il n’est encore lié a aucune Eglise, d’en laisser la disposition entière 
aus Eglises étrangères de ce Royaume. 

ni 

11. Les Eglises qui n’ont encore l’usage des marreaus pour discerner ceus qui sont admis 
a la Comunion d’avec les autres, seront exhortées de s’en servir, pour éviter toutes confusions ; 
ou autrement par quelque bon ordre empêcher que ceus ausquels la Communion a été interdite 
n’aprochent avec scandale de la Cene du Seigneur. 

1 I 

12. Chacune Eglise sera exhortée de faire tout devoir a se pourvoir d’heure de Pasteur pour 
l’avenir, et pour cet efet s’employer a l’entretenement de quelques Ecoliers, Dequoy les autres 
Eglises communiqueront par lettres avec les Freres de l’Eglise de Londres. 

13. Il sera en la liberté des Eglises de dresser des Propositions particulières, pour fassonner :j 
au Ministère ceus qu’ils conoissent avoir des dons propres pour cet efet ; Mais en telle sorte j ■ 
qu’elles prenent garde soigneusement de n’y admetre aucun qui n’ait témoignage de vraye pieté i i 
et conversation honnête et sans scandale. Et quant aus Propositions publiques devant le 
peuple, puis que les Eglises n’en ont a present l’usage, a Compagnie ne trouve nullement a 
propos de les rétablir, Suivant l’Article 5 e du Colloque tenu a Norwich l’an 1583. 

14. Les Freres n’estiment point que ce soit chose qui puisse édifier de faire autres publications 
des fautes esquelles les freres ont été surpris sinon quand on reconoitra quelles méritent 
Suspension publique ; Moins encore de faire état ordinaire de dénoncer les justifications de 
ceus qui sans cause auroyent été chargez de blâme. 

15. Il n’est expedient a l’état de nos Eglises tel qu’il est a present, de faire aucune ! 
publication de l’Assemblée de nos Colloques, ains sufira d’avertir ceus qui par apellation ou 
autrement auroyent intérêt de le conoitre. 

16. Sur la requête faite par le Frere Ancien de l’Eglise de Cantorberi, touchant la personne 
de Mons 1 ' Chevalier, ce faite a été renvoyé a ce qui est porté par les Actes du dernier Colloque. 

17. Les Freres des Consistoires des Eglises esquelles il y a certain nombre d’hommes 
politiques établis, entre autres causes pour repurger les Eglises de ceus qui par l’ordre de 
l’Eglise ne soufriroyent d’être rangez a leur devoir ; remontreront a toute instance aus dits 
Freres ayans charge de la Police, d’employer leur aufchorité pour banir et chasser, non pas 
indiferement, ceus qui auroyent comis quelques fautes et pechez, Cependant que par l’ordre de 
l’Eglise ils n’ôtent l’esperance de les pouvoir ramener a leur devoir, Mais seulement ceus qui 
apres que l’Eglise a essayé toutes remontrances censures et autres devoirs se montrent être du 
tout déplorez et incorigibles. 

18. Quant aus Coureurs, qui par voyages inutiles aportent communément grandes charges 
aus Eglises, Elles sont exhortées de prendre garde soigneusement aus Articles arêtez touchant 
ce fait aus Colloques precedens, et les metre exactment en usage. 

La publication susmentionnée, et leuë le 2U de May, en 
V Assemblée publique de V Eglise étrangère de Hamptonne. 

19. Comme ainsi soit que les freres, Claude Montonnier absent, et Jean Catelain, Anciens, 



COLLOQUE, XIV, HAMPTONNE, 1598. 



39 



et Vincent Nerin Diacre de cette Eglise, ayans par cy devant été suspendus de leur charges, et tout 
ensemble de la Communion de la sainte Cene, avec le frere Richard Robert, pour avoir donné 
leur témoignage non seulement sans l’authorité mais contre l’avis et jugement tant du 
Magistrat que de leurs confreres Ministre Anciens et Diacres ; Chose qui étant contre tout ordre 
des Eglises et de pernicieus example, notamment veu la personne de celuy auquel a été donné 
le dit témoignage, et l’état de cette Eglise ; ils n’avoyent peu être induits a en reconoitre la 
faute: Ainsi est il que les dits Freres, Jean Catelain Vincent Nerin et Richard Robert, êtans 
mieus informez par les Freres des Eglises icy assemblez, apres avoir reconu leur faute et donné 
témoignage d’être déplaisans de s’être ainsi oubliez de leur devoir en fait de telle importance, 
ont finalement été reconciliez avec les Freres du Consistoire comme ils désirent, et sommes d’avis 
de les recevoir a la pais et communion de l’Eglise, pourveu qu’eus aussi se séparent de toutes 
factions et se tienent en union avec le cors de l’Eglise. 

Pareillement Catherine feme du dit Vincent Nerin, et Françoise veuve de feu Jean Beule, 
apres avoir reconu que par surprise oubliance ou autrement elles se seroyent méprises en 
certain témoignage par elles rendu, au prejudice (sans quelles y ayent pensé comme elles 
protestent) de l’honneur et bonne conscience de leur Ministre et autres persones publiques, Les 
Freres icy assemblez, aprez cette reconoissance faite en leur presence les ont aussi receues a 
reconciliation tant avec le Consistoire qu’avec l’Eglise, moyenant qu’elles se contienent avec 
toute modestie et crainte de Dieu en pais et union avec la dite Eglise. 

Et quant aus autres personnes, soit residentes en cette ville ou ailleurs, qui se seroyent 
immiscées és dits témoignages detractions et troubles qui s’en sont ensuivis, lesquelles 
refuseroyent opiniâtrement, contre l’avis et jugement soit de l’Eglise soit des Magistrats, de 
reconoitre leurs fautes ; Les Freres Députez et assemblez par l’authorité des Eglises, sont d’avis 
et donnent charge aus Freres du Consistoire de ce lieu, de procéder par toutes censures legitimes 
contre telles personnes, notament contre ceus ou celles qui continuëront a fomenter et entretenir 
le feu de division, sans soufrir d’être amenez a vraye repentance. 

FinalenV comme il y auroit eu aussi quelque suspension contre Rachel feme de Guillaume 
Tierry, a cause de divers propos et actions esquelles elle s’est oubliée en son devoir, Aprez en 
avoir reconu les fautes elle a été reconciliée avec les Freres du Consistoire, et moyenant quelle 
se contiene en son devoir avec toute modestie est aussi receuë a la pais de l’Eglise. 

20 . L’Eglise de Londres aura la charge de convoquer le prochain Colloque, quand elle 
jugera par la comunication avec les autres Eglises que l’utilité ou nécessité le requerra. 



40 



LIVRE DES COLLOQUES. 



! 



COLLOQUE XV. LONDRES , 1601. 

Les Articles du Colloque tenu a Londres , le 23 , 24 , 25 , 27 e jours 

J Avril, 1601. Auquel ont asisté, 

De la part de T Eglise de Londres , Mons r Chapel Ministre, et 
Giles Evins Ancien. 

De la part de TEglise de Cantorberi, Mons r Chevalier 
Ministre, Elias Maurois Ancien. 

De la part de VEglise de Norwich, Mons r De Laune 
Ministre, et Guillaume Ployant Ancien. 

Et De la part de VEglise de Hamptonne, Mons r De la Motte 
Ministre, et Jean Cornish Ancien. 

Aprez V invocation du nom de Dieu, Mons r De la Motte a été eleu 
pour conduire V action, et Giles Evins pour écrire. 

1. Sur l’apel interjeté par Madeleine Chamberlain, contre le Consistoire de Londres, a 
raison de quelques menaces de suspension publique, Les Freres assemblez au Colloque ayant 
ouï et pesé meurement tant les plaintes de la dite que les réponses du susdit Consistoire, ont 
jugé et jugent le dit apel avoir été mal fondé, et aprouvans toutes les procedures du dit 
Consistoire envers elle, Les requièrent de suporter pour cette fois la dite Magdeleine en ses 
infîrmitez ; moyenant qu’en s’humiliant elle reconoisse s’être oubliée en celuy sien apel, et se 
dispose a bon escient de se reconcilier tant avec le dit Consistoire qu’avec toutes ses autres 
parties. 

2. Sur un apel fait au Colloque par Pierre de Villiers Ancien de l’Eglise de Cantorbery, et 
Mathieu Grama, touchant le fait des Diacres de la dite Eglise, lesquels avoyent fouille un 
certain Jean Loré, par soupçon qu’il avoit des moyens quoy qu’assisté des deniers des pauvres, 
Les Freres assemblez au Colloque ont aprouvé le fait susdit des Diacres, et jugent cette liberté 
apartenir tant aus Diacres de la dite Eglise qu’aus autres des autres Eglises françoises 
réfugiées en ce Royaume. 

3. A celle fin que les jours de jûne soyent tant mieus sanctifiez au Seigneur au milieu de J 
nos Eglises, A été avisé qu’aprez la publication faite devant la face de l’Eglise nuis mariages ne 
seront celebrez, ni aucuns admis a faire promesses de mariages, ni banquets, ni festins, jusques 

a tant que le jour de la celebration du jûne soit passé : dont avertissement sera donne au peuple 
le jour de la publication du Jûne, Et s’il a venoit que le jûne fût assigné a un jeudi, les Eglises 
excuseront leurs Pasteurs de tenir consistoire en ce jour la sinon en cas de nécessité. 

4. Sur la Question proposée par les Freres de Cantorbery, Si les Pasteurs ne pouvant 
goûter ce qui d’un commun avis auroit été trouvé bon par les Anciens, n’en pourroyent 
empêcher l’execution jusques a ce qu’ils en seroyent autrement satisfaits par comunication avec 
les Eglises voisines ou par l’Assemblée du Colloque ? A été avisé que toutes dificultez en matière 
du gouvernement de l’Eglise et administration de la Discipline seront comme de coutume 
vuidées par pluralité de vois, sans que les Pasteurs ou les Anciens prétendent en ce cas plus 
d’autorité les uns que les autres : Mais neantmoins que ou les Pasteurs desireroyent le conseil des 
Eglises voisines, ou du Colloque s’il etoit sur le point d’être assemblé, Les Anciens sont requis 
de peser bien meurement les raisons que leurs Pasteurs auroyent au contraire, et ne précipiter 
l’execution de ce qui par pluralité de vois auroit été résolu entre eus. 



COLLOQUE XV, CANTORBURY, 1601. 



41 



5. Quant aus Anglois qui s’alient par Mariage avec filles ou Veuves de nos Eglises, Ils ne 
seront mis en promesses de mariage par les Ministres de nos Eglises, ains seront renvoyez aus 
Ministres Anglois, desquels aportant le témoignage leurs annonces seront publiées en nos Eglises, 
et aprez seront renvoyez a leurs Ministres Anglois pour la sanctification de leurs mariages. 

6 . Si quelque fille ou Veuve pretend s’alier par mariage avec quelque Anglois, avertissement 
serieus sera donne a la dite fille ou veuve a ce qu’elle avise meurement a son fait au préalable 
que de passer plus outre ; Luy dénonçant que l’Eglise ne se tiendra obligée a l’entretien d’eus 
et de leurs enfans procréez en tels mariages, avenant qu’ils tombassent en nécessité. 

7. Cas avenant que homme ou veuve amendât de sa partie defunte de la plus grande 
portion des biens, au desavantage des enfans de l’un ou de l’autre, en sorte que les enfans 
vinsent a charger l’Eglise, La partie survivante sera admonêtée serieusement de suvenir aus 
dits enfans, selon que nature et la parole de Dieu l’enseignent. 

8 . Ceus qui auront été retranchez publiquement pour des scandales publics, ne seront 
autrement receus a la pais de l’Eglise que par reconoissance publique, afin que rien ne soit 
changé en notre Discipline. 



9. On donnera ordre que toutes buveries et autres semblables abus qui se commetent aprez 
avoir convoyé les Morts en terre, soyent reformez, comme prejudiciables bien souvent aus 
Veuves et Orfelins des défunts, et répugnans a la modestie chrêtiene. 

10. A la requête présentée au Colloque par Guillaume Ployart Ancien de l’Eglise de 
Norwich, au nom de toute l’Eglise du dit lieu, que le Frere Pierre de Laune leur demeure 
Ministre et Pasteur afecté, aussi longtems qu’il plaira au Seigneur de conserver la dite 
congregation, Luy ofrans comme porte leur devoir tout entretien honnête tant a luy qu’a 
ceus qu’il plaira au Seigneur luy donner a l’avenir, Le susdit Pierre de Laune authorisé par son 
Pere, reconoissant sa vocation d’enhaut, et aquiescant aus exhortations de cette Assemblée, et 
aus saints désirs de la susdite Eglise, s’est voué et se voue encore a present avec tous les dons 
et graces qu’il a pieu au Seigneur luy départir au service de Dieu au milieu de la dite Eglise 
de Norwich aus conditions des of res susmentionnées. 



11. Les Freres de Hamptonne ayans averti le frere Claude Montonnier a present resident a 
Caen en Normandie, de se trouver en cette assemblée du Colloque, Il ne s’y est pas trouvé, A 
été ordonné qu’on écrira a l’Eglise de Caen. 



12. L’Eglise de Cantorberi aura la charge de Convoquer l’Assemblée prochaine du Colloque, 
ayant au préalable avis des ocasions que les Eglises auroyent de desirer la dite Assemblée. 



Les Actes Particuliers du susdit Colloque 1601 . 



13. Les Freres de Hamptonne seront exhortez de se conformer aus autres Eglises de la 
langué françoise recueillies en ce Royaume, en baillant des merreaus a ceus qui seront trouvez 
propres et idoines de Communier a la s te Cene du Seigneur, selon qu’il est porté en l’Article 11 e 
du Colloque tenu a Hamptonne 1598. 

14. Les Freres de Canterbury metront en pratique l’Article 15 e du Colloque tenu a 
Hamptonne l’an 1598, touchant la publication du Colloque. 



15. Les Freres de Norwich sont requis d’efectuer l’Article 14 e du dit Colloque, touchant la 
publication des Justifications. 

16. Le Frere Oste Mesman se rengera aus Censures de son Consistoire de Canterbury, puis 

F 






42 



LIVEE DES COLLOQUES 



qu étant averti tant par son Consistoire que par Giles Ewins Ancien de l’Eglise de Londres de se 
trouver en ce Colloque s’il avoit quelque plainte a faire contre son Consistoire, il a donné pour 
réponse qu’il n’avoit dequoy se plaindre. 

17. Nicolas de Nollan, membre de l’Eglise de Cantorbery, sera induit par toutes procedures 
Eclesiastiques a l’acomplissement de la sentence prononcée contre luy par le Colloque tenu a 
Cantorbery l’an 1595. Et quant a Jean Luton, Yeu la grande et obstinée rebellion de siz ans 
et plus en laquelle il a persisté, Aprez les devoirs de son Consistoire faits sera excomunié, s’il se 
peut faire sans aparent danger de trouble en l’Eglise, Autrement le Consistoire implorera l’aide 
du Magistrat. 

18. Quant a Ester femme de Josué Caulier, membre de l’Eglise de Cantorbery, atendu que 
par juste indignation elle se seroit oubliée jusques la que de donner sur la joue a un Pierre Le 
Blanc, par la persuasion duquel le mari de la dite Ester se seroit mis en rolle de Soldat et 
l’auroit abandonnée, Nonobstant que les circonstances du lieu et du tems agravent le fait de la 
dite Ester, Toutefois si elle ne peut être persuadée de reconoître sa faute publiquement absente, 
Considéré sa grande repentance et conversation honnête tant devant qu’aprez le fait, Les 
Freres avec le consentent et instance des Députez de la dite Eglise sont d’avis qu’elle soit 
reconciliée a l’Eglise par reconoissance de sa faute au Consistoire, moyenant qu’elle satisfasse a 
ceus qui auroyent été presens en ce fait. 

19. Les Freres de l’Eglise de Norwich sont exhortez par cette Compagnie de mettre en efet 
l’Article arêté au Colloque de Norwich, en Avril 1593, touchant les enterremens des morts. 

20. Les Freres assemblez au Colloque avouent les Procedures de l’Eglise de Norwich 
contre Pierre Truye et Nicolas de Corte qui refusant opiniâtrement de fournir a l’entretien des 
pauvres et autres charges de l’Eglise, sous pretexte d’être surchargez, avec manifeste rebellion 
contre le Consistoire, se sont rangez de l’Eglise Angloise. 

21. Abraham Chamberlan, membre de l’Eglise de Londres, s’êtant présenté a l’Assemblée du 
Colloque, tant pour excuser sa Mere Magdeleine Chamberlan, de ce qu’ayant été avertie elle ne 
comparoissoit en cette compagnie, que pour faire ses propres plaintes, Combien que les Freres 
du Colloque ne voulussent prendre conoissance de son fait, de peur de préjudicier au droit du 
Consistoire de Londres, Toutefois êtans requis par le dit Consistoire de moyener s’il étoit 
possible la reconciliation entr’eus, Ils ont induit tant la dite Magdeleine que Abraham 
Chamberlan, Gedeon de Laune, et Judith feme du dit Gedeon, d’entendre a reconciliation 
mutuele, metant sous les pieds tous leurs diferens passez, A quoy ils ont tous finalement 
aquiescé suivant la lecture des formulaires corne s’ensuit. 

22. Nous Gedeon et Judith de Laune, confessons que nous nous somes grandement oubliez 
envers Magdeleine Chamberlan notre Mere, la priant d’ensevelir le tout, Et protestons de 
l’honorer et reverer a l’avenir selon notre devoir, La suplions aussi de nous reconoître et avouer 
pour ses enfans. 

23. Moy Magdeleine Chamberlan, reconois ne m’être comportée envers mon gendre Gedeon 
de Laune et ma fille Judith de Laune sa femme corne porte le devoir d’une Mere envers ses 
enfans, prometant cy aprez, toutes choses passées étant mises sous les pieds, leur démontrer 
toute afection de bonne Mere. 

24. Nous Gedeon de Laune, et Abraham Chamberlan, reconoissons nous être oubliez 
mutuelement les uns envers les autres, en divers comportements, Et metant sous les piés toutes 
choses passées, prometons vivre a l’avenir en amitié et concorde fraternelle, selon que Dieu et 
notre afinité nous y oblige. 



COLLOQUE XVI, LONDRES, 1603. 



43 



25 . Ces reconciliations étant faites, Les susdits Freres Assemblez en Colloque ont aprouvé 
et authorisé la condition anexée a la dénonciation que le Consistoire de cette Eglise de Londres 
a faite le 8 e d’Octobre l’an 1600 aus susdits, et ont arêté que le premier d’entr’eus qui 
renouvelera les noises, dont y aura preuve sufisante, sans aucun delay sera procédé a Suspension 
publique de la partie qui sera trouvée coupable, Et que le Consistoire donnera témoignage 
authentique des choses qui sont passées, pour la partie innocente se pourvoir par devant le 
Magistrat ou autrement comme elle conoîtra bon être, Ce qui leur a été dénoncé en cette 
Assemblée, le 25 e d’Avril l’an 1601, afin que nuis n’en prétendent ignorance. 

Philippe De la Motte. Giles Ewins. 

! COLLOQUE XVI. LONDRES, 1603. 

Les Articles du Colloque tenu a Londres, le 19, 20, 21, 22, 23 e 
jours de May, 1603. 

Auquel ont assisté, De la part de T Eglise de Londres, Monsieur 
De la Fontaine Ministre, et Michel Des Bordes Ancien. 

De la part de VEglise de Norwich, Mons r De Laune 
Ministre, et Michel Lescaillet Ancien. 

De celle de Cantorhery, Mons r Chevalier Ministre, et Jean 
Du Quesne Ancien. 

De Hamptonne, Mons r De la Motte Ministre, & Mons r 
Hersen Ancien. 

Apres T invocation du nom de Dieu, Monsieur De la Fontaine fut 
choisi pour modérer U Action, et Mons r De Laune pour écrire. 

1. A l’Article 2 e du Colloque precedent, sur le point de la recherche de l’argent ou moyens 
que pourroyent avoir les pauvres qui sont a l’aumône de l’Eglise, A été trouvé bon d’ajoûter, 
qu’en cas de resistance on y emploira l’aide du Magistrat. 

2 . L’Article 4 e du Colloque precedent demeurant aprouvé et en son entier, pour plus grand 
: éclaircissement Les Freres y ajoutent, que le tout est sans prejudice des justes apellations qui 

pourroyent être interjetées, pourveu quelles soyent telles et si bien fondées que l’Apelant en 
puisse rendre raison sufisante, a peine des Censures que justement il encourroit, pour avoir 
retardé ce qui séroit du bien et de la bonne conduite de l’Eglise. 

3 . L’Article 8 e du Colloque precedent, par l’avis des Freres sera couché en ces termes. Ceus 
qui auront été retranchez publiquement pour scandales publics et notables, (a quoy toutefois on 
ne procédera que meurement) ne seront admis a la pais de l’Eglise que par satisfaction 

• publique, soit en presence ou autrement, Ce qui est remis a la prudence des Consistoires, 
Lesquels sur tout auront a discerner ceus qui se montrent etre touchez d’une vraye repentance, 
par une bonne vie chrêtiene, des autres qui feroyent coutume de retourner a leurs fautes et 
scandales. 

4 . Les Freres ont trouvé bon d’écrire aus Freres que nous saurons être assemblez en Synode 
national en France, ou provincial es païs bas, touchant ceus qui départent d’entre nous 
retranchez de la communion, et dequoy êtans avertis, neantmoins ils les reçoivent et admetent 
a la Cene comme membres de leurs Eglises, sans aucune dificulté ; Dont peut sourdre du mépris 



44 



LIVRE DES COLLOQUES. 



et mécontentement entre les Eglises qui doivent être très unies, A ce qu’a l’avenir tels 
desordres soyent empêchez, comme nous les évitons de notre part. Et Mons r De la Fontaine 
prendra la charge pour la France, et Mons r De la Motte pour les Païs bas. 

5 . Sur la Proposition faite par le Frere Mons r Chevalier, tendant a sa décharge ou 
soulagement en l’Eglise de Cantorbery ou il a servi, Apres avoir diligemment entendu et 
examiné les raisons tant de luy que du Frere Ancien de la dite Eglise, A été avisé de 
communiquer de ce fait au Consistoire de l’Eglise de Londres, pour puis aprez en résoudre 
plus amplement. 

6. Aprez laquelle comunication a été avisé, qu’outre les lettres qu’écriront ceus du 
Consistoire, Le Frere Chevalier sera exhorté de suporter et s’acommoder tant qu’il pourra a la 
dite Eglise, et Elle semblablement de le soulager, notamment és charges qui proprem* ne 
convienent a son Ministère, Et de pourvoir au reste a l’entretenement honête de luy et de sa 
famille. 

7 . Les Eglises seront averties, lors qu’elles choisiront leurs Députez pour être envoyez aus 
Colloques, de faire prendre garde aus Articles décidez aus Assemblées precedentes, afin de ne 
faire rien proposer des choses lesquelles auparavant auront été décidées : Et pour faciliter ce 
conseil, Le Frere De Laune est requis de digerer les Articles des susdits Colloques en forme 
d’indice des matières principales qui y sont contenues. 

8 . Par avis commun a été trouvé bon et necessaire de saluer sa Majesté au nom de toutes 
les Eglises étrangères réfugiées en divers endroits de ce Royaume, par les Ministres et Anciens 
de present Députez en ce Colloque, joints avec les Freres de l’Eglise Flamende de Londres, et 
implorer sa faveur et bienveuillance envers les dites Eglises, pour les conserver a l’avenir sous 
sa Protection, en la même liberté et privileges dont elles ont joui jusques a present, tant pour 
le regard de leur profession et ordre en la Religion, que pour leurs marchandises et 
manufactures : Ce qui s’êtant exécuté, le lundy 23 e de ce mois de May, Sa Majesté a receu fort 
benignement les dits Députez, avec promesses gracieuses de maintenir et conserver les dits 
étrangers en toute liberté, selon que et la proposition et la réponse de Sa Majesté sont plus 
amplement exprimées es écrits que les Freres en remportent chacun en son Eglise, outre ce que 
de bouche ils en pourront declarer eus mêmes. 

Les Articles particuliers du dit Colloque. 

9 . Quant au fait proposé par les Freres de Cantorbery, touchant Philipe De Kerle, Les 
Freres sont d’avis que les témoignages par luy produits soyent comuniquez aus Freres de 
l’Eglise Flamande de Sandwich : Et en cas qu’ils se trouvent véritables, ses annonces étant 
publiées selon l’ordre sans qu’il s’y trouve aucun empêchenfi qu’on procédé au Mariage lequel il 
requiert. 

10 . Les Freres de l’Eglise de Londres sont priez, quand ils verront le tems propre pour 
confirmer les privilèges et Liberté des Eglises, de leur en donner avertissement : Lesquelles 
aussi en cas de quelque nouvel empêchement ou moleste qui leur seroit faite, en donneront avis 
aus dits Freres. 

11. Sur la proposition faite par les Freres de l’Eglise de Norwich, touchant Pierre Truye, et 
Nicolas De Corte, atendu qu’ils se sont séparez de L’Eglise de Norwich par refus opiniâtre du 
devoir auquel ils étoyent obligez pour l’entreténement de l’Eglise, méprisans et l’exhortation du 
Consistoire et l’authorité de My Lord l’Evêque, en quoy ils ont persévéré jusques a present, 
L’Avis de la Compagnie est de procéder a l’encontre d’eus jusques a dénonciation de leurs 
fautes, pour lesquelles on ne les peut plus tenir membres de la dite Eglise : Comme aussi en 
general en pareil cas, les Freres sont d’avis, et pour le fait en soy, et pour la consequence, apres 



COLLOQUE, XVI, LONDRES, 1603. 



45 



tous autres devoirs particuliers faits, de les séparer de la Comunion, avec avertissement si 
besoin est qui en sera donné a Mess™ les Evêques en leurs Dioceses, et aus Eglises et Magistrats 
et Paroisses angloises qui les reçoivent. 

12. Le fait du Frere Oste Mesman étant examiné, et par ses paroles et par ses écrits par 
luy produits, Les Freres ont avisé qu’il aura a reconoître qu’il a mal fait, et contre le devoir 
d’un Chrétien, de n’avoir en toutes sortes recherché les moyens de reconciliation, et suivi ceus 
qui luy ont été présentez, Comme aussi sur tout de s’être par ce moyen séparé si long tems de 
la Communion, declarant avoir vraye repentance de ses fautes passées, Et priant les Freres, 
lesquels en quelque sorte il pourroit avoir ofensé de parole ou autrement, d’admetre sa 
reconciliation, et toute l’Eglise de le reconoître pour Frere. 

13. Aprez avoir ouï en deus Propositions le Frere Timothée Blier, avec grand contentement 
de tout ceus qui l’ont ouï, et bonne esperance pour l’avenir, Veu la declaration qu’il nous a 

| faite de son bon vouloir a poursuivre ses études, et sa resolution au service des Eglises qui 
l’entretienent ; Apres avoir aussi entendu les raisons et la resolution des Freres de l’Eglise de 
Londres, resignant tout le droit au dit Frere aus trois Eglises de Cantorbery Norwich et 
Hamptonne, pour être employé par leur avis au lieu ou la nécessité le requerra davantage ; 

; C’est pourquoy les trois Eglises se sont résolues a continuer son entreténement, jusques a ce que 
moyenant le grace de Dieu il soit rendu capable de servir a Dieu et a Son Eglise : Aprez quoy 
les dites trois Eglises de notre langue, conjointes avec celle de Londres, se sont résolues 
ensemble de continuer de tems en tems, autant que leur puissance s’étendra, l’entretenement 
d’un écolier ainsi dédié au service des dites Eglises, selon que par jugement commun elles le 
jugeront necessaire. 

14. L’Eglise de South-Hampton aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée, lors 
quelle en conoîtra par communication avec les autres Eglises des raisons sufisantes. 



46 



LIVKE DES COLLOQUES. 



SYNODE I. LONDRES, 1603-4. 

Les Actes du Colloque tenu a Londres, le 16" jour et suivans de 
Mars 1603, stile J Angleterre. Auquel ont assisté, au nom de 
toutes les Eglises françoises et flamandes de ce Royaume, Les 
Freres Mons r De la Fontaine Ministre, et Philipe Selin Ancien, 
et Mons r Regius Min re , & Jean De Bacere Ancien, pour 
Londres. 

Samuel le Chevalier Ministre, et Elias Maurois Ancien, pour 
Cantorbery. 

Mons r Prost Min re , & François Eurard Ancien, pour 
Colchester. 

Mons r De Laune Min re <& Baudoin Burgarél Ancien, pour 
Norwich, aussi Pierre Walwin et Jean Cruso Anciens , 
pour Norwich et Jermue. 

Giles De Mayre Ancien, pour Sandwich, avec commission 
par lettres adressées aus Freres Députez en Colloque, 
de la part des Freres de Hamptonne et de Maidston. 

Auquel aprez V invocation du nom de Dieu, Mons r De la 
Fontaine a été choisi pour modérer V Action, et Mons r De 
Laune pour écrire. 

1. Pource que les Freres des Eglises étrangères des deus langues ayans avisé de presenter 
requête a sa Majesté, pour confirmation de la liberté de laquelle ils ont joui jusques a present, 
en ont été déconseillez et détournez par ceus sans lesquels ils n’eussent rien sceu obtenir, 
Atendu que les dites Eglises sont en possession de leurs libertez sans molestes ni empêchement 
quelconque, Pourtant ont les dits Freres résolu par comun avis de requérir ce qu’on conoîtra 
d’Amis Bourgeois et ayans vois en Parlement de veiller pour le bien de nos Eglises, et nous 
donner avis de ce qui se ni étroit en avant a leur prejudice, pour chercher remede au contraire. 

2 . De traiter avec les Evêques de quelque soulagement pour nos pauvres êtans a l’aumône, 
au fait des Batêmes, Mariages, Sepulture, Cene &c. Et en general requérir qu’en ces choses 
Eclesiastiques rien ne soit exigé des nôtres que comme on le fait des Anglois. 

3 . De ces choses et semblables sont requis les Freres de Londres de communiquer au 
plutôt que faire se pourra avec Mons r l’Evêque de Londres, pour reconoître de bonne heure 
s’ils auroyent a requérir entre eus ou a remuer quelque chose contre la liberté de nos Eglises, 
afin d’y pourvoir d’heure par requête a sa Majesté ou autrement. 

4 . Quant au Magistrat, sera bon de requérir qu’autre Begître ne se fasse des enfans de nos 
Eglises que celuy qui se fait par les Paroisses outre celuy de nos Eglises : La aussi, ou par 
devers Mess rs du Conseil, les Freres de Londres sont conseillez de se pourvoir de quelque ordre 
contre les coureurs, banis, et excomuniez, qui se retirans dailleurs ne se rangent de nulle Eglise 
et causent beaucoup de scandales. 

5 . Quant a poursuivre que les enfans des étrangers nais en ce païs puissent comme Anglois 



COLLOQUE XVII, LONDRES, 1603-4. 



47 



obtenir la franchise de Londres et autres lieus, L’avis est d’en laisser la poursuite aus Marchans 
et autres Freres, selon la commodité qu’ils conoîtront en pourvoir recevoir, n’êtant ce fait 
Eclesiastique. 

6 . Sur la proposition qui a ete faite, s il ne seroit expedient d’avoir un Synode composé de 
toutes les Eglises étrangères recueillies en ce Royaume, a été trouvé bon d’en communiquer 
premiérem* aus Consistoires, pour puis aprez s’entr’avertir. 



COLLOQUE XVII. LONDRES, 1603-4. 

Actes, du Colloque des Eglises de la langue Françoise, tenu au 
même tems et lieu. 

Auquel, aprez T invocation du nom de Dieu, Mons r C appel a été 
choisi pour modérer V Action, et Mons r De Lamie pour écrire. 

7. Pour diverses raisons, a été trouvé bon, que c y aprez on n’enregîtrera plus les faits 
particuliers portans les noms des personnes particulières avec les Actes generaus des Colloques, 
n est qu il soit question d’Heresie, Excommunication, et autres faits d’importance, autrement, 
Si ce sont faits qui puissent porter quelque instruction pour la généralité de nos Eglises pour 
1 avenir, Et lors seront couchez en telle sorte que la personne ne sera difamée la ou son fait n’est 
conu, Mais chaque Eglise les enregîtrera aus Actes du Consistoire ou le dit personnage sera 
resident, autant qu’elle jugera expedient. 

8 . Les Eglises ou la coutume n’est point de porter les gages aus Veuves des Ministres, 
seront exhortées de ce faire : Comme aussi toutes en general, de visiter les dites Veuves a Noël 
aussi bien que les Ministres, selon l’article de la Discipline. 

9 . _ L Eglise de Londres sera exhortée de se conformer a la coutume des autres Eglises, en la 
publication des Témoignages des ceus qui se retirent de leur Eglise. 

10 . L Eglise de Norwich sera requise de se conformer aus autres Eglises en leur collectes 
I P 0UT I e Ministère et les pauvres, assavoir de n’apeler le peuple pour recueillir leurs vois, se 

contentant de ce qui sera trouvé expedient par le Consistoire et les Diacres. Item d’observer 
: ^ Articles 6 e et 14 e des Colloques tenus 1594, et 1595, touchant la publication des afaires 
politiques en chaire, Et particulièrement de ne publier plus les Tutelles. 

Et 

j 11. Les Freres de Cantorbery seront priez de procurer une obligation de Daniel Tuvel, par 
laquelle il soit obligé de payer 4 L sterlin par an, assavoir chaque quartier vint shelins, 
començant en 1 année 1607, et continuant jusques a ce qu’il rembourse aus Eglises 40 L sterlin 
sous et deniers qu’il leur doit. 

12 . La Compagnie ayant pesé de part et d’autre les raisons tant de l’Eglise de Cantorberi 
que de celle de Hamptonne touchant l’apropriation du Frere Timothée Blier lors qu’il seroit 
trouve capable du Ministère, A avisé, veu la nécessité présente de l’Eglise de Hamptonne, a 
cause de 1 infirmité de Mons r De la Motte, qu’il leur sera prêté par provision, jusqu’au prochain 
i 0 0< i ue > n es ^ ( ! ue P ar avis commun il soit apelé a autre Eglise qui en aura plus besoin. 

, Atendu que le Frere Timothée Blier a été entretenu aus frais communs notamment de 

rois glises de Cantorbery Norwich et South-hamptonne, a condition de vaquer a ses études, 



48 



LIVRE DES COLLOQUES. 



puis être apelé et employé au Ministère par l’avis en commun des dites Eglises, Les Freres 
assemblez en Colloque sont d’avis que lettres seront écrites aus Freres de South-hamptonne, 
pour les prier de considérer le prejudice qui par leur faute et precipitation a été fait aus 
Eglises, de n’avoir pressé sufisamment son depart pour poursuivre ses études, mais l’avoir mis 
en public, et par trop avancé aus actions du Ministère ; d’avoir ou aidé ou connivé au fait de 
son Mariage, lors que contre sa promesse verbale et signée de sa main il s’est legerement arêté 
a suivre ses afections, sans en avertir les Eglises qui y ont intérêt, et aparamment intéressé la 
liberté des vois et l’election des dites Eglises pour son Ministère ; Fait qui est pour décourager 
les gens de bien afectionnez a l’entre ténement des Ecoliers, Ce que les dits Freres de 
Hamptonne pèseront s’il leur plaît meurement : A quoy aussi sera ajoutée une censure et 
remontrance fraternelle de leur nonchalance et défaut a l’envoy au Colloque assemblé en tems 
si necessaire pour le bien de leur Eglise comme des autres, A quoy la presence des Anciens a 
été tant plus necessaire, qu’ils ont deu supléer au defaut et a l’absence de leur Pasteur. 

14. Les Consistoires des Eglises seront avertis et priez de n’avancer en public aucun 
Proposant devant l’election au Ministère, sinon avec manifeste diference de sa condition de 
proposant d’avec ceus qui déjà sont établis au ministère, Et sans y apeler autres que ceus qui 
ont charge en l’Eglise, et peu d’autres qu’on jugera y avoir interet. 

15. L’Eglise de Norwich aura la charge de convoquer le prochain Colloque, lors que par 
avis commun elle le jugera être necessaire. 



COLLOQUE XVIII. NORWICH, 1606. 



Les Articles du Colloque tenu a Norwich , le 15 e jour et suivans de 
Septembre, 1606, stile Anglois. Auquel ont assisté , 

De la part de V Eglise de Londres, Les Freres Aaron Capel 
Ministre, et Jean Du Quesne Ancien. 

De la part de V Eglise de Norwich, Pierre De Laune Ministre, 
et Jaques Attage Ancien. 

De la part de V Eglise de Cantorbery, Samuel Le Chevalier 
Ministre, et André Baquelé Ancien. 

Et De la part de V Eglise de Hamptonne, Timothée Blier 
Ministre, et Isaac Harivel Ancien . 

Auquel, aprez Tinvocatian du nom de Dieu, le Frere Aron Capel 
a été éleu pour modérer V Action, et Timothée Blier pour écrire. 



1. Sur ce qui a été proposé de Daniel Timel, qui requiert de reprendre ses études en 
Théologie qu’il a par cy devant encommencées pour le service de nos Eglises, Atendu quil les 
a temerairement quitées par l’espace de plusieurs années, sans l’aveu des Eglises ausquelles il 
etoit obligé par promesse et par signature, A été arêté par avis commun, qu il ne sera 
entretenu, avec charge donnée aus Freres de Cantorbéri et Hamptonne avec les Freres de 
Londres de solliciter le remboursement dés Eglises, suivant l’Article 13 e (11 e ) du Colloque 
precedent. 

2. L’Eglise de Londres est derechef exhortée de se conformer aus autres, en la publication 



COLLOQUE XVIII, NORWICH, 1606. 



49 



des Témoignages de ceus qui partent d’entre eus, ou d’envoyer leur raisons au contraire pour le 
prochain Colloque. 



3 . Nicolas de Corte, et Pierre True, êtans apelez en Colloque, ont refusé de comparoître, 
Suivant quoy, aprez quelques devoirs faits envers Mess 1 ' 3 Le Chancelier ou Evêque, on procédera 
a l’encontre d’eus selon l’Article 10 e (11 e ) du Colloque 16 e . 

4 . Quant a ce qui a été proposé touchant les pauvres Anglois qui vienent faire Collectes 
sous l’authorité des licences du Roy, A été ordonné que les deniers qu’ils demandent ne seront 
tirez de la bourse du Ministère, ains de celle des Diacres, ou bien l’Anglois même en fera la Collecte 
a la porte du Temple, suivant l’avis du Consistoire. 

5 . Pource qu’on entend que plusieurs se donnent license de détracter des Colloques, A été 
trouvé bon que tant par Predications que par censures du Consistoire telles insolences soyent 
repi’imées. 






6 . Pour le regard des amendes provenantes du Consistoire et des Diacres, A été jugé qu’elles 
seront employées a l’usage des pauvres et autres nécessitez Eclesiastiques, et non en Taverne, 
Et partant ou telle corruption est, on doit en toute diligence y mettre la main, pour la 
reformer. 



7 . En la Discipline Arti : 6 Du Mariage, qui touche les hommes qui se veulent remarier 
Le mot d’exhorter se doit exposer en cette sorte, Que si la partie n’ayant égard a l’honnêteté ne 
veut diferer 2 mois ou moins, on le pressera jusques au bout a son devoir ; s’il demeure opiniâtre 
remontrance luy en sera faite devant tous ceus qui l’acompagneront aus fiançailles, Et en cette 

I sorte pour éviter plus grand mal on les mettra en promesses. 

8 . Pour obvier a quelque inconveniens passez, on a arêté que l’Eglise qui aura mis la 
celebration du jûne en deliberation en avertira de bonne heure les autres Eglises plus éloignées, 
A ce que tout se fasse par ordre et avec edification. 



9 . Sur la proposition qui a été faite touchant les Assemblées des Colloques, tant au regard 
du tems que des personnes qui y doivent être envoyées, l’avis commun a été que Quant au tems, 
îasoit qu’ils ayent été frequens la nécessité le requérant pour les fondemens des Eglises qui 
étoyent encore a jeter, Toutefois pour l’avenir on trouve expedient qu’il ne seront plus si 
frequens, sinon que les afaires soyent de grand importance, lesquelles seront réciproquement 

| communiquées aus Eglises au tems convenable, Quant aus personnes on prendra l’avis des 
; Consistoires, savoir si 2 Anciens acompagneront le Ministre. 

10 . L’Eglise de Cantorbery se trouvant empêchée en l’execution de la Discipline 
eclesiastique par aucuns particuliers, qui méprisans les Censures du Consistoire, même en fait 
de scandales publics, se retirent en la Communion des Anglois, tant pour s’exemter de plus 
contribuer aus charges de l’Eglise, que de reconoître faute, et pour vivre en plus grande liberté, 
A ce qu’il y ait un ordre établi pour remedier a ce desordre, On a remis l’afaire a l’Eglise de 
Londres, pour y pourvoir selon qu’il sera le plus expedient. 

11. Combien que les Examens de ceus qui se transportent d’ Eglise en autre, ayans 
i Témoignage, soyent aprouvez en general, Toutefois on prie les Eglises ou cette coutume est 

receuë, d’avoir egard a ceus qui ayans de long tems donné témoignage de leur foy et bonne vie 
sont jugez irrépréhensibles, pour ne les mettre au rang des Catéchumènes. 

12. Le Frere André Bacquelé, authorisé de l’Eglise de Cantorbery, ayant requis le Colloque 
d’aprouver l’apropriation faite par l’Eglise de Londres du Frere Samuel Le Chevalier pour 
Ministre afecté a la dite Eglise de Cantorbery, sous les conditions contractées entre eus, La 
Compagnie des Freres Députez de nos Eglises y ont donné leur plein consentement. 

G 



50 



LIVRE DES COLLOQUES. 



13. Le prêt du Frere Timothée Blier a l’Eglise de Hamptone, est continué jusques au 
prochain Colloque, a même condition qu’en l’Article 14 e (12 e ) du Colloque precedent. 

14. Les Freres de Hamptonne ayans produit leurs défenses et raisons, concernantes les 
trois points de la censure qui leur a été faite au Colloque dernier le 16 e de Mars 1603-4 et 
étant particulièrement examinées, A été jugé que touchant le premier point qui est du 
retardement du Frere Timothée Blier a Hamptonne, contre la resolution arêtée par les trois 
Eglises, assavoir de Norwich Cantorbery et Hamptonne, et du depuis particulièrement de 
celle de Cantorbery, laquelle a pressé son partement pour Montauban, A été dis-je jugé, que les 
raisons mises en avant par les susdits Freres de Hamptonne pour leur défense sont de pois. Et 
si elles eussent été ouïes au Colloque tenu a Londres, l’Acte du dit Colloque touchant ce fait 
n’eût pas ainsi été dressé : Toutefois on est d’avis que le dit Acte demeure, puis que ce qui a 
été fait est avenu par la nonchalance de ceus de Hamptonne a envoyer aus Députez ou écrire 
au Colloque susdit, Et notamment puis qu’une des principales fins d’iceluy étoit pour 
l’instalation du dit Frere Timothée Blier au Ministère, ou étoit besoin de produire les raisons 
de leur fait, ce qui a été négligé. Quant a avoir avancé en public le dit Frere, c’est a dire luy 
avoir baillé la chaire devant que d’avoir receu l’imposition des mains, Veu que cela n’a été fait 
par une deus ou trois fois, mais par l’espace d’environ 4 mois tous les Dimanches au matin. 
Nous jugeons que cela est contraire a la parole de Dieu, et non conforme a ce qui a été pratique 
de tout tems en l’Eglise. Quant au troisième point de la Censure, qui est d’avoir connivé aus 
promesses du futur Mariage, Puis que les Freres de Hamptonne nous afirment n’en avoir rien 
entendu, et partant n’y avoir connivé, nous acceptons en charité cette réponse. 

15. L’Eglise de Cantorbery aura la charge de convoquer le prochain Colloque, lors que par 
avis commun elle le jugera être necessaire. 

Faits particuliers pour T Eglise de Cantorbery. 

16. Le Consistoire de Cantorbery ayant remis la decision du fait en controverse, touchant 
Jaque] ine femme d’Anthoine Blondeau, A été avisé pour lever le scandale, que cette forme de 
publication sera suivie, ou en defaut d’icelle procéder a suspension publique. 

17. Comme ainsi soit que Jaqueline femme d’Anthoine Blondeau par quelque sien 
comportement sur lequel le Magistrat a donné jugement ait donné ocasion a plusieurs de se 
scandalizer, La soeur susdite confessant sa faute desire que le scandale soit leve par cette 
publication de sa reconoissance, V ous prians que la reconoissiez pour membre de 1 Eglise de notre 
Communion. 



Aaron Cappel. 
Timothée Blier. 



COLLOQUE XIX, LONDRES, 1610. 



51 



COLLOQUE XIX. LONDRES , 1610 . 

Actes du Colloque des Freres des Eglises Franchises réfugiées en 
Angleterre , tenu a Londres V onzième dé Octobre et suivons, en 
Van 1610 , Sous la protection du Tres-puissant Roy de la 
grande Bretagne Jaques premier de ce nom, Auquel ont 
comparu, 

Pour V Eglise de Londres, Mons r De la Fontaine Ministre, et 
Mons r Harderet Ancien. 

Pour VEglise de Cantorbery , Mons r Le Chevalier Min re , et 
Roger Salomé Ancien. 

Pour Norwich, Mons r De Laune Ministre, et Baudwin 
Burgar Ancien. 

Pour Hamptonne, Mons r Blier Ministre, et Jean Herçan 
Ancien. 

Auquel, aprez l’invocation de Dieu , Mons r De la Fontaine a été 
éleu pour modérer V Action, et Timothée Blier pour écrire. 

1. Les Eglises Flamandes seront enquises si elles trouveroyent expedient de se conj oindre 
avec les nôtres en Colloques et Conference. 

2 . Pour réponse a l’apel et a la lettre de Jaqueline du Pont femme d’Anthoine Blondel, 
La Compagnie est d’avis que pour n’avoir produit aucun Témoignage ni copie authentique de 
sa justification, Elle ne peut prendre connoissance de son fait, outre la resolution prise au 
dernier Colloque, Lequel donna son avis sur les preuves produites contre elle par acte tant des 
Politiques que du Consistoire, sans qu’elle de sa part ait fait paroir chose au contraire, Et 
pourtant est renvoyée a son Consistoire, ou pour y faire paroître son inocence, ou pour se 
soumetre a la censure qui luy a été ordonne. 

3 . A la proposition faite par les Freres de l’Eglise de Cantorbery, touchant le nombre des 
plats et gobelets usitez entr’eus en la Communion de la Cene, La Compagnie est d’avis (comme 
de chose indiferente) que l’usage libre en est loisible selon qu’ils trouveront être d’édification 
tant entr’eus que pour le regard des Anglois ; Et que s’ils trouvent bon de faire quelque 
changement, atendu que par ce moyen ils se conforment a la pluspart des autres Eglises de 
notre langue, qu’il est meilleur de le faire volontairement selon l’avis de cette Compagnie. 

4 . A été donné avis aus Freres de Cantorbery de se retirer derechef par devers Mons r le 
Commissaire de Mons r l’Archevêque, pour au nom de cette Compagnie luy faire complainte de 
la reception que se fait par son authorité en l’Eglise Angloise, de ceus qui pour les scandales 
publics sont suspendus et rejettez de leur Comunion, sans repentance ni satisfaction de leurs 
ofenses, Et sont requis les Freres de Norwich de les aider pour cet efet d’une Copie de 
l’inhibition en cas semblable obtenue de Mons r l’Evêque de Norwich et de son Chancelier. 

5 . Avenant quelques dificultez par les Eglises pour l’envoy des Pasteurs aus Colloques, sera 
a considérer Si l’empêchement aparamment doit être de longue durée, Et en tel cas les Freres 
au lieu d’un Ministre et un Ancien sont requis d’envoyer deus Anciens fournis de bons mémoires 
et Instructions : Mais en cas que l’empêchement fût aparemment de peu de durée, Sera meilleur 
de diferer et atendre quelque tems l’oportunité du Ministre même selon l’ordre acoûtumé. 



52 



LIVRE DES COLLOQUES. 






6 . Quant au fait de Jean Richard, Les Freres sont d’avis qu’il se doit contenter de la 
publication qui a été faite du Jugement du Magistrat touchant Jeanne Petit et sa fille, Atendu 
que comme les dites femmes ne sont pas condannées, aussi n’est la dite Jaquemine femme 
d’Anthoine Le Blanc et autres témoins convaincus de faus : Et pourtant aura a suivre l’avis du 
Consistoire, en se reconciliant avec ses parties, et metant toutes choses passées sous le pié, être 
ainsi receu a la Communion de la sainte Cene, N’est qu’il peût verifier l’Article porté par sa 
lettre, ou il semble afirmer que la dite Jaquemine se seroit dédite devant le Magistrat de son 
acusation ; Auquel cas le Consistoire auroit a procéder contre la dite Jaquemine, et l’amener a 
reconoissance de sa faute ; Et suivant cela sera averti ledit Richard, sans plus empêcher de ce 
fait ni les Eglises particulières ni le Colloque, en cas de mécontentement qu’il ait a se pourvoir 
ou il pourra et devra. 

7 . L’Article deuziéme du Colloque precedent, touchant la publication des Témoignages de 
ceus qui se départent des Eglises, étant derechef pressé ; Les Freres de l’Eglise, deduisans 
plusieurs raisons pourquoy en leur Eglise cela ne se peut faire sans beaucoup d’inconveniens, 
requièrent que la liberté leur soit laissée d’en user selon qu’ils trouveront être plus a propos 
pour le bien et l’édification de leur Eglise, comme ils laissent aus autres de s’en servir selon 
qu’ils trouveront être propre. 

8 . En examinant l’Article 8 e du Colloque precedent, concernant la publication du June, Les 
Freres aprouvans la coûtume et soin qu’a eu l’Eglise de Londres jusques a present de les avertir 
de la celebration du June lors qu’ils l’ont arêté entr’eus, Sont d’avis de les requérir pour 
l’avenir de continuer mêmes avertissements ; Et quand il sera question des j fines lesquels seront 
a celebrer aprez longue intermission, et sans aucune nécessité fort pressante, qu’en ce cas ils 
communiqueront même du jour avec les autres Eglises, entant qu’il n’y aura rien qui presse : 
Mais qu’au reste a toutes les Eglises en general, soit pour cause particulière soit publique, il 
soit libre a toutes et chacune des Eglises de celebrer le Jûne, et d’en ordonner le jour, en donnant 
avis aus autres Eglises, avec liberté toutefois de suivre leur example et faire chois du jour 
selon leur commodité propre. 

9 . A la complainte de Jean Mouret, contre les Freres de l’Eglise de Canterbury, A été 
répondu, qu’atendu qu’il ne produit aucunes preuves pour verifier ce qu’il propose contre le 
Consistoire et Diacres de la dite Eglise, que ce qu’il prétend verifier n’est de nulle importance 
pour le fait principal, Et qu’il n’a même aucune preuve de ce qu’il dit, encore qu’il ait été averti 
de la présente Assemblée, Et que c’est chose contre raison qu’il requiert que les Freres tardent 
icy 8 jours au prejudice de leurs Eglises ; Il sera induit autant qu’il sera possible de se 
reconcilier avec les Freres Ministre Anciens et Diacres, et ainsi communiquer a la sainte Cene, 
A peine de subir les Censures eclesiastiques contre les rebelles et réfractaires. 

10 . Les Freres de l’Eglise de Hamptonne quant au fait des Marreines au Batême des enfans 
auront a s’arêter a la resolution prise touchant ce fait au Colloque 6 e Art : 3 e tenu a la Rye 
en l’an 1587, Laissant la liberté a ceus qui auront des enfans ou d’en prendre ou de les laisser 
selon la coûtume anciene et l’Article susdit: Étant au reste du devoir du Consistoire, 
d’empêcher les dépenses inutiles qui pour ce regard se pourroyent faire par les familles. 

11. Quant au moyen de pourvoir a l’entreténement du Ministère en l’Eglise de Hamptonne, 
Les Freres des trois Eglises de Londres Cantorbery et Norwich sont derechef requis, de 
représenter a leurs Consistoires les resolutions prises concernantes ce fait és Colloques 3 e Art : 
13, 4 e Art: 6, & 7 e Art: 6 & 7, et l’importance de la dite Eglise de Hamptonne, A ce que la dite 
Eglise s’aquitant en charité comme elle fait de son devoir, elle ne demeure point destituée de 
Pasteur: Et se fera réponse absolue dedans deus mois des dits Consistoires a la susdite Eglise de 
Hamptonne de ce qui se peut faire ou de leur refus, Lequel avenant, et que l’Eglise de 
Hamptonne en recherchant aide de fait pour l’entreténem 1 du Ministère entr’eus par toutes 
voyes convenables ne puissent neantmoins fournir aus nécessitez de leur Ministre, En ce cas le 






COLLOQUE XIX, LONDRES, 1610. 



53 



dit Frere demeurera en sa liberté de se pourvoir ailleurs, donnant le tems de demi an a la 
dite Eglise pour se pourvoir réciproquement. 

12. En outre les Freres sont d’avis, bien que le Frere Mons r Blier ne soit point précisément 
aproprié a l’Eglise de Hamptonne, que neantmoins en cas que son service continuât au milieu 
d’icelle jusques a son décez, qu’en ce cas La dite Eglise seroit tenue de pourvoir a sa Veuve et a 
ses enfans, selon la teneur de divers Colloques precedens : Laquelle regie aussi d’entreténement 
des Veuves et Orfelins des Pasteurs, les Freres estiment être a observer diligemment, selon le 
devoir de charité et libéralité necessaire des Eglises, bien qu’ils ne leur eussent été précisent et 
du tout afectez. 

13. Encore qu’au livre de la Discipline generale des Eglises aucuns des Freres ayent 
proposé que les Articles qui concernent l’ofice de Docteurs ne soyent pas utiles pour l’êtat de 
leurs Eglises, Neantmoins pour le regard de celles ou pareille ocasion se peut presenter de 
l’observer comme autrefois on a fait, Les Freres sont d’avis d’en laisser les Articles en leur 
entier, sans astriction pour celles qui ne les jugeront point necessaires. 

14. En l’Article de la Discipline ou il est parlé du tems du service des Anciens et Diacres, 
Le tout est remis a la liberté et commodité des Eglises. 

15. Les Freres sont exhortez, qu’en cas que les moindres censures des fautes notables 
ne profitent point, conviendra mettre en pratique l’Article de la Discipline touchant l’ex- 
communication en toutes ses parties. 

16. Au chapitre de la Police et Discipline generale des Eglises, Chapitre des Anciens et du 
gouvernement de l’Eglise, l’Article premier attribuant au s Anciens par égal la conduite de 
l’Eglise en commun avec les Ministres, se doit entendre de ce qui concerne les meurs et le bon 
ordre extérieur, et non pas du jugement de la Doctrine. 

17. Le 10 e Article du même chapitre, ou il est traité des moyens de reparer le scandale 
commis par les Freres, s’entendra et se raportera (quant a l’execution) a l’astriction qui y a été 
mise par les derniers Colloques. Colloque 16 Art: 3. 

18. Les Eglises qui en la Collecte et distribution des deniers distinguent tellement leurs 
deus bourses qu’ils en rejetent l’aide et le secours mutuel, seront induites a se ranger a la 
pratique des autres Eglises et selon l’Article de la Discipline. 

19. La coutume ordonnée et pratiquée en plusieurs Eglises, de visiter les Pasteurs sur la fin 
de l’année, et de les soulager selon le moyen des Eglises, soit remise en usage et pratiquée la ou 
il y auroit eu du défaut. 

20. Pour observer quelque forme Prophétie entre les Freres, et par ce moyen faire preuve 
de leur dextérité et diligence a traiter l’Ecriture sainte, et donner lieu entre eus aus 
admonitions fraternelles touchant leur fasson d’enseigner, l’Avis est que les Colloques étant 
assemblez, Les Freres tant Députez pour la dite Assemblée que ceus qui seront és Eglises ou 
elle se fera, seront ouïs en forme de Prophétie : Et que pour cet efet, celuy qui aura la charge 
de la convocation de chaque Colloque, sera tenu quant et quant de donner texte convenable aus 
Freres susdits, Lesquels s’assujetiront aus saintes remontrances les uns des autres. 

21. En cas que les excommuniez ou suspendus publiquement de la Comunion, se voulussent 
ingerer de presenter des enfans au Batême, contre l’article de la Discipline concernant ce fait, 
Seront prévenus s’il est possible par avertissement de s’en désister ; et en cas d’opiniâtréte 
contre l’ordre de l’Eglise, seront publiquement rejetez et desavouez d’être ca pables de ce 
devoir en l’Eglise : Dautrepart si les Peres excommuniez ou suspendus publiquement, ou 



54 



LIVRE DES COLLOQUES. 



autrement contre toutes remontrances desordonnez en leur vie, se mettent en avant pour 
presenter eus mêmes leurs enfans ; Les enfans seront bien receus, mais avec avertissement 
même en public au Pere, que pour se rendre capable de se bien aquiter de ce devoir, il doit le 
premier reformer sa vie, pour être en example a ses enfans de vraye foy et repentance. 



22 . La complainte de la Veuve du défunt Mons r Marie touchant son entreténement, ayant 
été représentée aus Freres assemblez en Colloque par la bouche de Mons r Marie Pasteur 
de l’Eglise de Londres son fils, avec grand nombre de raisons tendantes a faire paroir 
l’obligation des Freres de l’Eglise de Norwich envers la dite Veuve : Ouïes aussi les raisons 
proposées au contraire par les Freres Députez de Norwich ; La Compagnie a été d’avis, en 
jugeant les dites remontrances etre toutes considerables et de grand pois, et portant prejudice 
pour toutes les Eglises et la continuation du dit Ministère entre icelles, que les dites Raisons 
seroyent déduites par écrit par le dit Frere Mons 1 ' Marie, et représentées en la Compagnie des 
Freres, Puis par eus elles seroyent envoyées aus Freres de l’Eglise de Norwich, avec prières très, 
instantes, répétées par les lettres qui leur en seront écrites de la part de toute cette Compagnie 
de les bien et meurement considérer et mettre en efet, pour le soulagent de la pauvre Veuve, 
de laquelle l’êtat est autrement déplorable et destitué de toute aide : Veu que notanfi pour les 
raisons susdites et autres très considerables, nous ne pouvons autrement juger sinon que la dite 
Eglise est obligée a ce devoir, atendu le fidele service que leur a été fait par le frere défunt 
Mons r Marie, et la juste vocation et aprobation de la dite Eglise touchant son Ministère, auquel 
il a continué jusques au dernier soupir de sa vie. 

Et en general, pour éviter a l’avenir toutes doutes et dificultez sur faits semblables, Les 
Freres sont d’avis, suivant ce qui est aussi pratiqué selon la Discipline des Eglises de France, 
Que lors qu’un frere Pasteur viendra a deceder, ayant continué au service de quelque Eglise 
jusques a la mort (ores qu’il n’y eût point d’apropriation formelle et absolue) qu’en ce cas 
les Eglises ausquelles ils auront servi seront tenues de l’entreténement de leurs Veuves et 
familles. 



23 . L’Eglise de Londres aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée du Colloque, 
au tems et lieu que par l’avis des autres Eglises elle l’entendra être necessaire. 



R. Le Maçon De la Fontaine. 
Timothée Blier. 



COLLOQUE XX, LONDRES, 1615. 



55 



COLLOQUE XX. LONDRES, 1615. 

Actes du Colloque des Freres des Eglises Françoises réfugiées en 
Angleterre, tenu a Londres, le 7 e de Septembre Tan 1615, sous 
la Protection du trespuissant Roy de la grande Bretagne Jaques 
premier de ce nom, Auquel ont comparu, 

Pour T Eglise de Landres, Les Freres Mons r Cappel Ministre, 
et le Sieur Pierre Beauvoir Ancien. 

Pour V Eglise de Cantorbery , Mons r Le Chevalier Ministre, et 
le Sieur Guillaume Santhune Ancien. 

Pour T Eglise de Hamptonne, Monsieur Blier Ministre, et le 
Sieur Jean Clungeon Ancien. 

Auquel, après Vinvocation du nom de Dieu, Mons r Cappel a été 
deu pour modérer V Action, et le Sieur Pierre Beauvoir pour 
écrire. 

1. L’Eglise de Londres nous ayant fait savoir, que le bon plaisir de sa Majesté est. qu’on 
prêche en nos Eglises la Passion du Seigneur le jour du Vendredi devant Pâque, et qu’on 
célébré la sainte Cene le dit jour de Pâque, nous avons trouvé bon de nous conformer en toutes 
nos Eglises a l’observation de l’un et de l’autre. 

2 . Quant aus desordres qui se commetent és Arêtements, l’avis des Freres est, que s’ils sont 
pauvres a l’aumône de l’Eglise qui les cometent, faisant des Arêtemens pour paroles injurieuses 
ou petites dettes, l’aumône leur sera retenue selon la discretion des Diacres ; Et quant aus autres 
Delinquans, ils seront admonêtez et censurez selon l’exigence du fait. 

3 . Les femmes qui se séparent de leurs Maris, et les Maris de leurs femmes, seront suspendus 
publiquement, n’est que Suivant la parole de Dieu ils se veulent réunir les uns avec les autres, 
ayans été admonêtez de ce faire. 

4 . Il a été avisé de répondre a la lettre adressée au Colloque de la part de l’Eglise de Delf, 
écrite en faveur de Jacob Sénéchal, touchant le Testament de son défunt frere Abraham, pour 
faire entendre en quoy la dite Eglise s’est méprise, écoutant les complaintes d’une part a 
l’encontre de plusieurs Eglises, sans avoir entendu cornent s’est passé ce qui le concerne que de 
sa bouche. 

5 . L’Article 20 e du Colloque precedent ayant été comuniqué aus Consistoires particuliers, 
on a trouvé trop de difficultez a le mettre en pratique. 

6 . Quant a l’Article pénultième de la Discipline, qui concerne les Ministres et Anciens qui 
doivent avoir vois aus Colloques, Est avisé qu’a l’avenir il est expedient pour rendre l’Assemblée 
plus complete et authentique, que tous les Ministres de l’Eglise ou sera convoqué le Colloque 
auront vois non seulement deliberative mais aussi definitive, excepté en cas que cela pourroit 
être prejudiciable a aucunes des Eglises. 

7 . Proposition ayant été faite, d’un ordre a observer constamment en la Convocation de nos 
Colloques pour le futur, On a trouvé necessaire de s’assembler en même tems que les Eglises 



56 



LIVRE DES COLLOQUES. 



Flamandes, assavoir de trois ans en trois ans, afin qu’en faits d’importance on se puisse aider de 
l’avis les uns des autres, Surquoy on atendra réponse des dites Eglises Flamendes : Toutefois, 
en cas qu’il se présentât juste ocasion de convoquer un Colloque extraordinaire, la Convocation 
se pourra faire, Nos Eglises signifiant reciproquenfi les unes aus autres les causes principales de 
la dite convocation deus mois auparavant, pour aviser a l’aprobation comune de la dite 
convocation extraordinaire. 

8 . La Question ayant été proposée touchant la celebration d’un Jûne, a cause des troubles 
qui comencent a se remuer en la France, A été avisé que les choses étant encore incertaines on 
atendra quelles soyent plus certaines, afin qu’avertissement étant donné a toutes les Eglises 
en tems convenable, elles puissent se joindre ensemble a la celebration d’iceluy. 

9 . L’Eglise de Norwich ayant été sommée, comme chacune des autres Eglises, d’envoyer 
ses Députez au Colloque, et n’y ayant obtempéré ; on a trouvé bon de leur faire une 
remontrance et Censure fraternelle, nonobstant leurs lettres du 18 e d’Août et du 4 e de 
Septembre envoyées pour leur excuse ; Les raisons de leur absence y contenues étant jugées 
insufisantes. 

10 . La même Eglise ayant défailli de son devoir envers Madame Marie, pour n’avoir suivi 
l’ordre donné par le Colloque precedent porté en l’Article 22 e , sera derechef sommée par lettres 
d’acomplir le contenu du dit Article, et de peser les raisons qui leur ont été écrites du passé, 
Yeu notament la complainte que la dite Madame Marie en a faite a la présente Assemblée, et 
le très grand mécontentement que toutes les autres Eglises en reçoivent. 

11. En outre la dite Eglise de Norwich est exhortée de se conformer aus autres Eglises, en 
la reception des pauvres familles ou personnes qui se retireront vers eus avec bon témoignage 
d’Eglises. 

12 - L’Eglise de Cantorbery ayant demandé avis corne elle procédera a l’endroit de 
Jaqueline femme d’Anthoine Blondeau, laquelle n’a voulu suivre ce qui avoit été ordonné és 
deus precedens Colloques ; A été trouvé bon, veu qu’il y a si longtems que la faute a été 
commise, qu’on la laisse rechercher elle même la pais de l’Eglise. 

13 . Sur l’Apel interjeté d’Anthoine Le Keux, a raison de ce que le Consistoire de 
Cantorbery le vouloit ranger a reconnoissance publique d’absence pour ses malversations, Le 
dit Anthoine étant comparu devant les Freres assemblez, et enquis s’il se vouloit tenir a l’avis 
du Colloque, a répondu qu’il etoit content de ce faire, moyenant que premièrement on voulût 
aviser a quelques plaintes qu’il avoit a faire contre son Pasteur Monsieur Le Chevalier : Luy a 
été dit et réitéré, qu’il faloit premièrement vuider ce qui étoit de l’Apel, et juger si le Consistoire 
auroit eu fondement d’exiger de luy telle reconoissance de faute ; Aprez, s’il avoit quelque 
plainte contre son Pasteur seroit ouï; Ce qu’il a refusé autant de fois qu’il a comparu au 
Colloque ; A raison de quoy avis a été donne au Consistoire de Cantorbery (veu notament son 
comportement insolent devant l’Assemblée du Colloque) qu’il pourra procéder contre le dit 
Anthoine a suspension publique, en cas qu’il ne se range a la dite reconoissance d’absence, Ou 
que le dit consistoire ne juge convenable de procéder autrement contre luy. 

14 . L’Eglise de Hamptonne ayant fait entendre son insufisance au regard de 
l’entretenement du Ministère en icelle ; Le Colloque n’a peu trouver moyen d’y suvenir 
présentement : L’Eglise de Cantorbery s’étant excusée sur ses grandes charges et pauvreté, 
l’Eglise de Norwich s’étant absentée, Et l’Eglise de Londres ayant bien la volonté et resolution 
de contribuer quelque chose, mais sans aucune aparence de pouvoir seule suvenir au defaut ni 
même de continuer. 

15 . Sur la Proposition faite touchant la fraction du pain en la sainte Cene, 1 Avis est que la 



COLLOQUE XXI, NORWICH, 1619 . 



57 



dite fraction du pain étant une Action apartenent proprement au Ministre, qu’a l’avenir ii ne 
sera rompu ou coupé par aucun autre que par luy ; Et qu’il le pourra faire en tems convenable, 
pour ne rendre l’action plus longue : Et au reste qu’on innovera rien en la forme par cy devant 
observée en la distribution. 

16 . Corne ainsi soit qu’êtans assemblez ou nous ait proposé une plainte contre le Consistoire 
de l’Eglise de Londres, pour avoir prohibé les Mariages le jour du Dimanche ; Quoy que 
Approuvions la procedure des plaintifs, pource qu’ils ont eu recours au Colloque devant de 
setre adressez au consistoire ; Neantmoins quant au fait nous jugeons que la dite Eglise s’étant 
en cela conformée a l’Eglise Flamende, et ayant les raisons que nous avons entendues, que c’est 
le devoir de chaque personne particulière membre d’icelle Eglise de s’assujetir a ce qui est 
ainsi ordonné par le consistoire. 

17 . L’Eglise de Hamptonne aura la charge de convoquer le prochain Colloque, observant 
les conditions contenues en l’Article 7 e de ce Colloque. 



Aaron Cappel Ministre. 
Pierre Beauvoir Ancien. 



COLLOQUE , XXL NORWICH 1619. 

Les Actes du Colloque des Eglises Françoises, réfugiées en 
Angleterre , tenu a Norwich, le 9, 10, et suivans, jusqu'au 
2D di Avril, 1619, style d' Angleterre, sous la protection du 
Trespuissant Roy delà Grande Bretagne <& c , Jaques premier de 
ce nom ; Auquel ont comparu, 

Pour V Eglise de Londres, les Freres Mons r Abraham Aurelius 
Ministre , et le Sieur Philipe Serrurier Ancien. 

P our l'Eglise de Norwich, Mons r Pierre De Laune Ministre, 
et le S r J ean Desmarets Ancien. 

Pour l'Eglise de Cantorbery, Jean Bulteel Ministre , et le 
Sieur J ean de B ever Ancien. 

Pour l’Eglise de South-hamptonne, Mons r Elie D'Arande 
Ministre, et le S r Jean Hersent Ancien. 

Premièrement aprez l'invocation du nom de Dieu , Mons r Elie 
D'Arande a été éleu pour modérer l'Action, et Jean Bulteel pour 
écrire les Actes. 

1. . Sur la lecture des Articles du Colloque precedent, tenu a Londres le 7 e de Septembre et 
es suivans, 1615, a ete résolu, Premierem 1 touchant l’Article 5 e , que la deliberation de ce qui y 
est contenu sera remise au Colloque prochain. 

2 . Sur 1 Article 7 e , Proposition ayant été faite d’un ordre a observer constamm* en la 
Convocation de nos Colloques pour le futur, On a trouvé bon et necessaire pour tant mieus 
entretenir 1 union de nos Eglises, de s’assembler de deus ans en deus ans, et ce a Londres, n’est 
que la nécessite requiere que le Colloque se tiene ailleurs et plutôt, selon ce qui est contenu au 
dit article. 



H 



58 



LIVRE DES COLLOQUES. 



3 . Sur l’Article 8 e qui est du June, l’Eglise de Norwich nous ayant représenté les 
Remontrances de Mons r Le Chancelier, et depuis de Mons r l’Evêque du lieu, qui desiroyent que 
quand elle auroit un jûne public elle eût une permission expresse du Roy, La Compagnie a 
résolu que l’affaire étant de consequence il est necessaire de la comuniquer aus Consistoires, qui 
au plûtôt en feront tenir leurs réponses et avis a la dite Eglise de Norwich. 

4 . Les Freres de l’Eglise de Norwich sont derechef exhortez de mettre en pratique l’Article 
10 e , touchant leur devoir envers Madame Marie. 

5. Sur l’éclaircissement que les Freres de Norwich nous ont donné touchant l’Article 11 e , 
concernant la reception des pauvres familles ou personnes qui se retirent vers eus avec bon 
témoignage des Eglises, La Compagnie a ete d avis que cet article soit leve. 

6. Sur l’Article 14 e , L’Eglise de South-hamptonne ayant fait paroitre son , insufisance au 
regard de l’entreténement du Ministère en icelle, La Compagnie a trouvé bon d’en faire raport 
a leurs Consistoires ; Et les Eglises de Norwich et Canterbury donneront réponse a l’Eglise de 
Londres au bout de deus mois, si elles pourront soulager la dite Eglise par contribution ordinaire 
ou non ; Et toutes ensemble donneront réponse a l’Eglise de South-hamptonne au bout de trois 
mois. 



7 . A été avisé que l’Article 15 e demeurera en son entier, et les Eglises en leur liberté. 

Faits Genevans et Particuliers. 



8 . Sur la Proposition faite par les Freres de l’Eglise de Londres, s’il est licite a aucune de 
nos quatre Eglises de ceder quelque chose de la liberté commune d’icelles sans le consentement 
des autres Eglises ? A été arêté, qu’il ne sera pas licite a aucune des dites Eglises de ceder 
quelque chose de sa liberté és choses essenci elles, ou même accidentéles communes et prejudiciables 
aus autres Eglises, sans le consentement et aprobation d’icelles. 

9 . Touchant l’authorité du Modérateur és Colloques Consistoires et autres Assemblées de 
nos Eglises ou le Pasteur preside, savoir si l’authorité du dit Modérateur s’étend jusques là que 
d’imposer silence et faire sortir si besoin est aucunes personnes des dites Assemblées, ou autres 
personnes qui s’y présentent, s’y comportans insolemment; Pour, fortifier lau thorite du 
Modérateur, et ôter ce qui pourroit empêcher le cours des afaires es dites Assemblées, Est juge 
expedient et necessaire que le dit Modérateur ait 1 au thorite spécifiée en la dite pi oposition , 
n’est que toute l’Assemblée lors présente s’y opose en. cors : Et cas avenant. que le dit Modérateur 
abusât de la susdite authorité, il en pourra être repris és Censures ordinaires. 



10 . Sur ce qu’és Eglises il se peut rencontrer des dificultez és décharges, des Anciens, et 
Diacres A été trouvé bon que toutes telles dificultez se doivent vuider parles avis du Consistoire 
et pluralité de vois, et en cas de scrupule de conscience on se pourra regler selon l’Article 4 e du 
Colloque 15 e . 



11. Sur la proposition des Freres de Norwich, jusques. ou on se peut servir de 1 authonte des 
Evêques et de leurs Oficiers, sans préjudicier a notre Discipline ; Pour observer un bon ordre en 
nos Eglises, Il ne sera pas licite a un particulier membre de l’Eglise contre un particulier ni au 
Consistoire contre son Pasteur, ou Pasteur contre son Consistoire ou Eglise, d apeler et avoir 
recours a l’Evêque ou a son Chancelier ou Commissaire, ni même en leur demandant avis 
particulier leur communiquer nos reglements ; Mais d’avoir recours aus Consistoires, et aus 
autres Eglises étrangères de notre langue en ce Royaume : Ce qui n’empêche point, que le cois 
de l’Eglise ne mette en pratique l’avis donné au Freres de Canterbury, Colloque 19 Article 4 . 



12 . 



Sur la proposition faite par les Freres de Norwich, savoir jusques ou on se peut servir 



COLLOQUE XXI, NORWICH, 1619. 



59 



de l’authorité du Magistrat és choses civiles ? L’avis est, qu’on doit suivre les moyens ordinaires, 
comme des homes Politiques là ou cette coutume est pratiquée, ou des Arbitres, autant que 
faire se peut, avant que d’avoir recours au Magistrat ; Et pratiquer l’Article 2 e du Colloque 
precedent : Et quant aus Contributions, Les Anciens Diacres et Homes politiques peuvent 
employer le bras du Magistrat, ou cette coutume est pratiquée, selon l’Article 3 e du Colloque 5 e . 

13. Sur la proposition faite par les Freres de l’Eglise de Londres, s’il est licite a aucuns des 
Pasteurs de nos Eglises Etrangères en ce Royaume d’avoir cure ou charge d’ames en l’Eglise 
Angloise, soit par soy soit par autruy, et cependant retenir sa charge en l’Eglise dont il est 
Pasteur ? A été résolu, que veu que le fait est de grande consequence, il est de besoin de le 
communiquer aus Consistoires pour être a plein debatu ; Et qu’atendant cela, Nul Pasteur de 
nos Eglises ne pourra accepter aucun tel benefice en l’Eglise Angloise, sans l’avis et resolution 
d’un Colloque, et retenir sa dite charge. 

14. Les Eglises sont exhortées de reformer autant que faire se peut, les abus qui se 
commetent par la trop grande hantise des tavernes et cabarets, qui répugnent a la sobriété et 
modestie chrêtiene. 

15. L’Eglise de Norwich est derechef exhortée de pratiquer l’Article 4 e du Colloque 17 e 
touchant les Collectes ; Plus encore l’Article 19 e du Colloque 19 e touchant la visite des Pasteurs 
a Noël ; et aussi d’être soigneuse que les Censures se fassent quatre fois l’an, selon qu’il est 
porté en la Discipline. 

16. L’Eglise de Londres est derechef exhortée de se conformer aus autres Eglises, et mettre 
en pratique l’Article 11 e du Colloque 18 e , touchant la reception de ceus qui aportent bon 
témoignage des autres Eglises, pour ne les mettre au rang des Catechumenes. 

17. Sur la proposition faite par les Freres de l’Eglise de Hamptone, quel moyen ils 
trouveroyent pour recouvrer les papiers, savoir Le livre de la Discipline, Les Actes des 
Colloques, & partie des Actes du Consistoire apartenans a l’Eglise ? A été répondu qu’envers 
ceus qu’on pretend les avoir, s’ils sont sous la Discipline on agira par la Discipline, et s’ils n’en 
sont point on agira par l’authorité du Magistrat. 

18. Sur les diferens que les Anciens de l’Eglise de Norwich ont eu avec leur Pasteur, 
contenans plusieurs griefs proposez des deus parts, Les freres Députez des autres Eglises 
leur ont demandé s’ils vouloyent se soumettre a leur jugement, et aquiescer a la sentence 
qu’ils donneroyent en la crainte de Dieu, pour ôter les causes du mal, et établir un bon ordre 
en leur gouvernement : Le Pasteur et Anciens se sont soumis universellement a toutes les 
resolutions du Colloque present (lesquelles les Députez de leur part ont promis de conclure en 
la crainte de Dieu) Les dits Pasteur et Anciens chacun en son endroit ont promis d’aporter 
sans feintise tout leur efort, a les faire observer a tout le cors de l’Eglise. 

19. La même demande ayant été faite aus deus autres cors de la dite Eglise, assavoir des 
Diacres et des Hordes politiques, touchant les afaires de l’Eglise, Ils s’y sont de même soumis, 
avec la même condition et promesse. 

20. La Compagnie ayant ouï les griefs des Anciens en cors contre leur Pasteur, et du 
Pasteur contre les dits Anciens, Tout considéré les a exhortez a mettre tout sous le pié 
réciproquement, Et se donner mutuele parole de s’employer d’un même courage a l’heureuse 
conduite de cette Eglise, a quoy ils ont aquiescé, et l’ont promis, se baillans la main les uns 
aus autres. 

21. Et quant aus dificultez qui étoyent entre quelques particuliers des dits Anciens et 
Diacres contre leur Pasteur, touchant quelques paroles, La même exhortation leur a été faite, a 
laquelle aussi ils ont aquiescé, et promis de vivre cy après en pais vayenfi chrêtiene. 



60 



LIVRE DES COLLOQUES. 



22. Giles Cambié et sa femme, Joël des ormeaus et Samuel Cambié leurs enfans, ayans été 
ouïs sur leurs doléances qu’ils pretendoyent être juste cause de leur sortie hors de cette 
Eglise ; Et le Pasteur ayant été ouï en ses réponses et justifications ; La Compagnie par 
exhortation convenable les a amenez a mutuele reconciliation, et a se bailler la main 
réciproquement, Dont est née esperance du retour en cette Eglise des susdits qui en sont sortis. 

23. Et sur ce que quelques uns qui avoyent été cy devant Anciens et Diacres se 
plaignoyent d’avoir été déchargez défectueusement, par l’omission de la clause de louange 
contenue en la Discipline, Et le Pasteur ayant été ouï, et déclaré qu’il etoit marri que les choses 
se soyent rencontrées avec telles circonstances, qu’il a pensé par icelles être contraint de faire 
ainsi ; La Compagnie a exhorté les dits Complaignans de se contenter de la dite declaration, 
a quoy ils ont aquiescé, et ont promis que cy après êtans rapelez selon les ocasions ils sont 
centens de servir a l’Eglise en telles charges. 

24. Zacharie le Mahi, sur quelque mécontentement mal a propos pris contre les Politiques 
et le Consistoire, & Pierre Desbonnets, sur ce qu’il avoit été justement censuré par le 
consistoire, s’êtans séparez de l’Eglise, ont été icy ouïs ; et n’ayans voulu donner lieu aus 
exhortations a eus faites, ont été renvoyez a prier Dieu qu’il leur donne meilleur conseil que de 
quitter cette Eglise de laquelle ils ont été si long tems membres. 

25. Sur la proposition des Anciens de l’Eglise de Norwich, jusques ou cette Eglise est 
obligée a Mons r De Laune leur Pasteur, Veu qu’il a promesse d’un benefice anglois par 
reversion ? A été résolu que pour le present et pour l’avenir, autant que les afaires dureront 
en letat auquelle elles sont touchant ce fait, la dite Eglise demeure obligée au dit S r De Laune 
son Pasteur et luy a elle, selon leurs mutuelles conventions : Mais que pour la cessation de 
cette obligation, étant chose qui concerne l’avenir, la resolution en est renvoyée a la resolution 
future de l’Article 13 e du present Colloque. 

26. Sur la dificulté déjà long tems consultée en cette Eglise, et avec les autres Eglises, sur 
ce que Mons r l’Evêque leur a déclaré son désir être qu’ils célébrassent la Cene a debout et non 
assis ; Et que maintenant Mons 1 ' le Chancelier nous est venu déclarer en notre Colloque, de la 
part de mon dit S r l’Evêque, que son intention est que cette dite Eglise célébré la Cene a 
genous ; La Compagnie n’ayant encore ni en leur personnes ni en leur consistoires ouï aucune 
ouverture de cette derniere forme d’être a genous, a estimé ne pouvoir veu la consequence 
du fait en donner maintenant sa resolution ; Et partant a donné charge a chacun des Pasteurs 
presens d’en traiter en leurs Consistoires, et au plutôt qu’il sera possible en faire tenir l’avis 
a cette dite Eglise ; Laquelle cependant continuera en la forme de celebrer la Cene usitée en 
toutes les Eglises Françoises de ce Royaume, selon que déjà il est porté par le reglement 
general contenu au 8 e Article du present Colloque. 

27. Mons r De Laune ayant représenté que par son Eglise avoit été contrevenu a la 
promesse qu’elle confesse luy avoir faite de Cent livres par an pour son entreténement ; Et les 
Députez des Anciens Diacres et Homes politiques et chefs des familles ayans été ouïs en leurs 
réponses et contestes, et notament en leurs excuses d’impuissance ; A été résolu que la dite 
Eglise luy fournira la somme de nonante livres par an, et mieus encore cy après si elle peut, 
De laquelle somme de nonante livres le dit S r De Laune a été exhorté de se contenter, jusques 
au dit pouvoir mieus. 

28. L’Eglise de Norwich aura la charge de convoquer le prochain Colloque. 



Elie D’Arande Ministre chargé de modérer l’Action. 
Jean Bulteel eleu pour écrire les Actes. 



COLLOQUE XXII, LONDRES, 1621. 



61 



COLLOQUE XXLL. LONDRES, 1621 . 

Actes du Colloque tenu a Londres, le 12 " jour J Avril 1621 , et 
suivans, sous la protection de trespuissant Roy de la grande 
Bretagne Jaques l r de ce nom, Auquel ont asisté, 

De la part de V Eglise de Londres, Mons r Marie Ministre, et le 
Sieur Gedeon de Ljaune Ancien. 

Pour V Eglise de Cantorbery, Mons r Bulteel Ministre, et le S r 
Pierre le Lièvre Ancien. 

Et pour lEglise de Norwich , Mons r De Laune Ministre, A le 
S r Daniel Bonnel Ancien. 

Auquel, après T invocation du nom de Dieu, Mons r De Laune 
Ministre a été eleu pour modérer V Action, et le dit Sieur Gedeon 
de Laune pour écrire les Actes. 

\ 

1. L’Eglise de Hamptonne n’ayant comparu, s’est excusée par lettre, laquelle ayant été 
leuë et examinée, les raisons touchant l’absence de Mons r D’Arande leur Ministre ont été 
receues et aprouvées sufisantes, mais non touchant l’absence de leur Ancien, la presence du- 
quel etoit necessaire pour tant mieus représenter l’état de leur Eglise : Et partant a été arêté 
que lettre leur sera écrite au nom du Colloque, pour les exhorter a l’avenir d’entretenir l’union 
de nos Eglises par la presence de leurs Députez. 

2 . . Sur la lecture des Articles du Colloque precedent tenu a Norwich, a été résolu 
premièrement Touchant le premier Article contenant une remise a ce Colloque touchant 
l’exercice de la Prophétie, Que considérant ce qui est contenu au 5 e Colloque Art : 11 e , et l’Arêt 
déjà fait au Colloque 20 e Art : 5 e , et notamment le petit nombre de nos Ministres a present, On 
a trouve trop de dificulté a metre en pratique l’Art : 20 e du Colloque 19 e , et qu’on se contentera 
d ouir tous les Ministres du dit Colloque en prêches publics autant que faire se pourra. 

3 . Le second Article touchant la tenue des Colloques de 2 en 2 ans demeurera en son 
entier, y ajoutant seulement qu’on les tiendra environ le tems de la Barthelemi, pour la 
meilleure commodité des Eglises. 

4 . Quant au 3 e Article touchant les jûnes publics, Le Colloque est d’avis qu’ils seront 
conformément observez en même tems par toutes nos Eglises : Et dautant que les 2 Eglises 
étrangères de Norwich se sont engagées par promesse au Seigneur Evêque du dit lieu de ne les 
celebrer sans luy en donner avis, l’Eglise Wallonne du dit lieu tâchera de s’en dégager au 
mieus qu’elle pourra, afin de se conformer en cela aus autres Eglises, selon l’Article 8 e du 
Colloque precedent. 

5 . . Sur la lecture de l’Article 9 e touchant l’authorité de celuy qui preside en Colloque ou 
Consistoire, A été trouvé bon a l’ocasion de la proposition faite par les Freres de Londres d’y 
ajouter en general, Que tous Ministres et Anciens faisans leurs charges selon la Discipline, s’ils 
vienent a être pris a partie par quelques particuliers les atirans en cours de loy, seront 
maintenus contre iceus et défrayez par leurs Eglises. 

6 . . L Eglise de Londres a promis de se conformer aus autres Eglises en la reception de ceus 
qui vienent des autres Eglises avec bons témoignages, sans leur faire rendre confession de leur 
foy au Consistoire. 



62 



LIVRE DES COLLOQUES. 



7. Les Raisons pour la continuation de notre coutume dêtre assis en la celebration de la s te 
Cene, présentées au Seign r Evêque de Norwich défunt, en l’an 1619, seront copiées et gardées 
par chaque Eglise, L’Article 26 e du Colloque precedent demeurant toujours en son entier. 

8 . A l’ocasion de la Lecture du 27 e Article du dit Colloque, a été avisé que lettre en seroit 
écrite aus Freres de l’Eglise de Norwich. 

9 . Sur la proposition faite par les Freres de l’Eglise de Londres, laquelle pour diverses 
considerations mises en avant desire d’user de la fraction et distribution du pain en 1 Action de 
la S. Cene, Le Colloque leur en a donné la liberté, sans toutefois, préjudicier a la liberté des 
autres Eglises, qu’elles ne suivent leur maniéré acoûtumée en la dite Action, suivant l’Article 7 e 
du Colloque precedent. 

10 . La même Eglise ayant demandé réponce au contenu de l’Article 13 e du Colloque 
precedent, A été résolu que veu l’absence de l’Eglise de Hamptonne, et que les Députez de 
l’Eglise de Norwich n’en sont venus chargez en leurs mémoires, Le fait étant d importance sera 
remis au prochain Colloque, afin que chaque Eglise y envoyé la réponse de leur Consistoire. 

11. La même Eglise ayant demandé avis cornent on pourroit retenir ceus qui n’ayans 
commis aucune faute scandaleuse se retirent de leur Eglise de leur propre mouvement, et sans 
en dire la raison au Consistoire, pour se ranger de leurs paroisses Angloises ? La Compagnie 
est d’avis, que non seulement en ce cas la particulier, mais qu’en general touchant ceus qui se 
séparent ou se seroyent déjà séparez de nos Eglises, Les dites Eglises se serviront de 1 expedient 
et moyen qu’elles estimeront le plus propre selon leur prudence et nécessite ; dautant qu il 
seroit dificile d’en donner quelque regie generale : Ce qui servira aussi de réponse a la 
proposition des Freres de Norwich touchant l'afermissement de nos Eglises en general. 

12 . L’Eglise de Londres a été exhortée de ne donner aucun témoignage a ceus qui se 
retirent de leur Eglise sans en avoir l’avis du Consistoire. 

13 . Sur la proposition faite par les Freres de Cantorbery, savoir de quelle forme de censure 
on doit user envers ceus qui pour avoir cornis quelque faute scandaleuse, eus êtans censurez par 
leur Consistoire, retienent leurs contributions ordinaires tant pour le Ministère que pour les 
pauvres ? A été répondu, qu’ils pourront procéder jusques a la detention du merreau, et même 
jusques a la publication de leur ingratitude en chaire, Si le dit Consistoire trouve telle 
procedui'e être a l’édification de la dite Eglise. 

14 . D’autant qu’on a remarqué de tems en tems, qu’il y a divers Actes et faits particuliers 
enregîtrez es Colloques, qui ne sont point d’édification a la généralité des Eglises, Ains au 
contraire laissent des flêtrisseures sur les personnes et leur postérité ; A été trouvé expedient 
que 2 Ministres, assavoir Mons r De Laune Ministre de Norwich et Monsieur Marie Ministre de 
Londres, prendront la charge de faire une reveuë de tous les Colloques précedens, pour 
distinguer entre les Articles qui sont utiles a la généralité des Eglises, pour en faire un cors a 
part, Et les faits particuliers et personnels pour en faire un autre cors a part, et ainsi les 
aporter au prochain Colloque, pour en recevoir l’avis de la Compagnie. 

15 . L’Eglise de Norwich nous ayant représenté les comportemens de Joel Des Ormeaux, 
lequel continuant sa separation de l’Eglise, acompagnée de sa retention des deniers promis a 
l’entreténement du Ministère et des pauvres d’icelle, Ne se veut soumetre au Consistoire ni aus 
Magistrats de la dite Ville ni au Seign r Evêque du dit lieu ; Et la dite Eglise ayant la dessus 
demandé avis jusques ou le Colloque les authorize de procéder contre luy ; A été répondu et 
arêté, que le dit Joel n’ayant été ouï en Colloque, La Compagnie le remet entièrement a la 
prudence du Consistoire du dit lieu, pour le traiter selon qu’ils jugeront être le plus propre pour 
ôter le scandale et édifier leur Eglise. 



COLLOQUE XXIII, LONDRES, 1623. 



63 



16 . La même Eglise ayant aussi proposé le fait de Samuel Cambié, lequel a semblablement 
continué depuis le Colloque dernier sa separation de la dite Eglise, et la retension de ses deniers 
pour le Ministère, mais non pour les pauvres ; et ayant demandé le même avis au Colloque, La 
même réponse a été faite, de le remettre aussi a la prudence du Consistoire du dit lieu, comme 
entendant mieus la qualité et diference de leurs fautes, et toutes les circonstances d’icelles. 

17 . La lettre de Martin Lohan, et de Rachel sa femme, adressée au Colloque y a été leuë, 
Et la procedure du Consistoire de Norwich touchant leur fait y a été représentée : Le tout bien 
considéré, a été conclu que le Consistoire de la dite Eglise apelera toutes leurs parties nommées 
en leurs lettres, et fera encore un essay de les reconcilier ensemble : En defaut dequoy, le dit 
Consistoire fera quelque publication tendante a donner contentement a la dite Rachel. 

18 . L’Eglise de Cantorbery aura la charge de convoquer le prochain Colloque, d’environ la 
Barthelemi prochaine en deus ans. 



Pierre De Laune Ministre, chargé pour modérer l’Action. 
Gedeon De Laune Ancien, éleu pour écrire les Actes. 



COLLOQUE XXIII. LONDRES, 1623. 

Les Actes du Colloque des Eglises Françoises assemblé a Londres, 
le 21 e dé Août, 1623, & suivons, sous la protection du Trespuis- 
sant Roy de la grand 1 Bretagne Jaques premier de ce nom. 

Auquel ont asisté les sous-nommez, 

De la part de lé Eglise de Londres, éMons r Abraham Aurelius 
Pasteur, et le Sieur Jean Lour del Ancien. 

De la part de V Eglise de Hamptonne, Mons r Elie DArande 
Pasteur, et le Sieur Jean Clung eon Ancien. 

De la part de V Eglise de Norwich , Mons r Pierre De Laune 
Pasteur, et Pierre Hautoy Ancien. 

De la part de T Eglise de Canturbery, éMons r Philippe Delmé 
Pasteur, et le S r Jean Le Blanc Ancien. 

Apres l'invocation du nom de Dieu, Mons r D'Arande Pasteur a 
été éleu pour conduire l'action, et le Sieur Jean Lourdel Ancien 
pour écrire les Actes. 

1. Touchant la lecture de la Discipline, a été résolu que selon l’Article 23 e du chapitre con- 
cernant le gouvernement de l’Eglise, icelle Discipline sera leuë es Consistoires pour le moins 
une fois l’an : Les Eglises qui le font sont louées de cela, et celles qui ne le font point, exhortées 
de s’y ranger. 

Réglemens sur la lecture des Actes du Colloque precedent. 

2 . Sur le troisième Article du Colloque precedent, L’Eglise de Canturbery ayant proposé 
que quelque modification y fût ajoutée, assavoir qu’au cas qu’il n’y eût point d’af aires on pour- 
rait prolonger et renvoyer le Colloque plus loin que de deus ans ; A été résolu que pour impor- 
tantes considerations on ne changerait rien en l’Article. 






64 



LIVEE DES COLLOQUES. 



3. Et quant a la Convocation, l’Eglise qui en sera chargée envoyera ses lettres aus autres 
Eglises trois mois ou pour le moins deus mois devant le jour choisi, Et chacune Eglise luy fera 
tenir sa réponse devant le dit jour choisi. 

4. L’Eglise de Canturbery ayant proposé au nom de leurs Diacres sur le 6 e Article, Si les 
Diacres ne devoyent point être joints aus Pasteurs et Anciens, pour être maintenus et défrayez 
sur le travail qu’on leur pourroit faire a cause de leurs fonctions de Diacres ? A été résolu que 
ouy, Moyenant que de chacune de telles fonctions ils prenent avis et aveu du Consistoire. 

5 . Délibérant de ce qui avoit été renvoyé aus Consistoires pour en venir prêts a ce 
Colloque, Se sont présentées quelques circonstances importantes, a cause desquelles les 
Consistoires sont derechef exhortez de bien considérer tout ce qui dépend d’une telle question, 
Assavoir mon si un Pasteur peut être continué en l’exercice de son Ministère parmi nous, quand 
il aura receu une charge importante cure d’ames en l’Eglise Angloise ? Afin d’en venir du tout 
bien instruits au prochain Colloque. 

6 . Mons r De Laune et Mons r Marie, pour des considerations représentées en ce present 
Colloque, ont été déchargez de la charge qui leur avoit été donnée par le 14 e Article du 
Colloque precedent ; Et pource aussi qu’il a été ordonné qu’il ne sera rien changé au livre des 
Colloques. 

7 . Sur l’Article 11 e du Colloque precedent, a été ordonné qu’aprez ces.mots [ Selon leur 
prudence et nécessité ] ou ajoutera ceus cy [pourveu qu’il ne soit point contraire a la Discipline 
de nos Eglises.] 

8 . Sur l’Article 8 e du dit Colloque, Mons r De Laune ayant représenté les incommoditez qu’il 
sent en la perception de son entretenement, et s’en étant totalement soumis a l’avis de ce 
Colloque ; Et aussi l’Ancien Député de l’Eglise de Norwich ayant déclaré n’avoir nulle charge 
de parler ou répondre de cela ; La Compagnie a jugé que la dite Eglise est grandement 
censurable, de ne luy en avoir baillé aucun mémoire, Yeu quelle n’ignoroit pas qu’il en seroit 
traité en ce Colloque : Et combien que le dit Ancien de son mouvement particulier ait insisté 
qu’on considérât l’insufisance de l’Eglise, Si est ce que le dit Colloque a ordonne que la dite 
Eglise fournira au dit Sieur de Laune l’entreténenfi selon qu’il fut ordonné au Colloque tenu a 
Norwich l’an 1619 en l’Article 27 e , dautant qu’au dit Colloque de l’an 1619, tous les trois cors 
de la dite Eglise furent ouïs en leurs declarations, et tant eus tous que le dit Sieur De Laune 
consentirent au dit réglem*. 



Faits Genevans. 

9 . Les Eglises de Londres et de Canturbery ayant proposé s’il ne seroit point expedient de 
celebrer un jûne public, La Compagnie a été d’avis qu’au cas que le Synode national des 
Eglises de France présentement assemblé préne resolution d’en celebrer un, Les nôtres s y 
joindront, pourveu qu’il ne s’y trouve point d’empêchement ; Et l’Eglise de Londres est chargee 
d’en recevoir et donner les avis. 

10 . Sur la proposition de l’Eglise de Norwich touchant la publication des Annnces, L Article 
de la Discipline touchant cela sera observé : Mais en Implication de la censure qui y écherra, les 
Consistoires useront de prudente consideration des circonstances. 

11. Sur la proposition comment on se gouvernera envers les réfractaires ? A ete résolu 
qu’aprés les avoir apelez trois diverses fois, en trois diverses semaines pour le moins, sans 
qu’ils comparoissent, Les Consistoires pourront procéder contre eus par censures, jusqu es a 
la suspension des Sacrements. 



COLLOQUE XXIII, LONDRES, 1623. 



65 



Faits Particuliers. 

12. L’Eglise de Hamptonne ayant derechef représenté son impuissance de subsister sans 
l’aide des autres Eglises, Cette compagnie du Colloque y a trouvé fort grand’ dificulté, Mais 
ayant égard a leur foiblesse, a trouvé ce seul expedient possible, d’exhorter et induire un 
chacun son Eglise, a ce que selon leurs moyens qu’elles se pourront trouver en main elles y 
suviénent par contribution volontaire ; Et feront s’il leur plaît savoir a la dite Eglise ce qu’ils 
auront obtenu, le plustôt qu’il leur sera possible. 

13. Considérant les lettres que les Diacres de l’Eglise de Norwich ont envoyé a ce Colloque, 
La Compagnie n’a pas trouvé la chose bien éclaircie, Et pour cela renvoyé le tout au Consistoire 
de la dite Eglise, pour en chercher la vérité et nous en éclaircir au prochain Colloque, si besoin 
est. 

14. Jean Desmarets, ayant proposé ses plaintes contre le Consistoire de l’Eglise de Norwich, 
d’avoir été suspendu de la Cene pour n’avoir voulu accepter la charge d’ Ancien, et n’en avoir 
voulu dire les raisons en Consistoire ; Le Colloque n’a pas aprouvé telle procedure, Veu que ces 
charges Eclesiastiques se doivent administrer d’une franchise d’afection : Et a ordonné que le 
dit Desmarets sera receu a la premiere Communion de la Cene ; Et sur l’exhortation qui luy a 
été faite d’accepter la charge d’ Ancien, a promis en cette compagnie de l’accepter au mois de 
May prochain, si Dieu luy dispose le coeur a cela, et s’il y est apelé. 

15. Les deus Abraham Castel Pere et Fils, ayans été ouïs en leur doléances, tant contre le 
Pasteur de l’Eglise de Norwich que contre le Consistoire de la dite Eglise, duquel ils se 
plaignent pour avoir été suspendus de la Cene, et avoir trop long tems été laissez sans y être 
receus, nonobstant leur demandes et soumissions ; Et de ce que le Consistoire a porté la 
conoissance de ces dificultés a Mons 1 ' l’Evêque ; Quant a ce qui concerne l’acusation contre le 
Pasteur, le Colloque s’est chargé d’y pourvoir, et y a pourveu, selon qu’il est juste et utile pour 
remedier a toutes plaintes : Mais quant a ce qui concerne les autres chefs, a déclaré aus dits 
Castels, qu’ils avoyent été légitimement suspendus de la Cene, Et que pour la longue durée de 
cette suspension il n’étoit besoin en faire doleance en ce Colloque, V eu que par acte du Consistoire 
il apert, qu’ils eussent déjà été receus a la Cene, sans les incidens qui y sont survenus, en partie 
par leur faute : Suivans quoy, ayans sur l’exhortation qui leur a été faite témoigné du 
marrissement qu’ils ont de leurs propos ofensifs dits en Consistoire et ailleurs, et promis de se 
comporter cy aprez en pais et prudente charité, Spécialement de donner contentement aus 
Anciens touchant leur contribution et arrerages d’icelle ; A été ordonné qu’ils seront receus a la 
premiere Communion de la Cene : Mais quant au transport de leur afaire par devant Mo ns 1 ' 

1 Evêque et ses oficiers, Le Colloque a trouvé la plainte bien faite, Veu que tel transport 
contrevient a nos réglemens, notamment du Colloque tenu a Norwich l’an 1619, Article 11 e , et 
au rang que les Consistoires tiennent sous les Colloques, et a la bienséance, qui requiert de 
n’importuner telles personnes de respect par telles contestations de nos Eglises. 

16. L’Eglise de Londres aura la charge de convoquer le prochain Colloque. 






E. D’Arande éleu pour conduire l’Action. 

Jean Lourdel Ancien éleu pour écrire les Actes. 



66 



LIVRE DES COLLOQUES. 



COLLOQUE XXIV. LONDRES, 1625. 

Au nom de Dieu. Amen. 

Les Actes du Colloque des Eglises françoises recueillies en Angle- 
terre, assemblées a Londres le 29 e dé Avril 1625 et suivons, sous 
la protection du Trespuissant Roy de la grande Bretagne 
Charles V de ce nom, Auquel ont asisté les sousnommez, 

De la part del’ Eglise de Londres, Mons f de Primerose Pasteur, 
et le Sieur Samuel De la forterie Ancien. 

De la part de V Eglise de Norwich, Mons r Pierre De Laune 
Pasteur, et le S r J ean Douer eau Ancien. 

De la part de V Eglise de Cantorbery , Mons r Jean Bultel 
Pasteur, et le Sieur Esaie De Lobeau Ancien. 

Aprez V invocation du nom de Dieu, Mons r Gilbert de Primerose 
Pasteur a été éleu pour conduire V Action, et Samuel De la 
Forterie pour écrire les Actes. 

1. L’Eglise d’Hamptonne n’ayant envoyé personne en cette Assemblée, s’en est excusée par 
lettre sur la maladie du Pasteur et impuissance de l’Eglise, Sur quoy la Compagnie aprouvant 
la dite excuse en ce qui concerne le Pasteur, a jugé le Consistoire de la dite Eglise grandement 
censurable, de n’avoir député en icelle aucun Ancien ; Veu que celuy qui a aporté leur lettre 
d’excuse est Ancien, et a séjourné icy durant le Colloque : Corne aussi de ce que le dit Consis- 
toire n’a point envoyé aucun mémoire sur l’Article 5 e du dernier Colloque, ni promis par leur 
lettre d’excuse de se soumettre aus avis de cette Assemblée. 

2 . Le dernier jour d’Avril de la présente année, cette Compagnie et les Députez des Eglises 
flamendes et Italienes, ayans été par commun avis faire leur soumissions a sa Majesté, afin 
d’implorer sa faveur et bienveuillance pour la continuation de leurs libertez a eus cy devant 
otroyées, Et particulièrement pour la jouissance pleine et entière de leur Ordre et Discipline 
Eclesiastique ; Sa Majesté les a fort benignement recueillis, et leur a promis la même faveur 
dont le feu Roy son pere d’heureuse et de glorieuse mémoire avoit usé envers eus, Corne les 
Députez de la présente Assemblée feront plus amplement entendre a leurs Eglises, Et a ces fins 
leur porteront le discours fait a sa Majesté sur ce sujet, avec la réponse de sa dite Ma te ajoutée 
a la fin d’iceluy. 

3. Sur la lecture des Actes du dernier Colloque, tenu a Londres le 21 e d’Août et suivans, 
de l’an 1623, A été avisé qu’on ajoutera a l’Article troisième touchant la convocation des 
Colloques ces mots [sauf en cas extraordinaire duquel ceus qui auront le droit de la dite 
Convocation écriront les raisons aus Eglises du Colloque] Comme a été fait a la convocation du 
present Colloque pour faire les soumissions deues a sa Ma te . 

4 . La decision du 5 e Article du dit dernier Colloque a été remise au prochain Colloque, a 
cause de l’absence de l’Eglise de Hamptonne. 

Faits generaus. 

5 . La reveuë de la Discipline est remise au prochain Colloque, et cependant les consistoires 
sont exhortez de la relire soigneusement, et d’observer ce qu’on croit y devoir être changé. 



COLLOQUE XXI Y, LONDRES, 1625. 



67 



6 . Pour entretenir pais és Eglises, Tous diferens seront acordez aus Consistoires si faire se 
peut, Et nulle plainte ne sera portée au Colloque, ni par le Consistoire contre les Pasteurs, ni 
par les Pasteurs contre les Consistoires, ni par aucun particulier contre les dits Pasteurs ou 
Consistoires, ou qui que ce soit, sans qu’elle aye été faite au Consistoire, et ne soit devoluë au 
Colloque par apel. 

7 . Sur la proposition faite par l’Eglise de Norwich, cornent il faut se gouverner quand un 
pere présente son enfant au Batême sans parrain et s’opiniâtre a n’en vouloir point avoir ? 
L’avis de la Compagnie est, que le Pasteur après avoir fait tout devoir tant en privé s’il en a 
le tems qu’en public d’exhorter le Pere a se conformer a la coutume de toutes les Eglises, 
pourra nomer quelcun de ceus qui sont presens pour être parrein s’il luy plaît de l’accepter ; 
Que si le dit pere le rejette persévérant en son obstination, l’enfant neantmoins sera bâtizé, Et 
sera le pere publiquement suspendu des Sacremens, tant pour n’avoir pris un parrain, que pour 
avoir refusé celuy qui luy a été offert. 

8 . Sur la proposition faite par la dite Eglise, si les Diacres ont vois deliberative en la 
nomination des Députez au Colloque ? A été résolu que chaque Eglise se tiendra a ce qu’elle 

' a acoûtumé de faire en telles nominations. 

9 . Sur la proposition faite par l’Eglise de Londres, s’il n’est pas expedient d’indire un 
June ? A été jugé que les afaires d’a present ne le peuvent permettre. 

Faits particuliers. 

10 . L’Eglise de Norwich ayant requis cette Compagnie de luy donner avis et asistance 
pour continuer l’entreténement du Ministère et des pauvres veu la nécessité présente d’icelle, 
L’Eglise de Londres a répondu qu’étant en arrerages elle n’a point le moyen d’asister les 
Eglises de dehors, Et l’Eglise de Cantorbery s’excusant envers celle de Hamptonne sur son 
impuissance ne laisse aucune esperance de suvention a celle de Norwich, Et servira ce present 
Article de réponse a la demande de l’Eglise d’Hamptone contenue en l’Article 12 e du Colloque 
precedent. 

U. La dite Eglise de Norwich ayant demandé cornent elle procédera contre ceus qui 
refusent les charges d’ Anciens et Diacres ? La Compagnie a déclaré quelle n’en conoît autre 
voye que celle d’exhortation. 

12. La même Eglise de Norwich ayant demandé avis comment il se faut gouverner envers 
ceus qui refusent de contribuer selon qu’il est ou sera arêté par l’avis des Anciens et Diacres de 
la dite Eglise, selon l’ordre et coutume d’icelle ? La Compagnie l’a renvoyée au 12 e Article 
du Colloque tenu a Norwich en l’an 1619, et au 13 e Article du Colloque tenu a Londres en l’an 
1621, pour en user selon qu’elle le jugera expedient. 

13 . L’Eglise d’Hamptonne est chargée de convoquer le prochain Colloque. 



G. Primerose éleu pour conduire l’Action. 

Samuel De laForterie éleu pour recueillir les Act3s. 



68 



LIVRE DES COLLOQUES. 



SYNODE IL 



LONDRES, 1634. 



Au nom de Dieu. Amen. 



Les Actes du Synode de toutes les Eglises Etrangères de Tune et de 
Vautre langue , Assemblé a Londres le 5 me de Février 1634, a 
Vocasion de V Injonction de V Archevêque William Laud. Là ou 
comparurent, avec lettres de Deputation qui furent leues, cens 
qui s’ ensuivent, 

Pour VEglise Flamende de Londres, Mons r Ambrosius 
Regemorterus, Mons r Timotheus Van Vleteren, Mons r 
J eremias Larenus , Ministres de la parole de Dieu ; Et M r 
Jean Lucé, M r Joos Godscalk , et M r Giles Vandeputte 
Anciens. 

Pour VEglise Françoise et Walonne du même lieu, Mons r 
Gilbert Primerose, Mons r Nathanael Marie, Mons r Ezechiel 
Marmet, Mons r Charles Beauvais Pasteurs ; Et M r Hector 
Du Mont, M r Jean Thuillier, et M r Jaques V Ami Anciens. 

Pour VEglise Walonne de Cantorberi, Mons r Jean Bulteel et 
Mons f Philippe Delmé Pasteurs, Et M r J ean De Bever, M r 
Pierre Mercier Anciens, Et M r Pierre Le Noble au nom de 
la Communauté. 

Pour VEglise Flamende de Sandwich, Mons r Gaspar Nierenius 
Pasteur, et M r Pierre Maes Ancien. 

Pour VEglise Flamende de Colchester, Mons r J onas Proost 
Pasteur, et M r Jean Winock Ancien. 

Pour VEglise Flamende de Maidstone, Mons r Jean Miller 
Pasteur, et M r Abraham Van Gcirle Ancien. 

Pour VEglise Flamende de Norwich, Mons r Charles Liebart 
Pasteur, et M r François Dacket. 

LEglise Walonne de Norwich a député pour elle Mons r Nath 1 
Marie Pasteur de VEglise françoise de Londres , et M r Jean 
Castel de Londres en leur absence , Qui ont produit leur 
lettres de Commission de la dite Eglise au Synode, qui les 
a aprouvez et admis. 

LEglise Flamende de Yarmouth a écrit a cette Assemblée ses 
excuses lesquelles ont été aprouvées. 

LEglise Françoise de South-hampton en a fait de même, et 
on a admis leur excuse. 

Aprez Vinvocation du nom de Dieu, ont été choisis pour Modéra- 
teur Mons r Le Docteur Primerose, Pour Assistant Mons r 
Ambrosius Regemorterus, Et pour Ecrivain Mons r Jonas 
Proost. 



\ 






SYNODE II, LONDRES, 1634. 



69 



1. Les Députez des trois Eglises étrangères de Kent ont déclaré a cette Assemblée, que 
Monseign r l’Archevêque de Cantorberi leur ayant enjoint deus choses par ses Commissaires, 
assavoir Sir Nathanael Brent son Vicaire general et autres, La premiere que tous les natifs en 
ce Royaume de l’une et de l’autre Eglise Flamende et Walonne, ayent a se retirer chacun a sa 
propre paroisse en laquelle il demeure, pour y communier au service divin, et a l’ouïe de la 
Parole de Dieu, et y faire tous les devoirs de Paroissiens ; L’autre, que les Ministres et tous 
autres membres des dites Eglises Wallonnes et Flamendes, qui sont nez delà la mer, auront la 
Liturgie des Eglises Angloises,et s’en serviront selon que la dite Liturgie est ou peut être fidèle- 
ment translatée en François et Flamend, Començant dez le premier jour de Mars prochain ; 
Les dits Députez sont allez trouver le dit Seign r Archevêque de Cantorberi le 2 e jour de Février, 
Et par parole de bouche l’ont requis de vouloir rapeler la dite Injonction, comme étant contraire 
a leurs privileges, et l’execution de laquelle seroit nécessairement cause de la dissipation des 
Eglises étrangères : Mais le dit Seigneur n’a point voulu leur acorder leur demande, Ains a 
donné comandement a son Vicaire general de poursuivre l’execution de la dite Injonction, disant 
aus susdits Députez qu’ils alassent au Roy s’ils le trouvoyent bon. 

2 . La Patente du Roy Edward 6 e , avec les Lettres et les Ordres du Conseil d’Etat pour la 
Subsistence de nos Eglises, ont été leues, contenant nos Privileges et Raisons tant pour l’usage 
de notre Liturgie comme pour la continuation des natifs avec nous ; Semblablement les Raisons 
de chaque Eglise pour la confirmation de nos libertez acoutumées : De toutes ces choses on a 
recueilli au dit Synode et dressé une Requête, avec des Raisons et points fondamentaus, faisans 
pour la subsistence de nos Eglises, afin de les presenter au Roy. 

3 . Considéré que les Députez susdits ont déjà été vers Monseign r l’Archevêque, Il a été arêté 
qu’on fera requête au Roy ; et pour cela ont été députez Le Docteur Primerose, Mons r 
Âmbrosius, Monsieur Casparus, Mons r Proost, Mons 1 ' Bulteel, Mons r Beauvais, Mons r Lucé, et 
Mons r Du Mont, qui tous avec Monsieur Marmet, se sont présentez devant le Roy le 12 e Février, 
luy présentant une brieve requête, par laquelle nous suplions sa Majesté de nous vouloir ouir en 
son Conseil d’Etat : Laquelle requête sa Majesté ayant receuë, l’a baillée a my Lord Chambellan, 
qui l’a mise entre les mains de Monsieur Le Secretaire Cook ; Aussi la harangue de Mons r 
Marmet, laquelle le Roy n’a point voulu ouir, a été ce même jour baillée a sa Majesté par Sir 
Guillaume S* Ravi Gentilhomme françois. 

4 . Pource que Mons r Le Secretaire susdit a notre requête, il a été jugé bon par cette 
Assemblée de luy bailler notre dite requête conjointe avec nos Raisons et Fondera ens, et aussi 
l’Injonction et la harangue du dit Mons r Marmet, et le Catalogue de tous les Comunians de 
toutes les Eglises étrangères qui sont en Angleterre, Ce qu’il a maintenant entre ses mains. 

5 . Le Duc de Soubize ayant été requis de parler au Roy pour les Eglises, a été vers le Roy, 
et raporte que le Roy a dit que nous avons plus de peur que de sujet, et que son intention 
etoit seulement touchant la premiere proposition, assavoir touchant les Natifs. 

6 . Que si le Roy nous veut ouir devant son Conseil selon notre requête, le Synode a député 
quelques uns qui auront a se presenter devant le dit Conseil, ayans entre mains tous les écrits 
et papiers necessaires. 

7 . Le Modérateur nous a raporté que Monseigneur de Soubise a parlé au Roy, qui a promis 
de lire notre requête et d’ouïr nos Raisons. 

8 . La requête que nous avons faite au Roy ( pour prolonger le tems jusques a ce que sa 
Majesté ait le loisir de nous ouïr) au nom des Eglises de Cantorberi Sandwich et Maidstone, A 
été au nom des Députez des dites Eglises présentée au Roy par Monseigneur de Soubize ; A qui 
le Roy a répondu, Je ne puis pas faire cela : Et Mons 1 ' Le Duc Soubize luy ayant reparti, 
Si votre Majesté ne le fait V execution en cherra dure sur les Eglises, Sa Majesté a répondu 
L Execution n’en sera pas si dure comme ils craignent. 



70 



LIVRE DES COLLOQUES. 



9 . Sur la deliberation, s’il seroit necessaire de suspendre les exercices de Religion és Eglises 
de Kent, en consideration de l’aproche du jour prefix pour la premiere Injonction, A été résolu 
d’écrire aus Eglises de continuer leurs exercices, jusques a ce que nous conoissions plus a plein 
le plaisir du Roy. 



10 . Les Députez de Kent ayans été vers Sir Nathanael Brent, par ordre de cette Assemblée, 
pour luy demander s’il conoissoit quelque chose de la volonté du Roy touchant notre requête, 
raportent qu’il a répondu qu’il ne pouvoitrien dire touchant notre afaire, parce que l’Archevêque 
ne lui en a rien touché, Mais que l’Archevêque would not be so straite laced pour une semaine 
ou deus, encore qu’on n’executât point l’Injonction : Laquelle réponse ayant été signifiée a 
Mons r l’Ambassadeur des États par Mons r Timotheus et Mons 1 ' Larenus, ils ont raporté que 
Mons r l’Ambassadeur trouvoit bon ce que l’Archevêque ne pretendoit point de presser 
rigoureusement la dite Injonction. 



I 

I 

I 

I 



11. A été résolu que les Freres de Kent iront en leur propre nom vers Sir Nathanael Brent, 
pour le prier de les introduire vers Monseigneur l’Archevêque, considéré qu’ils sont en son 
Diocese et sont citez nomément. 



12 . Mons 1 ' Pierre Maes ne se trouvant pas fort bien pour la santé, a requis qu’il luy fût 
permis de s’en retourner a la maison, en substituant Mons r Dirick Oste en sa place, Ce qui luy 
a été otroyé, et le dit M r Dirick Oste a été admis en l’Assemblée. 



13 . M r Pierre le Noble de Cantorberi ayant demandé congé de se retirer a sa maison, et de 
surroger en sa place M r Elias Maurois (a quoy les Pasteurs de l’Eglise du dit lieu ont consenti) 

La Surrogation a été aprouvée. 

14 . Les Députez de Kent ont été vers Monseigneur l’Archevêque pour requérir tems d’être 
ouïs, A quoy le dit Seigneur Archevêque a répondu que Sir Nathanael Brent might fix upon a 
probable time : Suivant quoy le dit Sir Nathanael Brent leur a assigné Samedi entre une et 
deus heures apres midi. 

15 . Le Samedi 7 e de Mars, Monseign 1 ' l’Archevêque de Cantorberi a receu les Députez de 
Kent amiablement, les introduisant en sa chambre privée, et alors est entré en discours des 
natifs ; Et le dit Seigneur Archevêque a déclaré que son intention etoit de réduire tout a une j 
Uniformité, Et quant a la seconde Injonction concernant de recevoir la Liturgie d Angleterre, 

il leur a dit que son intention n’a jamais été d’y astriendre les Etrangers, et quil navoit donné 
aucun tel commandement ; Et pourtant que les Etrangers pourroyent garder leur propre 
Liturgie ; Et que ce Royaume sera toujours un lieu dé Refuge pour ceus qui y viendront étans 
persécutez pour la Religion. En fin il a dit que s’ils luy vouloyent dresser une. requête pour 
les deus descentes des natifs il leur raporteroit bona fide la réponse du Roy. Ainsi 1 Archevêque 
les a laissez partir de sa presence avec paroles amiables, priant Dieu de les bénir et leur 
Ministère. 



16 . Les Députez de Kent étans alez vers Sir Nathanael Brent, et luy ayant dit que veu 
qu’ils avoyent été si long terns icy ils desiroyent s’en retourner a leurs Eglises, Et pourtant le 
prioyent que quand il iroit vers Monseign 1 l’Archevêque he would remember their duties & 
service to him , et le remercier en leur nom de toutes ses faveurs envers eus, et le prier de les 
leur continuer, Il leur a demandé leur requête, Mais ils ont répondu quils ne vouloyent point 
l’importuner davantage, et qu’ils ne pensoyent point qu’il seroit necessaire, Et qu ils avoyent 
intention de donner tout contentement a sa Majesté et a Mons r l’Archevêque tant qu i 1 leur 
seroit possible, et pourroit être avec la subsistence des Eglises. Il leur a dit quil iroit .vers 
Monseign 1 l’Archevêque, et luy feroit entendre ce qu’ils disent, et que si besoin etoit il les 
envoyeroit quérir. 



SYNODE II, LONDRES, 1634. 



71 






17. Sir Nathanael Brent a envoyé quérir les Députez de Kent, et leur a dit qu’il n’avoit 
point été encore vers l’Archevêque, mais qu’ils feroyent bien de coucher par écrit ce qu’ils luy 
avoyent dit le jour precedent, de peur qu’il ne raportât leurs paroles autrement qu’ils ne les 
avoyent dites. Ils luy ont répondu, qu’ils ne desiroyent point les mettre par écrit, mais le 
prioyent de se contenter de ce qu’ils luy avoyent dit de bouche. Il leur demanda si les 
Ministres ne voudroyent recevoir la Communion en l’Eglise Angloise ? Ils luy ont répondu 
que ce n’étoit pas chose qui leur eût été proposée par Monseigneur l’Archevêque, et qu’ils 
prêchoyent en leurs Eglises tous les Dimanches, Et qu’ils feroyent tout ce qui pourroit être 

I avec la Subsistence de leurs Eglises, et non la ruine et dissipation d’icelles. Il leur demanda 
s’ils vouloyent promettre que la Laïté y oberoit, Ils ont répondu qu’ils ne pouroyent promettre 
cela, Il a répondu qu’il étoit vray et ainsi ils ont pris leur congé de luy. 

18. Mess 1 ' 3 Le Modérateur, Bulteel, Timotheus, Lucé, et l’Ami, sont députez pour aler 
remercier Mons r le Duc de Soubise pour sa bonne afection, et le grand soin qu’il a témoigné 
envers nos Eglises, Et pour le prier de remercier sa Majesté pour sa faveur et grace royale en 
notre endroit : Semblablement les mêmes iront remercier Mons r Le Chambellan, et Mons r 
l’Ambassadeur Joachim, aussi Mons r le Secretaire Cook, et Sir Guillaume De S* Ravi, lesquels 
étans trouvez absens ils retourneront vers eus pour cet efet aussi tôt qu’ils seront de retour. 
Mons r l’Ambassadeur s’est ofert a rendre a la Compagnie toutes sortes de bons ofices a luy 
possibles. Le Duc de Soubize a promis d’aler remercier le Roy et le prier de continuer sa 
faveur royale envers les Eglises, nomément en ce qui concerne l’execution du premier point de 
l’Injonction touchant les natifs nez d’Etrangers et leurs enfans. Mons r le Secretaire Cook a 
répondu qu’il n’avoit rien fait pour les Eglises que ce qu’il étoit tenu de faire, Et luy ayant été 
dit que les Eglises s’éforceroyent de donner au Roy tout le contentement (touchant le premier 
Article de l’Injonction) qu’il leur seroit possible, autant que cela se pourroit faire avec la 
Subsistence des Eglises, a répondu en françois, Vous trouverez le Roy fort gracieus. 

19. Les Certificats que Mons r Casparus et Mons r Miller ont requis de la Compagnie leur 
seront envoyez au nom et en l’authorité de la dite Compagnie par le Cetus de l’Eglise 
Flamende et Françoise de Londres, après qu’ils auront envoyé Acte de leurs Consistoires y 
consentans : Le même sera fait aus autres Pasteurs suivant le même ordre s’ils le requièrent. 

20 . Il est laissé a la discretion du Cetus des Eglises étrangères de Londres d’écrire entre 
cy et le mois d’Octobre prochain aus Eglises particulières ce qu’ils jugent touchant l’indiction 
d’un jûne, Et suivant la réponse des dites Eglises le Cetus indirale dit Jûne selon la pluralité 
des vois recueillie des lettres des dites Eglises. 

21. Les f reres de Kent ayans été vers Sir Nathanael Brent, et par l’avis et conseil d’Iceluy 
a la Cour, pour parler a Monseigneur l’Archevêque de Cantorberi touchant la premiere partie de 
1 Injonction, Ils ontraportéa cette Compagnie que le dit Seigneur Archevêque n’êtant de loisir 
pour les ouïr leur a envoyé Sir Nathanael Brent, qui en presence de deus témoins leur a déclaré 
que la resolution du dit Seigneur Archevêque étoit que les natifs ayent a se retirer vers leurs 
paroisses comme absolute members of the said parishes where they dwell, et qu’ils ayent a 
commencer a obéir le premier jour d’Avril prochain. Sur quoy les dits Freres ayans demandé 
1 avis de cette Assemblée, Le Synode leur a conseillé de s’en retourner au plutôt vers leurs 
j Eglises, de continuer leurs charges a l’acoûtumée, et de n’être en fasson quelconque instruments 
ou messagers de la dite Injonction, parce qu’elle tend a la ruine des Eglises lesquelles ils sont 
tenus d’édifier. 

Ces Articles ont été leus au Synode, et ont été aprouvez, et 
souscrits par le Modérateur Assesseur et Scribe, au nom et 
par Tordre du dit Synode, le 13 e jour de Mars Anno 1634. 

G. Primerose Modérateur. 

Ambr. Regemorterus Assesseur. 

Jonas Proost Scribe. 



72 



LIVRE DES COLLOQUES. 



COLLOQUE XXV. LONDRES, 1641 . 

Au nom de Dieu. Amen. 

Les Actes du Colloque des Eglises de la langue française, assemblé 
a Londres le deuxième de Septembre 1641 , et suivans, Sous la 
protection du Trespuissant Roy de la Grande Bretagne Charles 
notre souverain Sire, Auquel ont asisté les Sieurs et Freres, 

De la part de V Eglise de Londres Nathanael Marie Pasteur, 
et Pierre Bultel Ancien. 

De la part de T Eglise de Hamptonne Daniel Sauvage Pasteur, 
et Pierre Le Gay Ancien. 

De la part de V Eglise de Canturbery, Philipe Delmé Pasteur, 
et Esdie De Lobeau Ancien. 

De la part de V Eglise de Norwich, Pierre De Laune Pasteur. 

1. Après l’invocation du nom de Dieu, Mons r Nathanaël Marie a ete choisi pour conduire 
l’Action, et Pierre de Laune pour écrire les Actes. 

2 . Les lettres d’envoy ayant été leuës, le Colloque a jugé censurable 1 Ancien de Norwich, 
qui avoit été éleu pour acompagner son Pasteur, de n’avoir cédé aus exhortations de son 
Consistoire ; Et les Anciens et Diacres aussi de n’en avoir choisi et envoyé un autre. 

3 . Et pour l’avenir est ordonné, que l’excuse de ne vouloir servir en la place dautruy ne 
sera pas receuë, comme étant contraire a la promesse faite a Dieu et a l’Eglise en la reception 
des Anciens : Que s’il avenoit que les Anciens ne se voulussent soumettre, Il sera licite au 
Consistoire avec les Diacres de choisir un Diacre : Que si ceus cy semblablement . ne se 
vouloyent soumettre, Le Pasteur aura le pouvoir d’assembler le peuple avec les dits Anciens et 
Diacres, et par la pluralité d’iceus tous sera choisi et envoyé un de la dite Assemblée, qui aura 
l’honneur et le pouvoir cl’Ancien du Colloque, afin de n’envoyer doresnavant le Pasteur tout seul. 

4 . Quant a la Convocation du Colloque present, elle s’est faite par l’Eglise de Londres au 
nom des autres Eglises, par l’ordre du Coetus au defaut de celle de Hamptonne qui en avoit la 
charge et en avoit omis l’execution par tant d’années, Laquelle s’est excusée de ce quelle n’a 
point eu les Actes du dernier Colloque, ni de Pasteur quelques années, Et partant elle aura la 
charge continuée de convoquer le prochain colloque. 

5 . Si l’Eglise qui a la charge de convoquer le Colloque omet son devoir 1 espace d un mois 
des trois qui sont assignez pour les Convocations futures, 1 Eglise suivante en ordre le 
convoquera. 

6 . L’Eglise de Hamptonne ayant représenté l’importance et la nécessite de la continuation 
d’icelle, et requis l’avis et l’asistance du Colloque, A été répondu qu’on ne peut donner autre 
réponse que d’impuissance, selon qu’il a été déclaré par les Colloques precedens : Et quant a la 
soulager des dépens du voyage au Colloque prochain, a été répondu qu’au dit prochain Colloque 
il y sera pourveu. 



COLLOQUE XXV, LONDRES, 1641 . 



73 



7 . A la proposition des Freres de Canturbery, que ceus qui aportent bons témoignages 
soyent receus sans Répondans, A été répondu que l’on ne pretend nullement amoindrir 
l’authorité et credit des dits Témoignages, mais que pour prévenir les charges excessives qui 
arivent par l’abord des pauvres de toutes parts, notament a l’Eglise de Londres, on est contraint 
de se servir de cet expedient ; Exceptant toutefois tous ceus qui se retirent par deçà des lieus 
papistes a cause de la Religion, lesquels on reçoit et recevra en toutes nos Eglises sans aucun 
répondant. 

8 . Item a la Question proposée par la même Eglise, touchant quelcun qui auroit épousé la 
nièce de sa femme, contre les avis des Ministres de la dite Eglise, et contre plusieurs serieuses 
remontrances faites par les Anciens au nom du Consistoire qu’ils n’eussent a demeurer ensemble 
de peur de ce qui en est avenu, A été répondu que puis qu’il n’a voulu obéir et aquiescer a tous 
ces conseils et remontrances, et que l’afaire est envelopée de plusieurs dificultez, Il est expedient 
de le laisser a l’Eglise Angloise en laquelle il s’est marié, sans qu’on soit obligé de le plus 
recevoir a la sainte Cene. 

9. Quant a la proposition de l’Eglise de Norwich, que les Articles des Colloques precedens 
qui laissent les Anciens et Diacres en leur liberté d’accepter ou refuser leur election aportent 
tant d’inconveniens a leur Eglise qui a peu de chois que si elle n’est exemptée de ces Articles la 
la dite Eglise est en danger de ne pouvoir etre servie, A été répondu qu’il n’y a nulle autre 
voye que la douceur et persuasion : Que cependant on ne laissera pas tant en Consistoire qu’en 
predications, de représenter combien telles personnes qui n’aleguent des raisons justes font tort 
a Dieu et a 1 Eglise et a eus memes, Et sera en la liberté de l’Eglise de ne les nommer plus, si 
elle le trouve bon ; Et quant a la seconde descente elle sera eligible mais ne pourra être 
contrainte non plus que les autres. 

10 . Touchant quelque molestation faite depuis naguère par un Maieur de Norwich contre 
l’ordre du Conseil d’Etat, L’Eglise de Londres a été requise et a promis d’asister a ceus qui sont 
molestez de leur meilleur avis et conseil s’ils s’adressent a eus. 

11. Les Eglises sont exhortées d’avoir soin des Veuves et Orfelins du Pasteur décédé en leur 
service, selon que le porte notre Discipline. 

12 . Lettres seront écrites au nom de ce Colloque aus Consistoires de Nismes & de S* 
Hyppolite, pour être diligement informez de la cause de la separation de Mons r Poujade d’avec 
sa femme et ses enfans, et la réponse sera adressée au Consistoire de Londres pour puis après 
en envoyer les Copies aus Eglises du Colloque, pour en avoir leurs avis, lesquels elles donneront 
a la dite Eglise de Londres, De quoy ledit Poujade et le Consistoire de la dite Eglise de 
Canturbery prendront conoissance par cet Article. 

13 . Les Eglises qui nont pas observe le June en l’election de leurs Ministres, sont exhortées 
de l’observer doresnavant suivant la Discipline. 

14 . L’Eglise de Hamptonne est exhortée de se conformer a l’Article de la Discipline en 
celebrant la Cene tous les mois. 

15 . La Discipline de nos Eglises a été leuë et reveuë par le Colloque comme s’ensuit. 

Inscription. 

Police et Discipline Ecclesiastique, observée és Eglises de la langue Françoise recueillies en 
ce Royaume d’Angleterre, sous la protection de notre Souverain Sire Charles que Dieu 
conserve en toute heureuse prospérité, Selon quelle a été reveuë en l’an 1641, parle Synode 
des dites Eglises. 

K 



74 



LIVRE DES COLLOQUES. 



1 . Des Pasteurs. 

Art: 8. Nul Ministre ne sera receu au Ministère, sans être examiné et aprouvé par le 
Colloque, et recevra l’imposition des mains selon que le dit Colloque en ordonnera. 

Art : 9. Cet Article sera rayé. 

Art : 10. On ajoutera que Par l’avis du Colloque il prêchera en latin, tant que faire se 
pourra. 

Art : 11. Ces mots [Et la confession de foy laquelle &c] jusques a la fin de l’Article 
seront rayez. 

Art: 13. Le mot de Superintendant sera icy rayé, et en tout autre Article ou il en est 
fait mention. 

Art : 15 & 16. Faut changer ces deus Articles, et les acomoder au 8 me Article c y dessus 
spécifié, qui donne toute authorité au Colloque, sans l’aprobation duquel aussi nul Ministre 
venant de dehors ne sera réputé membre de nos Colloques. 

Art : 18. Le mot Usure sera rayé. 

Art : 20. Les mots [Et ce au cas] &c jusqu’à [Quant est des moindres] &c seront rayez. 
Aprez cet Article 20 e faut ajouter le suivant pour le 21 e , assavoir, 

Art : 21. L’Eglise au service delaquelle un Ministre sera mort, aura soin de la Veuve et 
Orphelins d’iceluy, Et si elle n’en a le moyen il y sera pourveu par le Colloque. 

2 . Des Docteurs. 

Art : 2. Au lieu de [Ministres Anciens & Diacres] mettez [du Colloque. 

Art : 3. Au lieu de [Il sera bon] mettez [Il faudra. 

Art : 4. Au lieu de [des Auditeurs] mettez [du Colloque. 

Art : 6. Au lien d’[aprouvé de l’Eglise] mettez [aprouvé du Consistoire. 

3. Des Anciens. 

Art : 2. Au lieu de Superintendant, mettez Colloque. 

Art : 10. Après les mots [exclus et suspendu] faut ajoûter [publiquement]. 

Entre l’Art : 15 & 16 sera insérée la forme d’excommunication, comme elle est couchée en 
la Discipline de France, assavoir, Qu’on declare au dit scandaleus et endurci, en le nommant, 
qu’on ne le conoît plus pour membre de l’Eglise, le retrenchant d’icelle au nom et en 
l ’authorité de Dieu et de son Eglise. 

Art : 22. Les Eglises qui ne visitent point leur Ministres a Noel, seront exhortées de ce 
faire selon cet Article. 

Art : 27, 28, 29. Le nombre et terme du service des Anciens et Diacres sont laissez a la 
liberté de chaque Eglise. 

4. Des Diacres. 

Art : 4. Aprez les mots [l’un des Pasteurs] sera ajoûté [là ou il y en a plusieurs. 

En la nomination des Anciens et Diacres, s’il avient quelque oposition, il est laissé a la 
discretion du Consistoire si l’exception se fera a vois basse a l’oreille du Ministre, ou bien 
ouvertement. 

Art : 13, 14. Au lieu des deus Articles 13 & 14, metez celuy cy, Les pauvres seront 
generalement visitez par les Ministres et Anciens et Diacres, aussi souvent qu’il sera jugé 
necessaire par l’avis du Consistoire. 

Art : 17. Cet Article peut être rayé étant compris en celuy des Anciens. 

5. De T administration de la Parole. 

Art : 4. Aprez le mot [Puis] ajoutez [s’il y a plusieurs Ministres. 



COLLOQUE XXY, LONDRES, 1641. 



75 



Art : 7. La clause [toutefois tous les enfans] &c sera rayée. 

Art : 9. Aprez le mot [publiquement] ajoutez [tant que faire se pourra. 

Art: 10. En la fin de l’Article ajoûtez [és Eglises ou cela se peut pratiquer. 

6 . De la Prophétie. 

Ce chapitre ayant été renvoyé pour y aviser, Aprez meure deliberation a été arêté par le 
Colloque qu’il sera rayé, Mais celuy de la Proposition demeurera. 



Du Batême. 

Art: 6. Cet Article sera raye et celuy-cy mis en son lieu, Nuis ne seront receus pour 
Parreins on Marreines au Bâtême durant le tems de leur suspension de la Cene publique ou 
particulière. 

De la Gene. 

Art : 2. Faut comencer cet Article par ces mots [És Eglises ou il y a plusieurs Ministres, 
quelque jour précédant la celebration &c. 



De la Sepulture. 

Art : 3. Ces mots [et n’atendre plus de vint quatre heures] seront rayez. 

En la fin du traité des Diacres. 

Au titre [Priere avec imposition des mains] rayez les mots [avec imposition des mains] qui 
ne conviennent pas aus Anciens et Diacres. 



Des Colloques. 

Art: 4. Aprez [vois deliberative] ajoûtez [et decisive. 

Art : 5. Au lieu de [au contraire] mettez [touchant leur Eglise. 

Conclusion 

Au lieu d [aprouve par les Ministres et Anciens et Diacres] metez [aprouvé par le 
Colloque. 



Mémoire que Mons r Marie et un Ancien de son Eglise sont priez de transcrire la Discipline, 
ainsi quelle est maintenant reveuë par le Colloque, pour la comuniquer aus autres Eglises afin 
d en tirer Copie. 



Nathanael Marie Modérateur. 
P. De Laune Scribe. 



76 



LIVRE DES COLLOQUES. 



SYNOD III. LONDON, 1641. 

In the name of God. Amen 

The Acts of the Synod of the two severall Colloquies of the French 
and Dutch Churches, met together in London the third day of 
September anno 1641, and following, Partly to advize upon the 
generall Cause viz* the Subsistence of all the forrein Reformed 
Churches in England, And partly for the decision of some other 
iveightie and dificidt Questions. The names of the Deputies are 
these, 

For the f rench Church of London, D r Gilbert Primerose and 
M r Nathanael Marie Ministers, <& M r Bulteel Elder. 

For the Dutch Church of London, M r Cesar Calandrin 
Minister, and M r Giles Vandeput Elder. 

For the french Church of Norwich, Doctor P eter De Laune 
Minister. 

For the Dutch Church of Norwich, M r Charles Liebart 
Minister, and M r J olin Cruso Elder. 

For the French Church of Canterbury , M r Philip Delmé 
Minister, and M r Esaie De Lobeau Elder. 

For the f rench Church of South hampton, M r Daniel Sauvage 
Minister, and M r Peter Le Gay Elder. 

For the Dutch Church of Sandwich, M r Gasparus Nierenus 
Minister, and M r Nicolas De Coussere Elder. 

For the Dutch Church of Colchester, M r Thomas Coale 
Minister, and M r Abraham Haghedoons Elder. 

For the Dutch Church of Maidstone, M r Philippus Opberbeek 
Minister of the Dutch Church of London. 

For the Dutch Church of Canvey Hand, M r Cornelius 
Jacobson Minister, and M r Peter Priem Elder. 

For the Dutch Church of Yarmouth, M r John Ruytink 
Minister, and M r Dirick Hoste Elder of the Dutch Church 
of London. 

After the calling upon the name of God, were chosen 
[Moderator or Prases D r Gilbert Primerose, 
fori Assessor D r Peter De Laune. 

[ Scriba M r Cesar Calandrin. 



Decision of some Questions. 

1. The Question about the Communion that ought to be between all of the same Nation, So 
that the richer Churches should be helpfull to the poorer Churches, and also (if need be) for the 
maintenance of their Minister, is agreed on, So farre as they shall be able ; Not by way or 



SYNOD III, LONDRES, 1641. 



77 



urging, but of recommending and perswading, upon request made of Churches that shall 
stand in need, 

2 . About yearly fasts, It is not thought good to have any set time for our Fasts ; But 
when there shall be a generall occasion concerning our churches, then it shall be appointed by 
a Communication of all the Churches, and consent of the greatest part of them, to be 
gathered by the Coetus of London. 

3 . It being resolved to keep our triennial Colloquies of both the Nations, It is agreed that 
they shall be appointed at the same time ; that so in matters of moment we may take advice 
one of another : viz* The next Colloquie to be within three yeares from Easter last, upon the 
first thursday after Easter week, if no extraordinary occasion require it sooner. 

4 . Upon the Question whether a Church and Elders without the consent of the Minister 
or Ministers of that Church may bring in a Minister against whom there is exception made 
about his life or calling namely without his letters of dismission from his former Church ? 
Answer 1. If the exception be but of life or calling the Church and Elders may. 2. But if 
the exception be against his Doctrine, the Elders of our Discipline have no power to judge of 
Doctrine ; Therefore in this case it shall not be lawfull for the Church to proceed to his 
admission, untill the Colloquie judge the matter. 

5 . Whether if a Minister be necessarily absent, or unable to preach, it may be allowed in 
our Churches instead of preaching to get a good Homilie or printed sermon read ? Answ : It 
may not be allowed in our Churches but in case of great necessitie, whereof the Consistorie 
shall judge. 

6. Whether a Minister of our Churches may have an English Benefice with cure of soûles, 
besides his own Church, if his said Church be contented therewith, as being not able to aford 
him suficient maintenance ? Answ : It shall be a rule for hereafter, that it may not be per- 
mitted in our Churches : Yet if there be any already in that case, that neither of both the 
Churches forrein or English is sufficient alone to maintaine him in regard of his charge ; For 
avoiding of greater inconveniences it shall be tolerated in this particular. 

7 . Whether the Communion may be administred in a private house, in a case of such 
necessitie that a member of our Churches being a long time lame & bedrid, & so ill that 
he cannot be brought to the Church, doth for his comfort earnestly desire the Comunion ? 
Answ : Our Discipline doth not permit to bring those publick services into private houses, 
for feare of Superstition : But the Minister must often visit and comfort the said partie, and 
teach him that the grace of God is not tied to the Sacrament. 

8 . If a Minister by age or sickness be disabled from preaching, whether the Church be 
not bound to continue him still his maintenance, And if they to avoid it should pretend 
povertie, whether the Colloquie ought not to judge of the truth of that pretence ? Answ r : For 
the continuall maintenance of a Minister by age or sickness disabled from preaching, It is a 
ruled case that a Church is bound to aford it him : And when it shall appeare to the Colloquie, 
that they pretend povertie without just cause, they shall be liable not onely to the admonition, 
but also to the Censure of the Colloquie, and also to higher degrees of Discipline if these will 
not reclame them. 

9 . This Synod thinks it fitting, that both the Disciplines of our Churches be revised to w ch 
they intend to keep themselves, each Nation revising her own ; And out of both one generall 
Discipline to be made, for a bond of neerer union between the two Nations, and to be trans- 
lated into English, that it may be in a readiness to be shewed, in case that the King or Parlia- 
ment should call for it : Whereunto are deputed D r De Laune, M r Delmé, M r Liebart, & M r 



78 



LIVRE DES COLLOQUES. 



Calandrin Ministers, and M r Bulteel and M r Hoste Elders. But the time being now too short 
to efect this work, it is deferred till the next Synod ; In the meane while each Nation shall 
shew hir own Discipline as they now have it if it he called for. 

10 . The Synod considering the great disturbances brought upon some of our Churches 
where the late Injunctions of the Archbishop have been pressed ; and the danger of the over- 
throw of all our Churches if not prevented ; thought this to be a fit season to petition to the 
Parliament for a setling by an Act of the said Parliament of the libertie of exercise of our 
Religion and Discipline, as they are respectively used beyond the Seas in the reformed Churches 
of our severall nations, and we have hitherto enjoyed them in this Kingdome, by the gracious 
favour of his Majestie, and his Royall Progenitors King Edward the 6 th , Queen Elizabeth, and 
King James of blessed memorie, With a more particular expression against abusive excom- 
munications, & licences for mariages ; And that from henceforth no forreign reformed Congre- 
gation may be suffered in this land, w ch be not subject to the Synod of the same nation ; The 
Act being drawn acordingly by learned Councell at law, ready to be presented to the Parlia- 
ment in due time. The further prosecution and presenting of it is referred to the Coetus of 
London. 



These Actes have been read and agreed upon , and subscribed 
by the Moderator , Assessor, and Scriba, in the name of all, the 
22 d of September, 1641. 



COLLOQUE XXVL LONDRES, 1644. 

Au nom de Dieu. Amen. 

Les Actes du Colloque des Eglises delà langue françoise recueillies 
en Angleterre, Assemblée a Londres, le second de May et 
suivans, de Tan 1644, sous la protection du Trespuissant Roy 
de la grand Bretagne, et de son Honorable Parlement. 
Auquel ont assisté, les Sieurs et Freres 
De la part de T Eglise de Londres, Jean De la Marche 
Pasteur, et Êtiene Monteage Ancien. 

De la part de V Eglise de Cantorberi, Joseph Poujade 
Pasteur, et Louis Vande-Buste Ancien. 

De la part de T Eglise de Norwich, Pierre De Laune et 
Pierre D Assigni, Vun et Vautre se disans Pasteurs de la 
dite Eglise, sans Ancien jusques a, present. 

De la part de T Eglise de South-Hampton, Daniel Sauvage 
Pasteur, et Pierre Le Gay Ancien. 



La premiere seance tenue le 2 d May aprez midi. 

1. Mons r De la Marche, en défaut du President du Colloque precedent, a été choisi comme 



COLLOQUE XXVI, LONDRES, 1644. 79 



Ministre du lieu ou le present Colloque est assemblé, pour en faire l’ouverture par l’invocation 
du nom de Dieu. 

. 

2. Aprez la susdite invocation du nom de Dieu, ont été choisis, Mons r De la Marche pour 
conduire 1 Action, et le S r Daniel Sauvage pour enregîtrer les Actes. 

; 3. La seconde Priere ayant été fait par le Modérateur, on est venu a l’examen des lettres 
d’envoy. 

4. La lettre d’envoy de l’Eglise de Cantorbery a été leuë et aprouvée. 

5 . ' Sur la demande de la lettre d’envoy de la part de l’Eglise de Norwich, Le Sieur 
D Assigni ayant représente les raisons de sa comparoissance au Colloque, a produit trois lettres 
de 1 Eglise de Norwich a luy adressées en particulier, mais par luy présentées a la Compagnie, 
qui. en a fait la lecture; la premiere du 15 e Avril 1644, la seconde du 22 e du même mois, la 
troisième du 29® du meme mois ; Les trois tendantes aus fins de faire paroitre que l’Eglise de 
N orwich 1 a choisi unanimement, et le reconoît pour son Pasteur ; Les deus premieres faisant 
mention comme d une chose de néant d’envoyer pour le present au Colloque, Mais la troisième 
parlant d un Ancien qui auroit ete choisi pour être député vers le dit Colloque, et donnant 
esperance qu’il se presenteroit au tems prefis. 

6 . Mons r De Laune ayant contesté contre le Sieur D’Assigni, comme n’êtant pas membre du 
Colloque, et comme si 1 election d iceluy auroit été faite tumultuairement, et par une Eglise 
abusée par le dit Sieur D Assigni et quatre personnes desquels nul n’étoit Ancien ; A produit 
une lettre adressée au Colloque, et signée par deus personnes, assavoir N. Desbonnet et Jean 
le Fevre Diacre, qui par. la dite lettre le reconoissent pour leur legitime Pasteur, et taxent 
1 election du Sieur D’Assigni comme tumultuaire. 

7. Mons r D Assigni ayant excepté contre les deus personnes qui ont signé la susdite lettre 
adressée au Colloque, 1 un étant a la vérité Ancien, mais gendre de Mons r de Laune, et l’autre 
n étant que Diacre, et au reste inconstant, comme repugnant a soy même, Yeu que par la lettre 
il le rejette, et en une requete au Parlement l’aprouva par son seing lequel il y aposa ; A 
produit une copie de la susdite requete, en laquelle l’Eglise de Norwich avoué l’avoir choisi 
unanimement, et le reconoît pour son Pasteur, au defaut duquel ils eussent été destituez de 
pâture spirituelle. 

8 . La Compagnie ayant mis en question lequel des deus contendans devoit être reconu vray 
Pasteur de 1 Eglise de Norwich, et admis au Colloque, a remis l’examen de l’afaire jusqu’au 
endemain, a raison de 1 absence de 1 Ancien de la dite Eglise, de l’envoy duquel est donnée 
quelque esperance en la lettre cy dessus mentionnée du 29 e d’Avril 1644. 

9. Le lettre d envoy de 1 Eglise de South-hampton, a été leuë et aprouvée. 

j "^- eS P e P u ^ ez de 1 Eglise de Londres, destituez de lettre d’envoy, ont présenté un Acte 
| du Consistoire de la dite Eglise ; Contre lequel combien qu’il n’y eût pas d’exception, 

! ^eantmoms ont été priez d aporter a la premiere comodité une lettre en forme, afin d’observer 
1 ordre acoûtumé en tel cas, Ce qu’ils ont promis d’éfectuer. 

Il* Lettre de Louvre de 1 an 1644, sans date du mois, Et signée entre autres par Jaques Le 
, üandel, adressée au Colloque, a ete ouverte et leuë, en laquelle quelques étrangers ayant receu 
grande consolation des predications de Mons r Poujade a eus données a diverses fois, et s’en 
sen tans a leur grand regret frustrez, a raison de l’inhibition faite au Sieur Poujade par son 
Eglise de Canterbury, prie le Colloque de pourvoir au moyen par lequel un si grand benefice 
leur soit restitué, au moins une fois par mois. 



80 



LIVRE DES COLLOQUES. 



12 . Question ayant été meuë, s’il etoit expedient de faire chois d’un Ajoint pour supléer a 
l’absence du President, si elle écheoit, réponse negative a été donnée, a raison de la petitesse de 
la Compagnie, qui sans prejudice ne peut soufrir l’absence d’aucun de ses membres : Mais 
dautant que le Modérateur du present Colloque étant membre du Synode Anglois, pourroit 
être distrait d’avec nous, afin de vaquer a des plus importantes affaires, Il a été prié de demander 
au dit Synode permission d’employer juste tems a l’aquit de la charge a laquelle il a été éleu 
en ce Colloque, Ce qu’il a promis d’efectuer le lendemain au matin. 

La 2 * seance, 3 e May aprez midi. 

13 . Sur le dernier Article de la premiere seance, qui requeroit Mons r De La Marche 
modérateur de ce Colloque de demander permission au Synode Anglois de vaquer aus afaires 
de nos Eglises, réponse a été donnée que c’étoit fait. 

14 . L’afaire entre Mons 1 ' De Laune et Mons r D’Assigni ayant été remuée ; A raison de 
l’absence de l’Ancien de Norwich, de l’arivée duquel on a quelque esperance, avis a été donné 
qu’on atendra jusqu’à mardi prochain ; A condition qu’en tout évenenfi le tems étant écheu, on 
passera outre a la decision du diferent. 

La 3 e seance, 7 e May au matin. 

15 . Le Sieur Isâc Decelé étant venu de la part de l’Eglise de Norwich, a présenté a la 
Compagnie une lettre, par laquelle la dite Eglise députe le Sieur D Assigni en qualité de son 
Pasteur, et le Sieur Izâc Decelé en qualité d’Ancien vers le Colloque, pour être membres 
d’iceluy, et agir en son nom pour le bien et radresse de nos Eglises. 

16 . Mons r De Laune ayant excepté contre la dite lettre, ne reconoissant pas le Sieur 
D’Assigni pour Ministre de Norwich, Le dit Sieur D’Assigni a produit une lettre du premier 
May 1644, par laquelle 5 Anciens, 4 Diacres, et 4 Politiques, au nom de toute l’Eglise de 
Norwich, avouent et reconoissent Mons r D’Assigni pour leur Pasteur, a l’exclusion du D 1 Pierre 
De Laune, De laquelle exclusion raisons sont couchées en un écrit du commencement d’Août 
1643, signé de 3 Anciens 3 Diacres et 3 Politiques de la dite Eglise, portant titre, Objections 
contre le D r De Laune en cas qu’il se plaigne. 

17 . Mons r de Laune enquis s’il avoit quelque chose a représenter, avant que la Compagnie j 
procédât a l’examen de l’afaire ; Requiert premièrement, que son afaire soit traitée en 1 
l’Assemblée des deus Colloques François et Flamen, ou elle auroit été entamée; Secondement 
en vertu de quelle vocation le Sieur D’Assigni exerce son Ministère ; En troisième lieu de quel 
témoignage il est muni. 

18 . Sur le premier point l’avis de la Compagnie a été, que l’afaire concernant directement 
et particulièrement nos Eglises, Elle même en prendrait conoissance ; Sinon que quelque 
extraordinaire dificulté se présentât, qui l’obligeât a faire autrement : Et sur les deus autres, 
diverses réponses ayant été données de la part de Mons 1 ' D’Assigni, et répliqués de la part de 
Mons r De Laune, La Compagnie jugeant qu’il étoit désormais tems de venir au fond de 1 afaire, 
demande si tant l’un que l’autre sont contens de se soumetre au jugement de ce present 
Colloque, ce qui par eus est acordé. 

19 . Mons r De Laune enquis des raisons qu’il a contre l’admission du Sieur, d Assigni en 
l’Eglise de Norwich, et de la continuation de son droit de legitime Pasteur en icelle, produit 
un écrit Anglois confirmé par Nathan Desbonnet et Jean Le Fevre, dont il demande de faire 
lecture le traduisant en françois : Ce qui a sa grande instance luy a ete acordé, sans que cet 
exemple soit tiré en consequence a l’avenir, La méthode ordinaire en nos Assemblées étant 
d’agir de vive vois et non par écrit. 



COLLOQUE XXVI, LONDRES, 1644. 



81 



20 . Suivant cet otroy, Mons r De Laune fait lecture en cette même seance du susdit écrit, 
par lequel il pretend montrer entre autres choses des preuves du Congé qu’il a obtenu de son 
Eglise en cas d’absence, de son retour au tems prefis, l’opiniâtreté et confusion de la dite Eglise 
au fait de Mons r D’Assigni, particulièrement en l’administration de la Cene, un Acte du 
Consistoire du 8 e Janvier non agréable a M r D’Assigni. 

21 . Lettre d’ envoy de l’Eglise de Londres a été leuë et aprouvée. 

La 4 e seance, 7* May apres midi. 

22 . Mons r De Laune continue la lecture du reste des Articles de l’Ecrit cy dessus 
mentionné, tendans a une même fin que les precedens ; et faisant particulièrement mention de 
la lettre originelle, sur laquelle le Sieur D’Assigni fonde sa vocation en l’Eglise de Norwich ; 
Item du refus de la dite Eglise, a la demande du Magistrat ; Item du refus de soumission aus 
Eglises étrangères par quelques uns de la dite Eglise, Et protestation du Sieur De Laune contre 
leurs procedures irregulieres ; Item action violente de Mons r D’Assigni ; Item d’une demande 
de Mons r D’Assigni que le Temple soit fermé jusqu’à son retour, Que si le Docteur prêche il ne 
retournera plus. 

23 . L’Eglise de Norwich requise de déduire les raisons de ses procedures en l’exclusion de 
Mons r De Laune et reception de Mons r D’Assigni en sa place, A représenté Premièrement que 
Mons r De Laune ayant dit qu’il étoit libre de s’en aller, L’Eglise a creu consequemment avoir la 
liberté d’en choisir un autre. En 2 d lieu Que Mons r De Laune même a envoyé pour Mons r 
D’Assigni, lequel ayant été agréable auroit été retenu. En 3 e lieu Que le Synode dernier ayant 
toléré Mons r De Laune en la possession tant de l’Eglise de Norwich que de son benefice anglois, 
a condition ou sous esperance qu’il se contenteroit de moindres gages, Neantmoins n’a rien 
voulu rabatre de son payement complet. En 4 e lieu que Mons r De Laune ayant vendu sa 
paroisse Angloise, a voulu procéder de même avec Mons r D’Assigni, demandant qu’il luy alouât 
20 L par an. En 5 e lieu Le scandale donné a l’Eglise a raison de la faveur qu’il a portée aus 
Evêques. Ausquels points diverses réponses et répliqués ont été aleguées de part et d’autre. 

24 . Monsieur De Laune ayant repassé par dessus les Objections de l’Eglise de Norwich a 
l’encontre le luy, mentionnées au 2 d Article de la 3 e seance, A produit une Atestation faite a sa 
recomandation par l’Eglise de Norwich, du 8 e d’Octobre 1643. 

La 5 e Seance, 8 s May Aprez Midi. 

Le diferent concernant l’Eglise de Norwich ayant été long tems debatu entre Mons r De 
Laune d’une part, et Mess rs Pierre D’Assigni et Isâc Decelé Ancien député de la dite Eglise 
d’autre part, Leurs Raisons ouiës et examinées, La Compagnie a donné son avis, lequel a été 
prononcé par Mons r le President aus Parties contendantes, lesquelles y ont aquiescé, et le susdit 
avis rédigé en Acte corne s’ensuit. 

26 . Sur le Diferent intervenu entre l’Eglise de Norwich & Mons r De Laune, sur la vocation 
de Mons r D’Assigni pour exercer charge de Pasteur en la dite Eglise a l’exclusion du dit Sieur 
De Laune ; La Compagnie ayant meurement et diligemment pesé et examiné les raisons et 
alegations de part et d’autre, A jugé, Que l’exclusion du Sieur De Laune n’est pas juridique, 
suivant notre Discipline ; Et par consequent que la vocation du Sieur D’Assigni ne peut être 
admise comme legitime, qu’en qualité de Coadjuteur au dit Sieur De Laune. 

La 6 e Seance, 9* May au matin. 

27 . Rev eue est faite des Actes du Colloque precedent ; Et premierenfi Sur le 3 e Art : Et 

L 



82 



LIVRE DES COLLOQUES. 



pour l’avenir &c Avis a été qu’en cas de tel refus élection fût faite d’un personage grave et 
entendu, qui auparavant auroit été en charge en l’Eglise. 

28 . Sur le 6 e Art : L’Eglise de Hamptonne ayant représenté sa foiblesse et pauvreté 
extraordinaire, a prié le Colloque de la soûtenir par sa charité : Sur quoy excuse a été donnée 
d’une même maladie, a laquelle les Eglises sont d’avis de chercher remede par une Petition au 
Parlement. 

29 . Sur le 7 e Art : touchant les Répondans : Cet Article sera rayé. 

30 . Sur l’Art : douzième, touchant Mons r Poujade : Cet Article est satisfait par l’Acte 
dressé a ce sujet ainsi que s’ensuit. 

31 . Sur ce que l’Eglise de Cantorbery a requis le Colloque de s’informer des causes de la 
separation de Mons r Poujade son Pasteur d’avec sa femme, La Compagnie ayant meurement 
examiné & considéré les pièces justificatives du dit Sieur qu’il nous a exhibé, tant du Magistrat 
que de son Consistoire de S* Hypolite, A trouvé que le dit Sieur est entièrement innocent de la 
desertion que sa dite femme a fait de luy, et de la separation entre eus deus, pour les causes 
qui aparoissent és Actes de Justice et du Consistoire, que nous avons veus et examinez. 

32 . Lecture est faite des Observations de la Discipline selon qu’elle fut reveue en l’an 1641 
Sur les Articles 15 & 16, Le mot [Colloque] sera rayé, comme n’êtant conforme a la reveue de 
la Discipline faite au Colloque precedent. 

33 . Sur l’Art : 18 e , Sur le mot [usure] cette exposition sera ajoutée [defendue par les 
bonnes Lois]. 

La 7 ' Seance, 10 " May au Matin. 

34 . Question ayant été proposée, Si un Pasteur accepté en une Eglise, et député d’icelle au 
Colloque, sera receu corne membre du dit Colloque sans aucune formalité ? La decision d’icelle 
a été remise au prochain Colloque. 

35 . Sur l’Art : 14 e , rayez le mot [Colloque] et ce qui s’ensuit. 

36 . Sur l’Art : 21 e du chapitre des Pasteurs, touchant les Veuves des Pasteurs ; cette 
modification sera ajoutée [autant que la charité des Eglises se pourra étendre. 

37 . Sur le mémoire couché en la conclusion de la reveuë de la Discipline, qui donnoit 
charge de la transcrire a Mons r Marie et a un Ancien de son Eglise, pour la comuniquer aus 
autres Eglises afin qu’elles en tirent copie, Cette charge est transmise a l’Eglise de Londres, et 
le chois des personnes par qui elle l’executera est laissé a sa prudence. 

38 . Doute ayant été meu sur le 7 e Art : du Colloque de l’an 1625, qui va a la suspension 
des Peres qui ne veulent admetre des Parreins, Réponse a été donnée, qu’on se contentera 
d’exhorter les Peres a suivre l’ordre acoûtumé de nos Eglises, sans procéder a la Suspension, 
jusqu’à ce qu’il y soit autrement pourveu. 

La 8 " seance, 10 ' May après midi. 

39 . Sur l’Art : 20 e de la Discipline [Ceus qui auront été rangez &c] Exposition de cet Art : 
ayant été demandée, A été répondu que ceus qui auront été convaincus d’Idolatrie, ne seront 
admis a la s te Cene sinon qu’ils ayent satisfait a l’Eglise dont ils étoyent membres. 



COLLOQUE XXVI, LONDRES, 1644. 



83 



40. Question ayant été proposée, Si un sortant du Papisme doit être receu sans qu’il soit 
obligé a faire reconoissance publique ? L’affaire est remise a la prudence du Consistoire, qui 
toutefois l’exhortera tant que faire se pourra a s’y soumettre. 

41. Demande ayant été faite, cornent on peut procéder envers ceus qui s’êtant détraquez de 
leur devoir s’opiniâtrent contre les remontrances, jusques a s’absenter des Predications et de la 
Comunion, et se rangent és Eglises Angloises ? A été répondu que la Reformation a laquelle 
on travaille nous donne esperance qu’il y sera remédié. 

42. Demande ayant été faite, si un Ministre aproprié a une Eglise peut exercer actes 
Ministeriaus en une Ville ou il n’y a point d’Eglise formée sans le consentement du Consistoire? 
A été répondu qu’il ne peut : Mais le Consistoire en tel cas est conseillé de ne s’opposer aus 
moyens par lesquels les personnes afamées de la Parole de Dieu pourroyent être rassasiées, et 
le Royaume de Christ avancé. 

43. Question ayant été proposée, touchant l’observation ou le retranchement des Fêtes 
comme de Noël &c A été répondu qu’elles seroyent retranchées de nos Eglises, De quoy les 
Freres Flamens seroyent avertis. 

La 9* Seance, 13 e May. 

44. Lecture ayant été faite pour la 2 de fois, de l’Acte concernant le Diferent de l’Eglise de 
Norwich, Le Sieur D’Assigni a protesté ne se tenir point a la decision du Colloque, couchée au 
susdit Acte ; Combien qu’avant qu’on procédât a l’examen de l’afaire, il eût promis de s’y 
soumettre, et qu’aprés il eût remercié en la personne de Monsieur le Modérateur, toute la 
Compagnie de la voye qui a été tenue : Sur quoy, ayant été exhorté par diverses fois, par 
plusieurs et puissantes et charitables raisons a aquiescer, A persisté en son refus ; Et prié de 
faire place, a dit que s’il sortoit il ne reviendroit plus ; Et de fait s’est retiré, disant Ce que 
l’Eglise de laquelle je dépens et avec laquelle j’ay fait acord ordonnera je m’y tiendray. Ce 
qui ayant été meurement et diligemment pesé et examiné, Le Colloque le retranche de sa 
Compagnie, jusqu’à ce qu’il ait autrement avisé. 

45. Le Sieur Isâc Decelé Ancien Député de l’Eglise de Norwich, ayant premièrement 
secondé le Sieur D’Assigni au refus d’aquiescer au jugement du Colloque, mais puis aprez 
ayant témoigné le désir qu’il a de pais et concorde, et reconu ne trouver aucune faute en ce que 
la Compagnie a fait, A été jugé digne d’un plus dous traitement : Et pourtant a été continué 
au Colloque, en qualité de Député de l’Eglise de Norwich. 

46. Priere ayant été faite, Que les afaires importantes et concernantes le general de nos 
Eglises, survenantes entre deus Colloques, fussent comuniquées aus Eglises Soeurs réciproque- 
ment, A été acordée. 

La 10" Seance, 13 e de May, aprez midi. 

47. L’Eglise de Cantorbery, par son Ancien, ayant demandé si Monsieur Poujade en vertu 
de la separation d’avec sa feme a liberté de se marier ? A été répondu que la decision de cette 
question apartient au Magistrat. 

48. Lettre ayant été présentée a la Compagnie par le Sieur Le Sage, de la part de Jean De 
Neu resident a Cantorbery, qui a épousé la nièce de sa femme, A été répondu qu’en nos 
Assemblées l’ordre n’est pas d’agir pas lettres et procureurs, mais en propre personne, sur tout 
en afaire de telle consequence : Qu’au reste, il n’y a aucune cause sufisante d’anuller le 8 me Acte 
du Colloque precedent. 



84 



LIVRE DES COLLOQUES. 



L’ onzième Seance, 16 e de May au Matin. 

49. Deus lettres ayant été presentees et leues en la Compagnie de la part de l’Eglise de 
Norwich, l’une adressée a Messieurs les Pasteurs et Anciens du Colloque des Eglises Françoises 
a Londres, datée du 12 e de May 1644, signée de grand nombre de personnes de la dite Eglise, 
par laquelle ils témoignent de persister en la resolution prise de reconoitre le Sieur Pierre 
D’Assigni pour leur legitime Pasteur, a l’exclusion du D r Pierre De Laune ; Et l’autre a Mons r 
D’Assigni, ou a Isâc Decelé, datée du 13 e May 1644, en laquelle ils oposent leur jugement et 
resolution en ce point au jugement et sentence du Colloque ; Le tout ayant été meurement pesé 
et examiné, avis a été pris d’un unanime consentement, Que la sentence donnée sur ce diferent 
demeureroit en sa fermeté et vigueur, comme étant fondée sur les procedures illegales de l’Eglise 
de Norwich, en l’exclusion du Sieur De Laune, Et confirmée en outre par les deportemens 
fougueus impetueus et injurieus non seulement a quelques personnes de la Compagnie en 
particulier, mais aussi a toute la Conipagnie en general, par lesquels le Sieur D’Assigni luy 
donne ocasion de craindre de plus grands troubles a l’avenir, et oblige l’Eglise de Norwich de 
s’en donner garde : A raison dequoy, lettres seront écrites a la dite Eglise, A ce qu’avertie 
du défaut du juste respect et soumission qu’elle doit et a promis par ses Députez au Colloque, 
elle prene le soin d’en faire la reparation pour son propre honneur, conservation de soy même, 
et édification des autres Eglises, dans le maintien du gouvernement d’icelles. 

50. Lettre a été présentée au Colloque de la part de l’Eglise de Canterbury, laquelle 
(combien que la date qui est du mois de May ne spécifiât ni le jour ni l’an) ayant été leuë, On 
n’a trouvé aucune raison qui obligeât la compagnie a révoquer ou changer l’Acte dressé sur la 
demande de quelques Messieurs de Douvre, de jouir a certains tems des predications de Mons r 
Poujade. 

51. L’Eglise de Norwich a charge de convoquer le prochain Colloque, assigné au premier 
Jeudi de May de l’an 1646. 

La 12 * Seance, 20 s May. 

52. Êtans prêts a clorre le Colloque, et a prendre congé les uns des autres pour nous rendre 
a nos Eglises, Le Sieur Calendrin Ministre de l’Eglise Flamende de Londres mît entre nos 
mains un paquet de lettres, que nous avons trouvé être de la part de Mons r Héraut Ministre de 
l’Eglise d’Alençon, adressées a Messieurs les Pasteurs et Anciens des Eglises Françoises 
d’Angleterre assemblés en Synode a Londres, Par lesquelles le dit Sieur nous demande justice 
sur les droits qu’il pretend avoir sur l’Eglise de Londres, ne les confirmant que par outrages et 
calomnies, tant contre la dite Eglise, que contre notre Très cher Frere Monsieur De la Marche 
Pasteur d’icelle : Ce qui a obligé la compagnie, aprez un exact examen de ce qui apartient a 
cette affaire, d’écrire lettres tant a l’Eglise d’Alençon, qu’au Synode de la Province, tendantes 
aus fins de justifier tant notre dit Sieur Frere que les procedures de l’Eglise de Londres, en la 
décharge du Sieur Héraut. 

53. En la conclusion du Colloque, la Compagnie ayant observé que le Sieur D’Assigni s’est 
totalement absenté d’icelle, suivant sa resolution déclarée auparavant, corne elle est couchée en 
l’Acte 44 e de ce present Colloque, A jugé cela tourner a l’oprobre et mépris de la Discipline 
Ecclesiastique, et de cette Compagnie, Laquelle n’a pas procédé contre luy comme elle pouvoit, 
pour certaines raisons qu’elle manifestera en son tems. 

54. Ces Actes ayans été leus et Collationnez, ont été aprouvez par la Compagnie du 
Colloque, ce 22 e de May 1644, et signez par 



J. De la Marche Modérateur. 
Daniel Sauvage Scribe.